Sucré / Salé – 190

Sucré TARTE AU CHOCOLAT Temps de préparation : 25 minTemps de cuisson : 25 minIngrédients pour 6 personnes • 200 g de chocolat noir• 8 cl de lait• 20 cl de crème fraîche liquide• 1 œufIngrédients pour la pâte :• 200 g de farine• 100 g de beurre• 40 g de sucre• 1 pincée de sel• 1 œuf Prévoir un moule à tarte d’environ 25 cm et préchauffer le four à 180°C. Préparer la pâte en mélangeant d’abord tous les ingrédients secs. Ajouter le beurre coupé en morceaux puis l’œuf et mélanger. Malaxer la pâte jusqu’à pouvoir en façonner une boule et après l’avoir étalée avec un rouleau à pâtisserie, la déposer sur le moule. Faire cuire à blanc 15 min avec une feuille de papier cuisson et des légumes sec pour empêcher la pâte de gonfler. Faire fondre le chocolat cassé en morceaux et verser petit à petit la crème fraîche. Patienter. Lorsque le fond de pâte est cuit, mélanger l’œuf battu au mélange chocolat-crème. Verser le tout sur la pâte, et laisser cuire 10 minutes. MAGRET DE CANARD AUX POMMES Salé Temps de préparation : 20 minTemps de cuisson : 20 minIngrédients pour 4 personnes • 2 magrets frais• 4 pommes• 1 citron• 1 c.à.s de vinaigre balsamique• 2 c.à.s de miel liquide• 2 échalotes• Sel et poivre Retirer la peau grasse des magrets et les poser dans un plat creux. Les enduire de miel, puis bien les poivrer sur les 2 faces. Les arroser ensuite de vinaigre balsamique et ajouter les échalotes. Laisser reposer à couvert pendant au moins 1 h. Peler les pommes, retirer les cœurs et les pépins. Les couper en tranches dans une poêle. Les arroser de jus de citron et ajoutez 15 g de beurre en lamelles. Faire chauffer sur feu moyen pendant 20 min en retournant les pommes de temps en temps. Saler en fin de cuisson. Déposer les magrets dans un plat à four avec leur marinade. Faire cuire sous le gril, à 15 cm de distance, environ 7 min puis les retourner et compter à nouveau 7 min de cuisson. Garnir les assiettes de pommes cuites. Découper les magrets en tranches et les poser sur les pommes avec le jus de viande. Bon appétit ! Load More
Avatar : La voie de l’eau

Cinéma Avatar La voie de l’eau Film de James Cameron (USA).Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Kate Winslet…Genres : SF, Action – Durée : 3 h 10 – En salles le 14 décembre 2022 Se déroulant plus d’une décennie après les événements relatés dans le premier film, Avatar : la voie de l’eau raconte l’histoire des membres de la famille Sully (Jake, Neytiri et leurs enfants), les épreuves auxquelles ils sont confrontés, les chemins qu’ils doivent emprunter pour se protéger les uns les autres, les batailles qu’ils doivent mener pour rester en vie et les tragédies qu’ils endurent. Enfin ! 13 ans après la sortie de “Avatar” les Na’vi sont de retour. Ce deuxième volet, prévu initialement pour fin 2016, commençait à nous (les aficionados) faire penser à une certaine Arlésienne. Et bien non, ce cher James ne nous a pas menés en bateau (ah, ah !) et malgré de nombreuses tempêtes médiatiques, professionnelles, sanitaires (qui l’eût cru ?) et j’en passe, il a tenu le cap pour, j’espère, nous en mettre (une fois de plus) plein les yeux et plein le cœur. Et comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules (il n’y a pas que les em…, non mais !) le 3e volet sortira en décembre 2024, le 4e en décembre 2026 et le 5e en 2028. Bon, ça fait un peu loin, cependant la patience étant une vertu… ! Mais parlons de ce Monsieur Cameron, réalisateur, scénariste, producteur, etc. Il commence sa carrière avec une daube sans nom, enfin si, puisque ça s’appelait “Piranha 2, les tueurs volants” (1981) puis enchaîne avec un carton planétaire “Terminator” (1984) qui révolutionne le film d’action SF et accumule ensuite pendant 4 décennies des monuments du 7e art. Alors, soit il a vendu son âme au diable, soit il a frotté une lampe trouvée dans un vide-grenier, soit c’est un génie et donc pas besoin du génie de la 2e hypothèse. Ce Monsieur est né avec la fée ciné qui s’est glissée au creux de sa main pour ne jamais la quitter. Parcours phénoménal et ce n’est rien de le dire : “Aliens, le retour” (1986), “Abyss” (1989) – film extraordinaire, claque monumentale, j’ai adoré et rien que d’en parler j’ai les poils qui se dressent – “Terminator 2 : le jugement dernier” (1991), “True lies” (1994) – le moins personnel (forcément c’est le remake d’un film français “La Totale”) avec toutefois quelques scènes d’action et même d’humour plutôt bien réalisées (vous me direz…) – “Titanic” (1997) – alors là, le jackpot. Pari fou, budget colossal (au point de se retrouver SDF en cas de bide) et le monde entier chavire de concert avec le paquebot et la larmette au générique de fin est universelle – “Avatar“ (2009) – re-jackpot, re-pari fou et re-larmette. Une vague bleue submerge la planète d’Est en Ouest et du Nord au Sud. Qui n’a pas son ticket pour Pandora ? : Surréaliste ! Voilà, outre génie, ce gars est également magicien, peut-être extra-terrestre, allez savoir ? Bref, respect total. Alors oui, je vais savourer chaque seconde des 190 minutes finement ciselées par la caméra de Monsieur Cameron, le talent des acteurs et de l’immense foule de personnes qui permettent la réalisation d’un tel projet. Bonnes et heureuses fêtes de fin d’année. Claude Bermejo Load More
FIGHTORPEACEMOTTE

MUSIQUE fIGHTORPEACEMOTTE (Frock / Cébazan) Formation : Sylvain (guitare et chant) Véro (basse) Laurent (batterie) Discographie :Juste ce qu’il faut de faux (2011)Cé com ça ksé (2014)Ni reprise, ni consigne ! (2018)C’est un peu beaucoup trop calme (2022) Certains pleurnichent sur le temps perdu, d’autres se disent qu’ils sont passés à un cheveu de la fin de tout. Fightorpeacemotte ne se laisse pas abattre et sort même un nouveau disque, l’interrogatoire ne s’est pas fait attendre ! C le Mag : Après la période pantouflarde occasionnée par un virus aux multiples vilénies qui n’en a pas raté une, est-il encore possible de réveiller le rockeur qui sommeille ? Véro, Laurent et Sylvain : Pendant et depuis la pandémie, il est clair que ça en a coincé plus d’un. Nous concernant, il est évident qu’on a levé le pied. Mais on a quand même enregistré un album, fait de belles dates et des superbes rencontres, même si on a moins démarché, à chaque fin de set on repart avec un plan, et ça nous va bien comme ça. ClM : Fightorpeacemotte ne crache pas sur une occasion de jouer live, quels ont été les retours par rapport aux nouveaux morceaux ? V,L,S : Les nouveaux morceaux fonctionnent bien en live, ils sont faits pour : tempo, mélodie, texte, on a essayé de bien lier l’ensemble. Paraît même qu’il y a des “chœurs hameçons” (merci pour la formule Ged) afin que les potos se lâchent. Le but étant le partage et si tu as quelques potes qui gueulent avec toi, ça te booste. Et entre nous, c’est tellement jouissif d’entendre les gens chanter ta propre chanson, plutôt qu’une reprise, aussi bonne soit-elle ! ClM : Comment préparez-vous une setlist maintenant que vous avez au moins deux packs de 24 titres “sur bande” ? S,L,V : Motörhead a fait plus de 20 albums alors que leur setlist est restée quasiment la même sur plusieurs années ! Pour nous c’est pareil, nous sommes trois dans le groupe, on joue les morceaux que tous apprécient pour leur simplicité, leur énergie. Plus on est à l’aise, plus on profite. On choisit les morceaux, puis on assemble tout ce qui peut se lier, afin d’avoir la dynamique. ClM : On a noté que ce dernier album est très axé rapido, mais qu’en même temps les mélodies / le chant titillent les sentiments, on est… touché, plus qu’avant, par ce paradoxe qui amène une autre originalité au groupe qui n’en a jamais manqué. Une explication ? Un pas fait exprès ? S,L,V : Tant mieux si on se sent touché par les textes, c’est bien, non ? Lors de l’enregistrement, avec l’aide de l’ingé son, les morceaux ont été peaufinés. Et si c’est différent des autres albums, tant mieux. Se sentir concerné par ceci cela, ne doit pas forcément nous faire entrer dans un créneau. Tu n’es pas obligé d’être tout le temps négatif ou objectif. En tout cas, ce n’est pas notre came, on aime les jeux de mots, les allusions, les contrepèteries qui te permettent de te faire ta propre réflexion. Pour les tempos, ben on ne sait pas trop faire autrement ! ClM : Le Frock, genre pratiqué et créé par le groupe, semble avoir ses adeptes indécrottables (non mais quelle joyeuse galerie de bras cassés en ouvrant l’album !), mais est-ce que la “nouvelle” génération vient grossir les rangs ? On a franchement l’impression qu’encore plus qu’avant les enfants jeunes réagissent bien au rock’n’roll et traînent même les vieux aux concerts mais paradoxalement, les jeunes groupes ne pullulent pas : faut tout faire à leur place ou quoi ? S,L,V : Tout d’abord, merci à toutes les personnes qui nous ont envoyé leur tronche. C’était un gros délire et on a réussi à faire ce qu’on avait dans la tête grâce à Mitch qui a assemblé ce trombinoscope. On rencontre plein de gens qui ne demandent pas mieux que de participer à cette douce euphorie qu’est le live et je pense que tant qu’on organisera des concerts, tant qu’il y aura des groupes de potes ou des potes qui veulent monter un groupe, ça jouera. N’est-ce pas l’essentiel ? Merci à Pedro, merci à Mitch, merci Ged et merci aux frockeurs et frockeuses pour leur soutien ! Bonnes fêtes à tous, Frockenement, Véro, Laurent, Sylvain. Retrouvez Fightorpeacemotte sur internet : facebook Ged Load More
L’idée Livres 190

Littérature La Déclaration (l’histoire d’Anna) de Gemma Malley Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au foyer de Grange Hall, un pensionnat pour les Surplus, pour enfants qui n’auraient pas dû naître, des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur pour effacer sa faute. Elle a tout oublié de son passé. Jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi se sent-elle si troublée comme elle le confie à son unique confident, son carnet ?Il y a tout ce qu’il faut pour plaire dans cette histoire : l’ambiance est sombre et lugubre, du mystère, du suspens, un peu de romance et un bel appel à la rébellion, au refus de l’acceptation du pire… Et il y a une suite, La Résistance. LA DERNIÈRE REINE de Jean-Marc Rochette Gueule cassée de 14, Édouard Roux trouve refuge dans l’atelier de la sculptrice animalière Jeanne Sauvage. Elle lui redonne un visage et l’introduit dans le milieu des artistes de Montmartre. En échange, Édouard lui fait découvrir la majesté du plateau du Vercors et l’histoire du dernier ours qu’il a vu être tué quand il était enfant.Magnifique. Des planches sobres et épurées, des dialogues simples, des héros purs, des brutes haineuses et bien sûr, la nature, chère à l’auteur. L’émotion est intense face à l’injustice et la stupidité des hommes. Ma part de l’ours de Marine Veith Sur une départementale des Pyrénées, Tim 13 ans et Aurore, 20 ans, vont rejoindre leur mère dépressive, internée depuis la disparition de leur père. Leur relation est tendue : elle, écrasée par la responsabilité de s’occuper seule de son petit frère, lui en pleine crise d’adolescence.Soudain, une tempête de neige les oblige à quitter leur voiture. D’abord aidés par un étrange baroudeur, puis guidés par un enfant sauvage, de mystère en mystère, frère et sœur s’enfoncent dans la neige, sur les trace d’une légende locale : “la femme qui danse avec les ours” !Une très belle histoire que celle de cette fratrie un peu abîmée par la vie qui fait cette magnifique rencontre avec une famille hors norme qui vit au fond des bois. Ça sent bon la montagne, la liberté et un petit quelque chose de magique. Un hymne à la nature et au respect de l’autre. Shibumi de Pat Perna & Jean-Baptiste Hostache Le chef-d’œuvre de Trevanian adapté pour la première fois en BD ! Nicholaï Hel est l’assassin le plus doué de son époque et l’homme le plus recherché du monde. Son secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d’excellence personnelle : le shibumiUne BD dense à la hauteur du roman. Des dessins très expressifs qui servent parfaitement le propos. Un découpage réussi, une narration captivante… On ne s’ennuie pas une seconde ! On est en immersion complète dans ce « film » d’espionnage ! Une histoire sombre comme les personnages, mais avec une petite étincelle d’espoir… Excellent ! Arsène lupin – Série manga de Takashi Morita (Maurice Leblanc) Quelle bonne idée d’adapter les célèbres aventures d’Arsène Lupin en manga ! Fièrement narrées chronologiquement par l’auteur, découvrez, ou redécouvrez les différentes (més)aventures du gentleman cambrioleur ! Une adaptation qui va à l’essentiel scénaristiquement, tout en prenant le temps de développer les personnages et l’intrigue, en prenant soin de parsemer des détails qui mettent le lecteur sur la piste des machinations d’Arsène. Bien sûr, il y a aussi un temps pour les explications, ce qui donne un manga bien fourni et rythmé ! L’adaptation d’Arsène Lupin, est une série de manga déclinée en plusieurs aventures de plusieurs tomes nommées “Gentleman Cambrioleur”, “Contre Herlock Sholmes, la lampe juive”, “L’aiguille creuse” ou encore “Le diadème de la princesse de Lamballe”, dont la parution est toujours en cours. Noir Burlesque T.2 de Enrico Marini Pour Slick, les choses ne s’arrangent pas. Jusqu’à présent, il avait affaire aux truands irlandais. Mais cette fois, il change de dimension : le voilà confronté à la mafia italienne. Fin de ce diptyque, polar des années 50 superbement rendu par les dessins en noir et blanc du célèbre auteur de la série Scorpion. Tout y est, le héros au grand cœur, forte gueule qui sait se battre et n’a peur de rien. Les grands méchants mafieux et la superbe chanteuse de cabaret, victime faussement ingénue et grande manipulatrice. L’ESSENTIEL de Laurent Bonneau Deux histoires en parallèle, celle de l’auteur qui anime un atelier de bande-dessinée dans une prison et celle de sa vie de famille. À l’écoute de ses émotions et de ses sentiments, il nous invite à le suivre dans ses réflexions sur la vie.Coup de cœur pour ce superbe roman graphique. Des dessins et des couleurs splendides qui varient au fil des pages. Un texte touchant et très poétique sur la vie, la mort, l’amour, le couple, les enfants… Réflexion, sur ce que nous sommes, sur la liberté, la nature, la beauté des choses… quand vint le drame, l’irréparable, la prison et l’enfermement. La Petite Romancière, la star et l’assassin De Caroline Solé Cheyenne, 15 ans, passe ses journées enfermée dans sa chambre a épier sa célèbre voisine: une jeune star de cinéma. Sa vie bascule lorsqu’un enfant disparaît et que la police mène l’enquête.Ce livre est le récit de trois interrogatoires. Trois destins croisés : une adolescente farouche et bien déprimée qui s’interroge sur le sens de l’existence, un marginal au comportement suspect et une actrice précoce qui révèle les coulisses de la célébrité.Très chouette petit roman où chaque personnage se livre lors de son explication des faits, ou comment ne pas se fier aux a priori !Une dose de suspense, des parcours un peu cabossés qui reprennent des thèmes importants chez les adolescents (suicide, handicap, anorexie), un peu de romance et une superbe écriture pour ne rien gâcher ! librairie Un point un trait
Sonic Frontiers

Jeux Vidéo Sonic frontiers Développé par Sega. Testé sur PC.Également paru sur PS5, Xbox et Switch, le 8 novembre 2022 Genres : Plateformes, Monde ouvert, Aventure Sonic The Hedgehog est principalement connu pour ses jeux de plateformes 2D, dans lesquels il parcourt les niveaux à toute vitesse. Mais depuis le passage à la 3D, le hérisson bleu n’a jamais réussi à retrouver sa forme d’antan. Ce nouvel opus a-t-il enfin réussi le défi de faire passer ce cap à Sonic ? Les développeurs ont décidé d’appliquer la formule à la mode du jeu vidéo d’aujourd’hui : le monde ouvert. La progression se déroule sur différentes îles de grande envergure, séparées les unes des autres, sur lesquelles il est possible de circuler librement. La raison de pourquoi Sonic se retrouve là-bas ? L’antagoniste habituel, le Dr. Eggman active une sorte de monde cybernétique qui propulse Sonic et ses amis sur lesdites îles. Mais pour une raison inconnue, seul Sonic n’est pas réellement affecté par ce monde cybernétique et doit alors parcourir ces terres à la recherche de ses amis. C’est donc à toute vitesse que le hérisson bleu traverse les paysages boisés, les plaines désertiques, les roches volcaniques et j’en passe, avec pour objectif les Chaos Emeralds. Généralement, le scénario des jeux de plateformes s’arrête là. Mais pour une raison inconnue, les développeurs ont décidé d’ajouter de la “substance” à cette histoire. En récupérant les Chaos Emeralds, le hérisson bleu se transforme en Super Sonic afin d’éliminer le Titan contrôlé par une intelligence artificielle du monde cybernétique (elle même créée par le Dr. Eggman qui veut éliminer Sonic) tandis qu’une voix bizarre appelle notre héros la clé et que les habitants de ces îles, les Kocos sont menacés… Vous ne trouvez pas ça très clair ? Rassurez-vous, moi non plus. L’histoire est tellement mal écrite, que l’on ne comprend plus rien… En ajoutant à ça la piètre qualité de la mise en scène des cinématiques, les graphismes issus d’un mauvais jeu Wii1 et les doublages très peu convaincants, dignes de la plus nulle des séries Z (du moins en VF), j’en viens à me demander pourquoi avoir intégré cette trame inutile… Attention cependant, le jeu est loin d’être mauvais ! L’histoire est certes naze, mais personne ne joue à un jeu de plateforme pour son scénario. L’essence même de ce genre de jeu vidéo, c’est le gameplay ! Et pour le coup, Sonic Frontiers réussit enfin à rendre hommage aux jeux 2D de la série. Le personnage est agréable à contrôler, la sensation de vitesse est présente, le système de combat est très fluide et assez varié malgré le ciblage automatique. Bref, il est vraiment très plaisant de parcourir ces terres à toute berzingue, et savoir pourquoi on doit le faire, à la limite, on s’en fiche un peu. D’autant que ces îles regorgent de choses à faire ou à découvrir ! D’abord, les mini-jeux : parfois, il suffit de réaliser les actions demandées (comme parer des attaques consécutivement), ou de trouver le chemin qui passe par toutes les zones sans sauter, de se rendre à un autre endroit de la carte le plus vite possible, etc. Des mini-épreuves (trop) simples, mais rapides à faire, qui permettent de débloquer des compétences d’attaques supplémentaires et de révéler des zones sur la carte du monde. Ensuite, viennent les mini-boss, qui sont quant à eux très réussis. Tous uniques, ils font chacun appel aux différentes compétences de Sonic pour être vaincus. Ils ne sont pas toujours faciles à éliminer au premier abord, car la moindre erreur peut nous coûter la vie… De plus, ces combats sont accompagnés d’une musique bien rythmée qui les met en valeur : fort sympathique ! Enfin, les niveaux du cyber-espace sont des zones bien plus classiques. Très proches des niveaux “couloir”, des jeux précédents, ils font retomber Sonic dans les mêmes travers : des contrôles parfois hasardeux (Sonic décide de se jeter dans le vide), mais qui dans leur globalité sont assez satisfaisants à accomplir. Précédent Suivant Avant de terminer cet article, j’aimerais aborder un dernier point fort de Sonic Frontiers : les combats contre les Titans (ceux là mêmes qui sont un mystère scénaristique). Une fois les 7 Chaos Emeralds réunis et Sonic ainsi transformé en Super Sonic, il est possible d’affronter le Titan de l’île dans un combat épique. Le hérisson bleu devenu jaune est immortel et se déplace libre comme l’air autour de cet ennemi titanesque. Il doit cependant l’éliminer avant d’être à court de temps et donc éviter les attaques de l’ennemi qui le repousse sans cesse. Habile mélange entre puissance, gestion du temps et sensation de vitesse, il est extrêmement plaisant d’affronter ces titans, et encore plus de les vaincre ! Bien qu’il soit dommage que l’équipe de développement n’ait pas porté autant de soin à la profondeur et à la mise en scène des dialogues ou à la qualité des cinématiques que pour le reste du jeu, il est très plaisant d’emmener Sonic explorer les magnifiques décors variés des ces îles perdues, au gré du vent ou de sa bande son réussie. Trente ans après, Sonic peut être fier d’avoir enfin quitté les frontières de la 2D… 1 Les graphismes sont moches uniquement lors des cinématiques. En jeu, ils sont même très réussis… 16/20 Les Plus Les sensations de vitesse Les beaux décors Les combats épiques et fun La jouabilité au top… Les Moins … même si parfois hasardeuse Les doublages et les cinématiques pauvres Les mini-jeux bien trop simples Natendo
Questions à Jean Kouchner

Interview Questions à Jean Kouchner © Pascal Ito C le Mag : Vous avez écrit plusieurs romans, dont Soleils d’or, le rêve d’Escaro paru en mai 2022. Ce roman s’inspire du fait divers de 1994, l’affaire Rey-Maupin. Cette affaire est-elle pour vous le prétexte de parler de la jeunesse de la fin du XXe siècle ? (avoir 20 ans en 1999) Jean Kouchner : Cette affaire me paraît singulière des évolutions d’une partie de la jeunesse et cette évolution perdure. 63 % des jeunes ne font plus confiance aux partis politiques pour espérer changer le monde. Mais les jeunes sont très majoritairement impliqués dans un espoir et dans des actions pour le tenter… singulièrement sur les questions d’environnement, mais pas seulement. ClM : Qu’est-ce que le rêve d’Escaro pour les personnages, Mouna, Nemo et Gabriel ? J.K. : Si l’on ne réussit pas à changer le monde par des moyens traditionnels de lutte politique, voire de violence (Gilets jaunes, Black Blocs…), alors on peut espérer le changer en le niant… en le refusant. Et pour cela il faut vivre en marge, à côté de cette société qu’on refuse, en groupant si possible des gens prêts à soutenir cette idée. Ils trouvent à Escaro un esprit marqué par les solidarités nées des mines et d’une vie très marquée par l’entraide et les espoirs de changement. ClM : Vous décrivez des paysages majestueux de montagne, en opposition à la banlieue parisienne, grise et triste. Est-ce par similitude avec Audry Patrick Maupin ou est-ce un décor de grands espaces, symbole de liberté à atteindre ? J.K. : Cette liberté à atteindre est l’idéal des héros de ce fait divers dramatique. Mais la montagne reste un lieu qui transcende cette aventure particulière. Oui, c’est un espace de liberté, de solidarité et de responsabilité. ClM : La jeunesse décrite dans le roman, semble une jeunesse portée par des idéaux, mue par une volonté à fuir la société, est-ce une jeunesse comparable à celle d’aujourd’hui – 20 ans plus tard ? J.K. : Il n’y a pas UNE jeunesse, mais de plus en plus de jeunes qui refusent cette organisation sociale, responsable à leurs yeux de beaucoup de maux, et singulièrement du réchauffement climatique. Nombreux sont celles et ceux qui jugent que la logique actuelle conduit à la catastrophe et qu’elle repose sur la privatisation d’une grande partie de la société. ClM : La question de la violence est abordée dans le roman, vos personnages sont imprégnés d’idéaux non violents, pourtant ils en font finalement usage. L’idéal de non violence se confronte-t-il à la réalité ? J.K. : C’est une question essentielle posée par cette histoire. Peut-on espérer changer la société sans violence ? Cette question n’est pas nouvelle. Ici, la violence est refusée a priori, mais surgit malgré tout, comme si elle avait un caractère inéluctable. Alors ? Ne peut-on espérer changer la société sans violence ? Faut-il la changer ? La vie en société n’est-elle pas elle aussi synonyme d’une certaine violence ? ClM : En quoi ce fait divers est-il encore une question contemporaine ? J.K. : La logique d’organisation sociale pose de façon permanente la question de son évolution. Cette question est d’autant plus contemporaine que l’urgence de changements fondamentaux dans le mode de production est posée avec de plus en plus de force par le réchauffement climatique. La totalité des projets actuels portant atteinte à l’environnement entraînerait un tonnage de CO2 six fois et demi plus important que la totalité des projets visant à le réduire (si toutefois les promesses étaient tenues…). Cette réalité risque d’entraîner des individus ou des groupes à des actions extrêmes (Extinction Rébellion par exemple, est un phénomène très jeune et très contemporain). ClM : Merci à vous et nous aurons la plaisir de vous retrouver à Lodève à la Librairie un point un trait en février 2023 pour une rencontre autour de ce roman. J.K. : Merci à vous ! Stephan Pahl
Questions à Marion Laurent

Interview Questions à Marion Laurent C le Mag : D’où vous vient l’envie d’écrire des romances ? Marion Laurent : Je suis très fleur bleue, une vraie romantique. J’aime l’Amour, le palpitant qui s’emballe, les jambes qui flageolent et la peau qui frémit. Que ce soit dans un film ou dans un livre, j’ai besoin de ma dose d’amour, alors je crois que la romance s’est imposée d’elle-même. Je ne conçois pas une bonne histoire sans ce petit truc en plus qui nous fait battre le cœur un peu plus vite. ClM : Plongez-nous dans l’intrigue de “My Fake Boyfriend” ? M.L. : Alors c’est l’histoire d’une jeune femme qui a quitté son Angleterre natale pour tenter sa chance à Chicago en tant qu’actrice. Malheureusement, elle et sa meilleure amie n’avaient pas prévu que la concurrence serait aussi rude. April enchaîne les publicités pour les fuites urinaires ou la sécheresse vaginale en attendant le rôle de sa vie. Et contre toute attente, c’est au rayon des nappes et des serviettes d’une grande surface qu’elle le trouve. Elle rencontre Matt, un jeune trader célibataire. Tous les ans, pour la St Valentin, c’est la même rengaine, sa mère lui demande s’il viendra accompagné et tous les ans, il vient seul. Mais cette année, il a envie qu’on lui fiche la paix et quand il croise la route d’April, la solution semble s’imposer d’elle-même. April devient donc sa petite-amie le temps d’une journée. Seulement voilà, April, très professionnelle et à fond dans son rôle, commence à y prendre goût et enchaîne gaffe sur gaffe. Jusqu’où cela va les mener ? Je vous laisse découvrir cela en janvier. ClM : Qu’est-ce qui caractérise à vos yeux ce genre littéraire ? M.L. : À mon sens, il n’y a pas de secret. Il faut des personnages aux caractères tranchés (dans un sens ou dans l’autre), une tension sexuelle à couper au couteau et de l’humour. Après bien sûr l’histoire est importante, le décor aussi, mais si vous réussissez à faire rire et frémir les lecteurs, c’est déjà un grand pas. Ne dit-on pas “Femme qui rit, à moitié dans ton lit”? Dans le cas présent, je dirais plutôt “Lectrice qui rit, à moitié conquise par ton livre.” ClM : À qui s’adresse votre roman ? M.L. : À toutes les personnes qui cherchent une histoire d’amour légère et sans prise de tête pour passer un bon moment. ClM : Vous alternez les points de vue de chacun des personnages pour rythmer l’intrigue ou pour faire monter la pression ? M.L. : C’est surtout pour essayer de comprendre chaque personnage. Il m’est arrivé de n’écrire que d’un seul point de vue et au final, j’avoue qu’il manque quelque chose. Je trouve intéressant de développer le psychisme masculin qui parfois est à l’opposé du nôtre. Les hommes ne sont pas toujours faciles à comprendre et j’adore me glisser dans leur peau pour décrire ce qu’ils ressentent. Et puis, c’est vrai, cela apporte un certain rythme à l’intrigue. ClM : Bien évidemment vos personnages sont décrits avec les normes de beauté actuelles, n’est-ce pas un peu attendu, voire caricatural ? M.L. : Attention, April n’est pas glamour sur tous les points. Elle ne fait pas une taille 34, souffre de sécheresse vaginale et de flatulences. Mais il est vrai que j’ai tendance à décrire des personnages attirants. Je pense que comme pour les films, il faut que les personnages / acteurs nous fassent fantasmer. Les gravures de mode que je décris, je n’en croise pas tous les jours malheureusement. Alors je trouve agréable de pouvoir les côtoyer le temps d’un roman. ClM : L’héroïne, on le découvre rapidement, est atteinte, de manière très légère, du syndrome de la Tourette. Qu’apporte ce caractère au personnage principal ? M.L. : Je mets un point d’honneur à traiter de sujets importants dans tous mes romans, sans pour autant tomber dans le mélodramatique. Mon dernier roman par exemple (Love from my enemy) traite de boulimie, de grossophobie, de harcèlement scolaire ou encore de féminisme. Dans “My Fake Boyfriend” j’ai eu envie de traiter du handicap et de ce que cela peut apporter dans une vie. Nous sommes tous différents, mais la différence est une chance. Je dis souvent à ma fille que dans un troupeau de moutons blancs, s’il y a un seul mouton noir, c’est lui qu’on va remarquer et sur lequel on va s’attarder. Le handicap d’April, c’est un peu ça. Sa différence lui apporte une fraîcheur et une spontanéité que les autres n’ont pas. J’ai tendance à penser que chaque épreuve de notre vie nous forge et nous façonne pour devenir ce que l’on est. Si April n’était pas atteinte de ce syndrome, elle serait peut-être toujours avec son ex et elle n’aurait sans doute jamais rencontrer Matt. Stephan Pahl
Souvenirs de la vie à l’usine

LOCAL Souvenirs de la vie à l’usine Et si nous remontions à l’époque pas si lointaine où Lodève était encore un des fleurons de l’industrie textile ? Depuis trois ans, une équipe de professionnels ravive la mémoire du site du Bouldou à l’entrée de la ville. Elle a recueilli des témoignages d’ouvriers qui auront vocation à alimenter un site immersif, une visite guidée et une exposition itinérante sur l’industrie textile. Mado, Violette, Jean-Luc, Christian ont été les héros ordinaires de la grande histoire textile de Lodève. Lorsqu’ils ravivent leurs souvenirs, la ville s’anime, l’usine fourmille de monde. Leurs témoignages réfutent notre vision fantasmagorique du travail en usine. Avertissement : par avance, nos excuses pour les approximations que pourrait contenir ce récit choral. Il n’a pas vocation à coller au réel mais à la vision que nos personnages en ont conservée. Juillet 1963. Il est 4 heures du matin lorsque le réveil sonne. La maison est encore en sommeil et Mado, seule dans la cuisine, prépare son petit déjeuner, puis s’habille, sort et longe la Lergue pour prendre la direction de l’usine du Bouldou où elle vient d’être embauchée. Elle a tout juste 15 ans. Elle est l’aînée de quatre enfants. C’est son premier emploi, sa première paie, son tour d’aider la famille. Fille d’ouvrier, elle a toujours vu son père quitter le foyer aux aurores et ne rentrer que tard le soir. Après le travail, il charriait du charbon, puis taillait les vignes. Sa vie durant, il cumulera plusieurs journées en une. Enfant, à 8-10 ans, elle l’accompagne parfois à l’usine sur sa moto. Elle est fascinée par cet univers démesuré, impressionnée d’apprendre, par les anciens, que des mouflets comme elle travaillaient là jusqu’en 1874 (date de l’interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans) et même après pour aider leurs parents, en se cachant pendant les contrôles dans les balles de laine ou en trichant sur leur âge pour se faire embaucher. Berthe, une amie de son père, y est entrée à 12 ans en se faisant passer pour 14 ans. Elle travaillait sur les métiers à tisser et le soir, rentrait aux Plans à pied, pour garder les vaches. Mado repense à Berthe, “Ça faisait une sacrée trotte quand même !”, en rejoignant ses camarades à 4 h 30 du matin. Il y a 1,5 km à parcourir à pied et la route croise le cimetière. “On avait peur”. Alors, elle chante Mado, avec Violette, l’amie d’enfance. Après leur certificat d’études, elles n’ont eu qu’une hâte : travailler. Le travail c’est le Graal, le moyen d’aider ses parents et de s’émanciper. Le bâtiment n’a pas changé depuis son enfance. 10 000 m2 d’ateliers, des salles immenses où les machines tournent 24 h sur 24 h. Ça fait de l’effet les premières fois, la vision des métiers à tisser, impressionnants, le bruit, la cadence des machines à coudre, des centaines d’ouvrières penchées sur leur ouvrage. Du temps de son père, le site appartient encore à la famille Teisserenc-Harlachol, l’employeur le plus important de la ville pendant près d’un siècle. Une ère s’est achevée. Le synthétique a remplacé la laine. Mado fabrique désormais des bas, des pulls. Elle est ravie. Elle a toujours adoré coudre. “Maman cousait, chez nous on n’avait pas les moyens d’acheter du prêt-à-porter”. Elle a fait son apprentissage en couture, avant de choisir l’usine. Comme papa, les copains, les cousins. Ses patrons ne font pas encore partie du groupe Dim. Mais le site est déjà qualifié d’expérimental. Il tourne 7 jours sur 7, ne s’arrêtant qu’un mois l’été, emploie plus de femmes que d’hommes, moins bien payées que leurs collègues masculins. Fières de leur condition d’ouvrières. “Sans déconner, on était accro” Sur les métiers à tisser des milliers d’aiguilles dessinent des bas, qui une fois tissés, sont soufflés vers l’extérieur, paquetés et envoyés au visitage (où l’on contrôle les défauts éventuels) avant d’être dispatchés. Les premières mains, sans défaut, partent à la couture des pointes et des talons, puis à la teinture. Les secondes mains vont au remaillage, où Mado travaille. Dans l’atelier, elles sont une cinquantaine, en rang derrière des machines qu’elles ne quittent pas des yeux pendant huit heures d’affilée. Ce sont des petites machines à coudre rondes, sur lesquelles on enfile les bas filés pour remonter la maille avec l’aiguille et arrêter le fil. Ce geste très minutieux est répété des centaines de fois par jour dans le bruit et la chaleur. Mado s’en fout. Elle coud, coud et coud. Elle est payée à la tâche. C’est une ouvrière exemplaire. La contremaître la remarque. Désormais, elle formera les nouvelles. Il faut avoir des yeux de chat pour exercer ce métier. Mado les a gardés. Toujours pas de lunettes 60 ans plus tard. Quel fil continue-t-elle de remailler dans sa tête ? Dans l’atelier principal, Violette, l’amie d’enfance, est employée au contrôle des métiers à tisser, un métier plutôt exercé par des hommes, au premier rang desquels son père qui travaille à quelques mètres d’elle. La photo d’un vieux monsieur au regard doux est encadré sur le buffet. Elle se tient, souriante, à ses côtés. “Belle !”, lui fait remarquer Mado, et elle rit, car oui elle est belle et en jette avec ses talons aiguille. C’est l’époque où les femmes commencent à revendiquer leurs droits. Elle et Mado seront de toutes les manifestations au moment de mai 68. Fières de leur condition d’ouvrières. “Sans déconner, on était accro”, dit Violette, nostalgique. – Je me souviens, j’allais parfois travailler avec des bigoudis sur la tête, comme ça en rentrant, un rapide passage à la salle de bain, au maquillage et on étaient prêtes. Les parents nous donnaient la permission de sortir jusqu’à l’heure du repas. Dans les années 60, Lodève est une ville prospère, joyeuse et amicale. Les magasins se touchent. Les gens sortent des chaises sur le pas de leur porte, boivent le café entre voisins, jouent aux cartes, discutent. “Avec les copains, on se tenait bras dessus, bras dessous, et on chantait à
Passions tristes de la Politique

PHILOSOPHIE Passions tristes de la politique La nouvelle Assemblée Nationale élue en juin 2022 offre un nouveau visage et un nouveau fonctionnement : en l’absence de majorité absolue, le gouvernement est, en théorie, obligé de négocier avec chaque groupe au cas par cas et de faire des alliances avec des députés dont l’idéologie peut être très loin des discours de la majorité présidentielle. Cette révolution politique réalisée par des électeurs sans le vouloir renverse totalement la logique de la Ve République : le gouvernement ne peut plus se passer des débats au parlement et les oppositions ne peuvent plus être dans la simple posture des défenseurs outrés de la démocratie. Mais il va y avoir un problème lors des prochaines élections : les candidats à la présidentielle ne pourront plus, à leur tour, s’exclamer que la situation est terrible et qu’ils sont les sauveurs. Du moins on peut espérer que le débat sera plus élaboré que le simple discours du type : “votez pour moi car je suis la solution après ce quinquennat de malheur”, ou “il faut tout changer mais si vous votez pour moi, dans six mois tout sera bien pour tous” ou encore “votez pour moi sinon ce sera le chaos”. Autrement dit la posture du tragique pour faire peur devrait cesser d’être l’imposture politique majeure. Mais rien n’est moins certain ! Au contraire ma thèse est : les politiques font toujours tout pour exciter nos passions tristes. C’est une manière de nous dominer en cultivant nos angoisses, nos peurs du déclassement, notre peur de l’avenir et le pessimisme récurrent du peuple français. Tout le discours politique est alarmiste car c’est ce qui est le plus vendeur sur le plan électoral. Mais qu’est-ce qu’une passion triste ? Voyons ce qu’en disait Baruch Spinoza, fin observateur de la vie politique à Amsterdam au XVIIe siècle. Il ne donnait pas au mot passion le même sens qu’actuellement ; pour lui (et en cela il était en accord avec le sens donné à son époque), une passion c’est lorsqu’on est passif face à un sentiment, une affection et qu’on modifie son comportement suite à cette affection. La passion ce n’est pas seulement une activité qui structure nos loisirs, c’est aussi une attitude irrationnelle. La passion ne se limite pas à l’amour pour un objet, un sport ou un loisir, car la passion peut être provoquée par tous les sentiments majeurs : la colère, la haine, la honte, l’amour, voire le désir sexuel. La passion, c’est un mouvement contradictoire, puisqu’à la fois nous sommes passifs (elle nous domine et on perd une forme de liberté face à elle) et dans le même temps elle est une force pour nous, une source d’énergie qui nous amène à des actions extraordinaires. Tous les philosophes jusqu’au XIXe siècle se sont préoccupés des passions, recherchant leurs rôles dans le comportement humain. “La tristesse, c’est lorsqu’une action diminue notre capacité à vivre ; la joie, au contraire, est le sentiment que notre vie s’enrichit” Pour Spinoza, il y a deux types d’affections qui modifient fortement notre comportement : la tristesse et la joie. La tristesse, c’est lorsqu’une action diminue notre capacité à vivre ; la joie, au contraire, est le sentiment que notre vie s’enrichit grâce à une rencontre ou une activité. La tristesse nous amène à nourrir un autre sentiment : la crainte qui nous oblige à anticiper l’avenir de manière pessimiste. La joie, elle, produit l’espoir qui est au cœur de l’optimisme. Cette simple dualité suffit à expliquer la plupart de nos comportements et lorsqu’on le comprend, on possède les clés pour manipuler la population. Les discours politiques en font très souvent l’usage, notamment avec la crainte de l’avenir et l’espoir d’un changement, ce qui nourrit la radicalité des propositions : ils cherchent à capter l’attention et le plus grand nombre de voix en provoquant ces deux passions qui structurent tous les individus. Et cela a une force d’entraînement extraordinaire. Pourquoi ? Pour le comprendre il faut revenir plus en détail sur la nature humaine : les êtres humains sont dotés d’un corps et d’un esprit. Ces deux dimensions recherchent naturellement à persévérer dans leur être, c’est-à-dire à vouloir exister sans entrave ; le corps et l’esprit recherchent parallèlement ce qui est bien pour eux. Commençons par le corps : il veut exister et appète, c’est-à-dire a de l’appétit pour ce qui est lié à la vie. C’est ce qui fait que le corps recherche naturellement la joie et le plaisir. Ce sont des émotions qui sont le signe d’un développement de ce que le corps doit être. Le corps fuit la douleur car la douleur est un signal d’alarme pour prévenir du danger. La peur, la crainte existent au cœur même du corps. Ce qui est vrai pour le corps l’est aussi pour l’esprit : il recherche de la joie et fuit la douleur. La passion triste entraîne l’individu vers plus de tristesse encore, se sentant noyé par ses idées noires, avec un effet délétère sur le corps et l’esprit. C’est une mécanique de l’esprit que Spinoza va détailler dans son ouvrage le plus célèbre : L’Éthique. Et lorsque j’évoque la mécanique, ce n’est pas juste une image : de la même manière qu’un ressort et une roue dentée peuvent entraîner un mouvement mécanique, de la même manière la tristesse peut provoquer de la crainte, voire de la haine. Et de la haine ne peut plus naître la joie, pourtant aux sources de notre être. Pour Spinoza, nous sommes dotés d’une nature qui nous pousse à être ce pour quoi nous sommes faits. La perfection d’un corps ou d’un esprit se réalise lorsqu’ils peuvent s’épanouir dans leurs activités : ainsi l’esprit d’un musicien peut se sentir parfaitement développé lorsqu’il joue ou compose de la musique. Nous ne faisons qu’exprimer ainsi notre nature et l’homme obéit aux mêmes règles que tous les êtres vivants : “de par son être, chaque chose s’efforce de persévérer dans son être” (L’Éthique, partie III, 6). La vie est en soi vertueuse dans la mesure où elle permet aux êtres vivants de se réaliser, donc la vie est source
