Sucré / Salé – 194

Sucré BISCUIT ROULÉ AUX MARRONS Temps de préparation : 30 minTemps de cuisson : 5 minIngrédients pour 6 personnes• 100 g de farine• 100 g de sucre• 30 g de beurre• 5 œufs• Crème de marrons• Sucre glace Préchauffer le four à 210 °C (thermostat 7). Beurrer un moule. Mettre les jaunes d’œufs, le sucre ainsi qu’un sachet de sucre vanillé dans un saladier. Bien remuer jusqu’à ce que le mélange s’éclaircisse. Ajouter la farine tamisée, puis le beurre fondu et enfin les blancs en neige bien fermes.Mettre la préparation dans un plat rectangulaire et faire dorer au four pendant 5 min seulement, le biscuit ne doit pas être sec. Quand il est cuit, l’enrouler dans un torchon humide pour le refroidir puis le dérouler afin d’y étaler la crème de marrons. L’enrouler à nouveau et le saupoudrer de sucre glace pour la décoration. Bon appétit ! TORSADES FEUILLETÉES AU ROQUEFORT Salé Temps de préparation : 5 minTemps de cuisson : 10 minIngrédients pour 4 personnes• 1 pâte feuilletée• 100 g de roquefort• Gruyère râpé• Poivre Après avoir émietté le roquefort, agrémenter la surface de votre pâte feuilletée avec celui-ci, parsemer de gruyère râpé et ajouter un peu de poivre. Tailler des lanières de 2 cm de large puis les torsader. Déposer les torsades sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Enfourner à 220 °C pendant 10 min. Servir avec une salade. C’est pr Load More

Parce Que – 194

Cinéma PARCE QUE Cette saison, je ne m’étendrai pas sur un film en particulier. Via ma rubrique Parce que…, je vous propose un panel non exhaustif de productions qui ont titillé ma curiosité de cinéphage. Et n’oublions pas : Aller au cinoche, ça vide un peu les poches mais ça fait du bien à la caboche ! Bonnes fêtes ! Sortie : 22 novembre Fresque spectaculaire, Napoléon s’attache à l’ascension et à la chute de l’Empereur Napoléon Bonaparte. Parce que : Sûrement un très bon film historique d’aventure/action, Ridley Scott évidemment. En revanche, sur la vie de Napoléon, ça c’est une autre histoire au vu des critiques acerbes lues et entendues çà et là. En même temps, mettons 2 historiens face à face et chacun aura sa version. Alors… finalement, je m’en tape, j’irai voir le film !!! Sortie : 22 novembre Louis c’est ce mec super gentil. Et dans son cabinet d’avocat, ce n’est pas un compliment. Le jour où son médecin lui diagnostique par erreur une maladie grave, le regard des autres change… Parce que : Le propos n’est pas si bête et hélas, compassion oblige, nul n’est à l’abri de réagir ainsi. Et puis la revanche du “gentil” dans ce monde de brute, maintes fois filmée mais carrément jouissive ! Bonus : De très bons acteurs au casting. Sortie : 29 novembre  1947. Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. Parce que : Comment faire preuve de résilience après avoir vécu la violence d’une tonte et être mise au ban de la société. Inspiré de faits réels, un couple d’acteurs talentueux, une BA intrigante, bref, envie de voir ! Sortie : 6 décembre En couple depuis 5 ans, Ben et Laura ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d’atteindre l’Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques. En pleine exploration, une tempête s’abat sur eux et leur bateau disparaît. Parce que : Gilles Lellouche, Mélanie Thierry, dans un “Survival” made in France. Un de plus ou un en plus qui saura se distinguer ? Bon, pour les acteurs, je veux bien le voir ! Sortie : 7 décembre Le Japon se remet à grand peine de la Seconde Guerre mondiale qu’un péril gigantesque émerge au large de Tokyo. Un kamikaze déserteur traumatisé par sa première confrontation avec Godzilla, voit là l’occasion de racheter sa conduite pendant la guerre ! Parce que : Pour les amateurs du genre. Une BA qui déménage pour cette énième version de la bê-bête issue du traumatisme nucléaire subit par les nippons. Sortie : 13 décembre Du Louvre au Palais de Buckingham, des bas-fonds de Paris au siège de La Rochelle… dans un royaume divisé par les guerres de religion et menacé d’invasion par l’Angleterre… Parce que : J’ai vu le premier volet et même si j’ai aimé sans plus (pourtant avec un casting de choix !), ben, j’irai voir le deuxième. En même temps, “soutenons“ les super productions bien de chez nous ! Sortie : 13 décembre Hiver 1970 : M. Hunham est professeur d’histoire ancienne dans un prestigieux lycée d’enseignement privé pour garçons de la Nouvelle-Angleterre. Pédant et bourru, il n’est apprécié ni de ses élèves ni de ses collègues. Alors que Noël approche… Parce que : Alexander Payne (L’arriviste, Sideways, The Descendants, Downsizing), Paul Giamatti et plein de bons sentiments pour nous réchauffer le cœur en cette triste fin d’année ou hélas, trop de cœurs saignent. Sortie : 13 décembre Découvrez la jeunesse de Willy Wonka, l’extraordinaire inventeur, magicien et chocolatier de l’univers féerique de Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl. Un jeune homme débordant d’idées et déterminé à changer le monde… avec gourmandise ! Parce que : Après Johnny Depp, Timothée Chalamet (acteur chouchou d’Hollywood) reprend les rênes de la chocolaterie la plus délirante de la planète. Une BA qui en met plein la vue, limite cartoon, et titille les papilles des amateurs de chocolat avant le gavage de fin d’année ! Sortie : 20 décembre Black Manta, toujours hanté par le désir de venger son père, est maintenant plus puissant que jamais avec le légendaire Trident Noir entre ses mains. Pour l’anéantir, Aquaman doit s’associer à son frère Orm ancien roi d’Atlantide… Parce que : Je ne supporte plus les Marvel et les DC Comics (bastons interminables, gentils VS méchants, FX dégoulinants, etc.) cependant certains trouvent ça cool, alors… ! Déjà dit mais je n’ai pas mieux !!! Sortie : 27 décembre Paris 1887. À cette époque, seul le duel fait foi pour défendre son honneur. Clément Lacaze, charismatique maître d’armes se retrouve happé dans une spirale de violence destructrice. Il rencontre Marie-Rose Astié, féministe en avance sur son époque… Parce que : Roschdy Zem dans un film “d’époque” de Vincent Perez dont c’est la 4e réalisation (Peau d’ange, Si j’étais toi, Seul dans Berlin) après avoir était le beau gosse du ciné hexagonal. Curiosité oblige ! Sortie : 3 janvier Un mari formidable, deux filles parfaites, un cabinet dentaire florissant : tout va bien pour Iris. Mais depuis quand n’a-t-elle pas fait l’amour ? Peut-être est-il temps de prendre un amant… Parce que : Laure Calamy, l’autre actrice du moment (10 films en 3 ans dont “Antoinette dans les Cévennes”) avec sa consœur Virginie Efira, dans une comédie très “branchée” réalisée par Caroline Vignal (Antoinette dans… ) et mariée à Vincent Elbaz à la libido en berne. BA pétillante et “Applis de rencontre(s)” sur la sellette. J’adhère ! Claude Bermejo Load More

Dans la chronique de Bekar – The Dystopians

MUSIQUE Dans la chronique de bekar THE DYSTOPIANS ©Cécile Garou ©Cécile Garou Enfin le premier concert et les suivants s’annoncent. Dès lors, les répétitions s’enchaînent et se concluront par une résidence de 3 jours. “Cette préparation c’est de l’excitation. Nous travaillons chaque morceau pour lui donner une autre couleur en live que celle de l’album. C’est que je déteste moi-même voir en concert un live qui est la même chose que ce que j’entends sur l’album” explique Nicolas Duboc. Cette excitation je la partage également alors que j’ai déjà réservé ma soirée du 24 février et vivre avec The Dystopians cette première. Et puis… Être là, au tout premier concert d’un groupe de musique, c’est en soi, une belle expérience de naissance artistique, touchante et émouvante avant même que les premières notes soient jouées.   Retrouvez The Dystopians sur internet : facebook.com/dystopians.records Bekar Load More

L’idée Livres 194

Littérature Le pays des loups de Craig johnson Lorsque le cadavre d’un berger est découvert, Walt Longmire est d’abord tenté de conclure à un suicide. Mais les liens de la victime avec la puissante famille basque Extepares, à l’histoire jalonnée d’épisodes violents, l’aiguillent sur la voie d’un possible meurtre. Un vrai régal de retrouver notre petite bande du Wyoming ! Longmire est “en kit” après avoir secouru sa fille enlevée au Mexique mais cela ne va pas l’empêcher d’enquêter assidûment avec l’aide de ses adjoints. Surtout Vic, qui avec sa gouaille, nous arrache un sourire à chacune de ses apparitions. D’ailleurs, Walt n’est pas en reste dans ce tome, on retiendra avec délectation son interview avec Jon Rupert et son émission de cryptozoologie sur le câble. La façon qu’à Walt de remettre à sa place le journaliste sur les pseudosciences est un pur régal d’esprit critique. Les visions poétiques et la symbolique sont aussi très présents dans l’univers de Craig Johnson qui continue de nous divertir à chaque nouveau tome, vivement la suite ! LE COUP DU FOU de ALESSANDRO BARBAGLIA Juillet 1972, les caméras du monde entier sont braquées sur l’Islande, où aura lieu la finale du championnat du monde d’échecs. Le Russe Boris Spassky, tenant du titre, fait face à l’Américain Bobby Fischer, un autodidacte aussi génial qu’imprévisible. Une fois passée les premières pages (je ne suis pas spécialement fan des champions d’échecs), on se laisse prendre par le rythme et la forme originale qu’ose l’auteur. En effet, Fischer devient Achille et Spassky Ulysse, la guerre entre l’Orient et l’Occident devient celle de Troie ! Et ça fonctionne !Le narrateur nous tient en haleine avec grande maîtrise, on dévore les pages… Il nous parle aussi de son père, celui par qui tout commence, avec tendresse et émotion. JE SUIS LEUR SILENCE de JORDI LAFEBRE Barcelone, de nos jours. Eva Rojas, une jeune et brillante psychiatre, rechigne à répondre aux questions du Dr Llull. Pourtant, elle n’a d’autre choix que de collaborer pour espérer récupérer sa licence et exercer à nouveau son métier. Le style est percutant tout comme le personnage principal, ironique et sans complexe. Eva est une psy bipolaire (elle entend des voix, dont sa grand-mère qui la guide au quotidien) et elle enquête sur un meurtre dans un domaine viticole appartenant à une famille richissime et dysfonctionnelle. Et puis un jour, tout dérape… Eva se retrouve alors devant son superviseur analyste et va devoir décortiquer cette semaine de folie jusqu’au dénouement… surprenant. Une réussite ! HOKA HEY ! de NEYEF Georges, jeune Lakota est élevé par un pasteur qui administre sa réserve. Il oublie peu à peu ses racines et rêve d’un futur inspiré du modèle américain, en pleine expansion. Un jour, il croise la route de Little Knife, amérindien froid et violent et sa vie va être bouleversée. Une BD western magnifique tant par la narration que par les dessins. Un pavé qui se lit d’une traite. Georges, rebaptisé Little Red Bird, va découvrir la vie de ses ancêtres aux côtés de trois personnages atypiques et attachants, un Amérindien qui veut venger sa mère, une Amérindienne qui a fui son village et un Irlandais qui souffre tout autant de discrimination que les Indiens.L’histoire est dure, sans compromission, sans états d’âmes (comme le veut l’époque) mais nous sommes saisis par de très belles envolées. librairie Un point un trait

Octopath Traveler 2

Jeux Vidéo Octopath Traveler 2 Développé Square Enix. Paru sur Nintendo Switch, PS5 et PC. Genres : Aventure, Action, RPG. Déconseillé aux -12 ans En février dernier sortait Octopath Traveler II. Si ce nom vous parle, c’est que vous avez peut-être dû lire mon article sur le premier jeu paru en 2018 (no166 du Mag). Pour les autres, il est temps de vous mettre dans la boucle ! Octopath Traveler II reprend les codes instaurés dans le premier opus. Il narre aussi les histoires de huit protagonistes distincts qui seront amenés à se rencontrer au cours de leurs voyages. Ils devront alors faire face a de nombreux ennemis plus ou moins redoutables. Mais avant de vous parler de l’aspect stratégique et ludique qu’offrent ces combats, j’aimerais vous présenter succinctement ces huit personnages qui motivent notre envie de jouer. Ochette est une chasseresse de l’île de Toto Haha. Mi-femme, mi-bête, elle apprend par le gardien de cette île qu’une calamité risque de s’abattre sur son foyer. Bien qu’innocente et insouciante du monde qui l’entoure, elle et son fidèle compagnon animal se mettent en quête de trouver les bêtes légendaires. Une histoire pleine d’optimisme face à la cruauté des hommes et de leurs jugements vis à vis des différences… Castti est une apothicaire au cœur d’or. Son histoire commence sur une barque, en pleine mer, quand elle se fait repêcher par un bateau, amnésique. Pourquoi s’est-elle retrouvée ici ? Qui est-elle ? Quel est son objectif ? Son voyage pour retrouver ses souvenirs commence dès son arrivée au village côtier, où le bateau se rendait, lorsqu’une mystérieuse maladie semble toucher plusieurs habitants… Intrigante, l’histoire de Castti trouve son intérêt au fur et à mesure que le voile de son passé se déchire, permettant une double lecture à son voyage… Throné est une talentueuse voleuse. Orpheline, elle a été recueillie très jeune par “Mère” et “Père”, deux criminels très influents à la tête d’une guilde d’assassins. Formée à voler et tuer dès son plus jeune âge, Throné décide de se libérer de ses chaînes lorsque l’événement de trop se produit. Une ode à la liberté qui ne m’a pas laissé de marbre tant elle reste pertinente lors des nombreux questionnements, rebondissements et difficultés que Throné doit surmonter. Osvald est un éminent érudit. Il théorise les arts magiques aisément et arrive à les maîtriser comme si de rien n’était. Père heureux d’une petite fille, marié à la femme de ses rêves, tout va bien pour lui. Enfin, ça c’est si son partenaire de recherche n’était pas une vraie ordure. Avide de pouvoir, Harvey vola les recherches d’Osvald, assassina la femme et la fille de ce dernier en brûlant leur maison, et le fît même arrêter pour ces deux meurtres. Ainsi, l’histoire d’Osvald débute au Bagne, lorsque l’occasion de mettre son plan d’évasion à exécution se présente. Arrivera-t-il à accomplir sa vengeance ? Une histoire difficile à suivre tant elle est atroce, mais la folie d’Harvey et le besoin sanguinaire d’Osvald font qu’elle reste palpitante tout du long. Partitio est un marchand joyeux. Devenu pauvre après que son père fut trahi par son associé, Partitio cherche à rendre prospère tout le continent et ne veut laisser personne de côté. Le cœur sur la main et son portefeuille, il n’hésite pas à se montrer généreux malgré tout. En restant droit dans ses convictions, Partitio arrivera-t-il à ses fins pour rendre le monde heureux ? Le personnage de Partitio est toujours enthousiaste et ça fait bien plaisir de le voir surmonter avec aisance les difficultés qu’il rencontre. Agnéa est une danseuse d’un petit village. Elle aspire à devenir une grande artiste en suivant les pas de sa mère décédée. Quittant son petit village forestier, elle parcourt le monde pour partager sa passion de la danse et sa bonne humeur, avec l’espoir intime de devenir célèbre. Au gré des rencontres, son insouciance se mêle à la réalité du monde qui l’entoure, pour un mélange exquis qui contraste avec les autres protagonistes.  Temenos est un inquisiteur. Son périple commence lorsque le Pontife de l’Église de la Flamme Sacrée est assassiné. N’ayant pas une confiance aveugle envers les membres de cette dernière, Temenos compte bien mener sa propre enquête. C’est à la recherche de vérité, à la fois sur l’incident du Pontife, mais surtout sur le monde en général, que Temenos parcours Solistia, en doutant de tout. Intelligent, calculateur et raisonné, Temenos est l’un des personnages qui m’a le plus surpris dans son récit. Hikari est l’honorable guerrier par excellence. Toujours droit dans ses bottes, tourné vers l’autre, il serait un souverain parfait pour le Royaume de Koù, dont il est le bâtard du Roi. Mais lorsque ce dernier est nommé héritier du trône, son demi-frère assassine le Roi, prend le trône de force et contraint Hikari à fuir. La capitale a brûlé, son peuple est meurtri, et Hikari débute son exil avec le but de tout récupérer, de son honneur à son trône. Malgré son scénario basique, le personnage d’Hikari est loin d’être simpliste. Tourmenté par l’héritage sanguinaire de sa famille, il cherche par la force de son épée à reconstruire ce qu’il a perdu avec droiture, ce qui n’est pas toujours aisé… En plus de ces huit histoires séparées, ce jeu corrige l’un des défauts majeurs du premier opus en renforçant les interactions entre les personnages. Sans trop en révéler, il s’avère que certaines intrigues se recoupent et que les protagonistes devront unir leurs forces dans plusieurs histoires communes, afin de comprendre tous les enjeux de ce monde et de nous faire profiter d’un sublime final. Si ces histoires donnent un but au joueur, elles donnent en plus un sens à la seconde composante majeure d’Octopath Traveler II : les combats. Eh oui, encore et toujours eux. Comme dans le premier jeu, chaque ennemi possède des faiblesses qu’il faudra briser, avec les bonnes attaques, pour l’éliminer plus facilement. Certains adversaires ne sont sensibles qu’à certaines attaques élémentaires (feu, glace, lumière…) ou physiques (épées, haches, arcs…). Et ça tombe bien, car chaque personnage a ses propres caractéristiques ! Les pouvoirs magiques d’Osvald ou de Temenos sont très utiles pour infliger ou soigner de lourds dégâts magiques. La puissance d’armes d’Hikari ou des bêtes d’Ochette ne sont pas

Questions à Anlor

Interview Questions à Anlor ©Rita Scaglia ClM : Le tome III de Ladies with guns arrive en janvier 2024, comment êtes-vous arrivée dans cette série ? A. : Le scénario d’Olivier Bocquet était déjà validé auprès de Dargaud. En discutant avec l’éditrice Pauline Mermet, ils ont réalisé qu’ils m’avaient tous deux en tête pour prendre en main la partie graphique. Le challenge d’un western au féminin m’a séduite, je me suis donc lancée dans cette aventure avec eux. ClM : Les cases sont à l’horizontale, parfois presque cinématographiques, verticales à l’espace étriqué, à fonds perdu ou franchement explosées… Comment rythmez-vous la pagination et les espaces à l’intérieur ? A. : Je cherche avant tout à donner du sens et de l’émotion : outre son rôle narratif évident, il est essentiel d’orienter le découpage pour faire subtilement passer des impressions au fil des pages. Un découpage de séquence doit vraiment soutenir le sens du récit mais aussi véhiculer l’émotion voulue, pour toucher et impliquer personnellement le lecteur, la lectrice. ClM : Cette série enchaîne action et humour, comment cela se traite-t-il visuellement ? A. : Comme je l’ai dit plus haut, en adaptant un style graphique approprié. Ça a été une question essentielle lorsqu’on a démarré cette série : savoir à quel public s’adresser, et comment le faire efficacement. Et nous voulions nous adresser aux fans de western, mais aussi à celles et ceux qui seraient avant tout sensibles à la cause de recherche de liberté de nos Ladies. Nous voulions de l’humour, mais aussi de la violence franche si nécessaire. Il fallait un style hybride qui puisse contenir toute cette richesse narrative. ClM : Lorsque vous travaillez sur un album, comme Ladies With Guns, quelles sont vos contraintes ? A. : Eh bien il y a déjà une contrainte évidente de planning. Mais aussi une forte volonté d’immersion : l’idée est de régulièrement trouver des moyens visuels ou scénaristiques pour questionner son lectorat, le réveiller en quelque sorte, pour garder son adhésion et son enthousiasme à faire partie de l’aventure. ClM : Quels sont vos échanges avec le scénariste ? A. : Olivier a choisi de développer le scénario en parallèle du travail graphique. Je reçois donc les séquences au fur et à mesure. Ce système, contraignant au niveau organisationnel, a l’immense avantage de générer une osmose particulière dans la création du récit et de la BD elle-même. On échange donc très régulièrement autour de chaque séquence, en retravaillant et en validant mutuellement nos séquences, dialogues, story-boards. ClM : Y a-t-il eu des situations auxquelles vous avez été confrontée qui posaient des difficultés de mise en page ou de restitutions ? A. : Il y en a régulièrement, et souvent ce sont au final les meilleurs moments de lecture ! Notamment quand je dois mettre en images des séquences avec 2 situations imbriquées, ou quand les idées des personnages prennent littéralement vie pour créer une confusion entre fantasme et réalité… ClM : Qui sont les 5 héroïnes, Abigail, Kathleen, Chumani, Cassie et Daisy ? A. : Elles sont avant tout des stéréotypes des personnages féminins qu’on a pu croiser dans tous les westerns : une esclave, une épouse, une Amérindienne, une prostituée, une institutrice. Seulement ici, elles ont enfin la dimension pour exister vraiment et se forger une histoire, un passé et peut-être un avenir. ClM : Dans l’album différents thèmes sont abordés, dont la place des femmes, le regard des hommes sur les femmes, leurs présupposées faiblesses… Que permet l’univers du western pour traiter ces questions ? A. : Le western traditionnel, particulièrement en BD, est très codifié, essentiellement masculin, et souvent verni d’une patine à l’ancienne. Le parallèle avec une société un peu figée et réac, droite dans ses bottes, est évident. C’est donc le contexte idéal pour évoquer la recherche d’émancipation, du droit à vivre librement, quitte à bousculer franchement les codes établis. ClM : Vos outils de prédilections, crayons, pinceaux ou ordinateur ? A. : Crayons, feutres et feutres-pinceaux à encre, drawing-gum, outils numériques pour la post-prod : retouches, certains effets ou onomatopées… Bref, une bonne petite cuisine artisanale.   BD : 72 pagesÉditeur : DargaudParution : janvier 2024ISBN : 978 220 520 7927 ClM : Vos projets ? A. : Donner le meilleur sur la nouvelle saison de Ladies With Guns qui devrait bientôt regrouper 3 nouveaux tomes ! Stephan Pahl

20 000 Ans ou la grande histoire de la nature

Étude de Texte 20 000 ANS ou la grande histoire de la nature Après “Sangliers, géographies d’un animal politique”, continuons notre exploration de la collection Mondes sauvages, d’Actes Sud, qui ambitionne de modifier notre interprétation des rapports entre l’homme et la nature. J’avoue que je me prends au jeu : découvrir des domaines littéraires peu familiers, et en ressortir intéressé.  L’œuvre a un titre parlant : 20 000 Ans. Un sous-titre plus explicite, “ou la grande histoire de la nature”. Un lecteur repense vite à ses premières découvertes, à “20 000 lieues sous les mers”, de Jules Verne. Ici le plongeon n’est pas vers les fonds marins, mais vers l’abîme du temps. Et quel plongeon ! On revisite en 200 pages l’histoire écologique de la France, des glaciations à nos jours. Et le temps défile, au gré des chapitres du livre : les glaciations et leurs fins, l’évolution de la forêt, des rivières, puis des mers… le dernier chapitre s’intéresse aux changements apportés par l’Homme depuis le néolithique. Cela replace l’écologie dans une dimension temporelle que nous avons peu l’habitude de concevoir. Si l’empreinte de l’homme a façonné notre environnement, et l’auteur montre son impact souvent désastreux, la réflexion sur les durées décrites nous permet de voir la nature en perpétuelle évolution. Tout autant que l’homme, on apprend que le loup, le castor, ou la biologie du hêtre ont permis des évolutions importantes des milieux naturels. Rien de plus erroné que de dire que la nature a horreur du changement : c’est cela même qui crée la vitalité de la biodiversité. En quelques lignes, j’ai essayé de vous poser le thème du livre. Un livre scientifique intéressant pour les adeptes de l’écologie, pensez-vous. Mais celui-ci a une approche plus originale. Si je ne vous fais comprendre que cela, je peux arrêter là mes essais de chronique. En effet, des livres scientifiques, aux sujets intéressants et qui nous font réfléchir, il y en a des centaines, tous très pertinents. L’œuvre de Stéphane Durand fait partie du lot. Mais celui-là, je l’ai aimé. On peut, et c’est le plus de la littérature, apprécier non seulement les connaissances, mais la manière de les présenter. Toute histoire est très plate sans l’art du conteur. Et pendant quelques heures, j’ai été véritablement porté par le récit. Les savoirs avancés tout d’abord. À chaque partie, dans chaque sous-chapitre, l’air de rien, une petite anecdote, une remarque, vous plonge dans une vision nouvelle et un abîme de réflexion. Saviez-vous que l’évolution de l’homme préhistorique et celle du chien semblent concomitantes et complémentaires ? Que les castors ont favorisé des espaces propices aux grands herbivores ? Que Louis XV, de passage à Marseille, pêchait les thons au trident dans le vieux port, tellement ils étaient nombreux ? Et tout cela est amené sur un ton léger, dans le courant de la narration, comme si nous évoquions la dernière rencontre sur le marché de Lodève. Il faut regarder l’abondance de notes, qui renvoient à de nombreuses publications, pour se rendre compte de l’érudition quasi encyclopédique de l’auteur. Tous les sujets ayant un rapport à l’évolution de la nature lui semblent familiers : biologie (paléobiologie, agroforesterie, écologie moléculaire et j’en passe…), chimie, géologie, mais aussi sociologie, économie, littérature, histoire comparée ou management… et ils sont mis à contribution d’une manière très fluide : nous comprenons tout ce qui est écrit ! On se sent plus savant, mis dans la causerie au niveau de l’auteur. Cette impression de familiarité, qui nous valorise (sans doute excessivement, vu notre niveau…) permet d’appréhender ce que nous découvrons sans crainte. Je trouve ce tour de force d’écriture très réussi. Pour un livre de vulgarisation, il évite les deux écueils extrêmes. Il n’emploie ni un ton pontifiant et supérieur, ni une simplification facile qui déforme les idées. Stéphane Durand nous instruit sans s’imposer aucunement. C’est la première raison qui fait l’attrait de cette écriture.    ce qui touche le prof au fond de moi, la qualité particulière de son écriture : la création d’un véritable récit qui “fait vivre” La deuxième est la narration elle-même. Stéphane Durand est un conteur, un grand. Quand on lit, on écoute (on l’entend vraiment, je vous l’assure) la voix qui relate, qui donne des inflexions au récit, qui temporise… En lisant sa biographie, j’apprends qu’il est biologiste, naturaliste, auteur… Mais, et c’est marquant, “auteur de documentaires et conseiller scientifique des aventures cinématographiques de Jacques Perrin depuis 1997”. Dans la tête les films défilent “Le Peuple migrateur, Océans…” et c’est tout à fait ça. Vous entendez dans ces films la voix off qui vous parle des baleines pendant que les images défilent ? Eh bien, dans le livre c’est la même chose. Je ne sais pas comment il fait, mais les grands paysages glaciaires, ou les forêts profondes, défilent dans votre tête en image de fond pendant qu’il explique, commente, nous charme… Croyez-moi, je n’exagère que peu : comme quand j’étais petit, j’ai vu les décors du château pendant qu’on me racontait Blanche-Neige. Mais là, la terre et ses changements constituaient le décor. Stéphane Durand a beaucoup appris du cinéma. Mais, adapter cette technique à l’écrit scientifique me laisse admiratif. Bon, vous l’avez compris, ce livre m’a séduit par son sujet écologique ; facile, j’y suis sensible. Ensuite il m’a plu, de manière plus personnelle pour deux raisons. Sa précision scientifique, la profondeur et la nouveauté des thèmes abordés, et le fait de nous les rendre compréhensibles sans simplification ni condescendance. Et, ce qui touche le prof au fond de moi, la qualité particulière de son écriture : la création d’un véritable récit qui “fait vivre” l’histoire biologique de notre monde sous nos yeux émerveillés. Il reste un troisième thème, hors de la science et de l’écrit, qui ajoute encore du sel à l’œuvre, sa vision du monde. Je qualifierai volontiers ce livre de positif. Ce n’est pas qu’il nie les problèmes écologiques, ni la nuisance humaine. Le dernier chapitre, la grande régression, le proclame jusque dans son titre. C’est le fait de présenter une vision plus distanciée, plus relative vu son rapport au temps. Depuis 20 000 ans homme et nature “cohabitent”, et c’est vraiment l’histoire de cette interaction qui est

Langages et pensées

PHILOSOPHIE Langages et pensées “Vouloir penser sans les mots est une tentative insensée” | Hegel, Encyclopédie, IIIe partie : La Philosophie de l’esprit. Les affres du commerce entre français et chinois, occasion régulière de malentendus, démontrent facilement que la théorie de l’homo œconomicus – qui explique que dans nos achats nous serions de purs êtres rationnels qui calculent nos intérêts – n’éclaire que de manière caricaturale la réalité de nos échanges marchands. Chunyan Li, conseillère chinoise en marketing , montre à travers dix anecdotes1 les soucis que peuvent rencontrer des commerçants français lorsqu’ils croient que la communication via “l’anglais des affaires” est d’une totale transparence. Notamment elle montre pourquoi la notion de contrat signé n’est pas la même dans les deux langues : “La traduction chinoise du mot “France” est : “pays de la loi”. La France est connue pour son esprit juridique très rigoureux. Toutes les clauses, une fois écrites noir sur blanc, restent fixées.” C’est absolument clair : nous signons car nous sommes d’accord sur les termes de l’échange et revenir dessus va nécessiter des avenants âprement discutés. Mais il en est tout autrement en chinois : “les deux caractères du contrat, “He Tong 合同”, décrivent une convergence et l’ajustement adéquat, dans une logique dynamique et évolutive. Dans le premier idéogramme, la partie du haut représente un couvercle et celle du bas une boîte. Ensemble, il s’agit d’un contenant et son couvercle qui s’emboîtent parfaitement. Dans le second idéogramme, en haut se trouve une cheville de bois et en bas une bouche qui chante. Il s’agit de chanter ensemble pour fixer la cheville de bois sur le champ de travail.” Quelle poésie dira-t-on ! Et pourtant c’est le travail de froids commerçants qui cherchent leur intérêt dans une négociation qui épuise souvent les interlocuteurs français. Pourquoi ? Car ils ne tiennent pas compte d’un fait que la linguistique et la philosophie développent depuis plus de cent ans : la pensée est liée intimement au langage. Le philosophe allemand Hegel (né en 1770 et mort en 1831) écrivait : “C’est le son articulé, le mot, qui […]donne[nt] à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie. […]Par conséquent l’intelligence, en se remplissant de mots, se remplit aussi de la nature des choses.” Avec ce célèbre passage il s’inscrivait dans une tradition qui permit les recherches modernes en linguistique. L’idée principale est que la structure du langage détermine nos pensées, ce qui en clair veut dire que notre langue organise, donne sa forme et ses limites à notre manière de penser : les mots nous donnent la possibilité de conceptualiser et donc de réfléchir. Au-delà des mots, point de pensée ! Hegel va même jusqu’à supposer que les mots (dimension rationnelle développée par l’humanité) donnent un accès sûr et direct à la réalité des choses. “Tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel” écrivait-il ailleurs ; ce qui voudrait dire que nos mots (nous, Occidentaux) nous permettent de saisir la réalité dans sa globalité et en toute objectivité. Face à cet ethnocentrisme assez radical, nous allons adopter une autre position : notre langue nous permet de prétendre à une interprétation de la réalité, pas plus. Chaque langue propose une autre interprétation.  Pour compléter cette thèse, nous devons comprendre quel lien il y a entre la pensée et le langage. Descartes en 1646 écrivait à l’un de ses interlocuteurs : “Il n’y a aucune de nos actions extérieures, qui puissent assurer […] que notre corps n’est pas seulement une machine […], mais qu’il y a aussi en lui une âme qui a des pensées, excepté les paroles”. La thèse lie ainsi la pensée au langage. En analysant rapidement la structure de nos langues occidentales et, par différence, la langue chinoise, nous allons tester cette hypothèse. Grâce au linguiste Ferdinand de Saussure, suisse (né en 1857 et mort en 1913), nous savons que le mot – occidental – est un signe divisible en deux parties : le signifiant et le signifié. Le signifiant étant l’image acoustique et le signifié un concept. le verbe ÊTRE n’existe pas en tant que tel en chinois.La phrase “Socrate est un homme” ne se conçoit pas Autant leur association est elle arbitraire –immotivée dirait le célèbre linguiste–, autant leur union est intime. Notre langue se décompose en morphème (unité minimale de sens, tel que le “re” qui indique la répétition) et en phonème (unité minimale de son, tel que le [y] français qu’on retrouve dans rue. (ndlr : le son “u” se note [y] en phonétique) et Saussure explique que si la langue a une dimension diachronique (évolution dans le temps), elle possède surtout la dimension synchronique : les mots et les sons sont liés ensemble tel un système et la signification de chaque signe linguistique dépend de la langue elle-même dans sa singularité. Cela a une conséquence : nos langues sont essentiellement phonétiques, c’est-à-dire que lorsque nous découvrons un nouveau mot – par exemple lorsque nous lisons un roman de Victor Hugo où est employé du vocabulaire inusité et oublié aujourd’hui – nous pouvons le lire sans en comprendre la signification. Celle-ci est détachée de la dimension acoustique qui nous vient naturellement. Ce mécanisme devenu automatique fonctionne également lorsqu’on apprend une nouvelle langue : nous avons tous prononcé en lisant la BD française Blueberry qui met en scène un cowboy le juron “damned”, [damnèd], mais aucun anglo-saxon ne vous comprendra si vous lui dites cela.   Problème de prononciation car nous sommes déterminés par nos phonèmes français qui ne sont pas les mêmes que ceux de nos cousins d’outre-Manche. Et problème de sens : ce n’est qu’après une longue pratique de la langue anglaise et/ou américaine que nous pourrons saisir les usages parfois subtils et multiples de cette expression. Cette façon d’aborder les mots organise naturellement notre manière de penser, car il y a un lien entre le son – image acoustique pour reprendre le terme de Saussure – et ce que nous comprenons, la façon de construire notre réflexion. Presque sans transition, revenons à la différence entre la pensée occidentale et l’écriture chinoise, dite “Han”. Cette dernière est constituée d’idéogrammes, ce qui signifie littéralement idée écrite : chaque signe représente une idée, sans passer nécessairement par un son, ce qu’en linguistique on appelle le signifiant. C’est