L’idée Livres 200

Littérature Nous sommes faits d’orage de Marie Charrel À la mort de sa mère, Sarah se voit remettre pour tout héritage les clés d’une bicoque aux confins du monde, et une consigne : « Trouve Elora. » Direction l’Albanie, où elle découvre un village oublié, niché au cœur d’une montagne sauvage. Mais sur place, les locaux sont formels : Elora est morte il y a bien longtemps. Romanesque à souhait ! Le poids des secrets, la sauvagerie d’un régime despotique, mythes et légendes de l’Albanie (dont on connaît assez peu l’histoire) et la force du pouvoir des indomptables pétris de liberté en font un roman foisonnant, touchant et inoubliable porté par une écriture vive et poétique. Du coté des vivants de Violaine Bérot Dans la chambre 308 d’un petit hôpital de province, il y a deux patients : Greg, qui a failli mourir. Les médecins du grand centre sont paraît-il les meilleurs. Sauf qu’il s’est vu mourir. Alors remettre ça, il n’en est pas question. Greg ne reprendra pas la chimio. Les heures qui vont suivre lui montreront que tout n’est pas si simple. Et Alphonse, un vieil homme au coeur usé, qui se dit qu’il est bien temps pour lui de mourir. Et puis il y a les morts, les défunts de chacun. Ils tournent autour de la chambre 308, discrets, quasi imperceptibles. N’empêche qu’ils s’entêtent à rester du côté des vivants. L’écriture sensible et juste de Violaine Bérot nous emmène sur un thème particulier mais universel : la mort. Un roman choral qui n’est pas sans rappeler Comme des bêtes (que je vous encourage à lire, si ce n’est pas encore fait). Empli de douceur et de tendresse, des personnages attachants et émouvants qui ne se seraient sûrement jamais rencontrés en dehors de cet hôpital. Beau, émouvant et précieux. Les éléments de John Boyne D’une mère en fuite sur une île à un jeune prodige des terrains de football en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes, et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale. Un roman où quatre histoires se font écho les unes aux autres avec une intensité folle ! On retrouve avec plaisir le fabuleux talent du conteur John Boyne qui aborde les thèmes de la violence et de la culpabilité dans une écriture fluide et sensible. Un régal ! Haute-folie de Antoine Wauters « Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n’existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom. » Oh bonheur de retrouver l’écriture sensible et poétique de Antoine Wauters ! Une histoire de famille, d’amour, de recherche d’identité jusqu’à la fuite. Et malgré tout, toujours, une beauté sombre et lumineuse à la fois. Les Mandragores de Marius Degardin Paris, années 80, rue de la Folie-Méricourt, un restaurant italien à l’abandon, l’Amore e Gusto, abrite une fratrie d’orphelins : les Cipriani. Benito, le petit dernier, vient tout juste d’avoir 18 ans. Il aimerait avoir l’assurance et la rage de Primo, la bonté naturelle et la force de Piero, ou encore la révolte de sa sœur, Chiara. Il aimerait leur dire, mais Benito, lui, c’est le silence… Alors, quand ils reçoivent une lettre de leur mère annonçant son retour après dix années d’absence, l’équilibre précaire de la famille bascule dans la nuit. Gros gros coup de cœur ! Il y a tout ce qu’il faut dans ce livre, une écriture spontanée et poétique, un univers noir mais sacrément singulier, des personnages magnifiquement incarnés, bref, un formidable et saisissant premier roman ! Baignades de Andrée A. Michaud Max, sa femme Laurence, et leur fille Charlie viennent d’arriver au camping de Lac aux Oies pour passer de merveilleuses vacances. Mais à peine Charlie est-elle dans l’eau que le responsable du camp lui intime de sortir et de s’habiller décemment. Un autre incident, encore plus traumatisant, va se produire, conduisant Max à quitter les lieux. En pleine nuit, sous l’orage, à bord d’un camping car dont il ne maîtrise pas bien la conduite. Il va prendre la mauvaise direction. Pour le pire… Petit coup de foudre pour ce drame mené tambour battant. On respire à peine tant les événements, les émotions et le fil du récit s’enchaînent et sont criants de vérité. Calamity Jane, un homme comme les autres de Justine Niogret Calamity Jane. Légende de l’Ouest, mythe viril, silhouette dressée entre whisky et poudre. Mais qu’y a-t-il derrière le masque ? Une survivante. Ici, pas d’héroïne, pas de gloire. Seulement une femme à nu. C’est un western crépusculaire. Un requiem pour les légendes. Une main tendue vers celles qu’on n’a jamais écoutées. À travers la figure de Calamity Jane, l’autrice transcende le mythe du héros dans un étrange voyage intérieur et crépusculaire. Une lecture brutale et bouleversante sur ce qui apparaît une fois la légende dépouillée. LA BONNE MÈRE de Mathilda Di Matteo « Certains disent qu’elle est vulgaire. Moi, je dirais qu’elle est solaire. Un soleil de canicule, du genre incendiaire. » Huit cents kilomètres séparent Clara de sa mère, Véro, depuis qu’elle a quitté Marseille. Ce week-end, elle lui présente Raphaël. Un girafon, pense Véro en le voyant. Il l’agace avec son pedigree bourgeois, ses mots compliqués et sa bouche fermée comme une huître. Elle n’aurait jamais dû laisser Clara monter à Paris… Entre la mère et la fille, le fossé culturel s’est creusé et l’arrivée de Raphaël à Marseille va cristalliser les tensions… Sous des airs de comédie burlesque, ce premier roman dépeint une véritable fresque sociale avec gouaille et profondeur. Sarcastique et émouvant à la
Dans la chronique de Bekar – Amir

MUSIQUE Dans la chronique de bekar Amir La première fois, j’ai considéré que c’était un accident de parcours, une exception qui confirme la règle, ce programmateur qui me répondait : « On ne peut pas te programmer avec ce qu’il se passe en ce moment. » Il a fallu que je lui fasse préciser ce qu’il entendait par « ce qu’il se passe » pour que je réalise douloureusement qu’il parlait du conflit israélo-palestinien. Puis, comme les programmations se font faites plus rares, toujours dans le déni, j’ai mis cela sur le compte de la crise de la culture. Ensuite, des organisateurs m’ont demandé, certes un peu gênés, si mon concert était politique ou si j’allais prendre la parole au sujet du conflit israélo-palestinien. D’autres m’ont annoncé que la sécurité allait être renforcée avant d’envisager l’annulation du concert. Et enfin, il m’a été demandé de ne chanter que les chansons en langue française, donc pas celles en yiddish (ce que j’ai refusé de faire ; et le concert a eu lieu). Pendant ce temps, j’ai vu que, pour d’autres artistes que j’écoute, il y a eu des déprogrammations ou des refus de programmation en lien avec la langue chantée ou leurs origines (Oi Va Voi, Noga Erez…). J’ai ouvert les yeux dans la douleur. Maintenant, je me prépare à vivre dans cette atmosphère fétide où l’artistique est contaminé par le politique dans son expression la plus triste. Pourtant, l’artiste fait de la politique dans une dimension tellement douce et humaine : au travers des émotions qu’il ressent et partage, dans un mouvement salutaire. Une magie humaine passe et nous rassemble, nous transcende, dans l’écrin d’une chanson. C’est ce qu’a fait Amir avec son ami Nazim Khaled, avec « En face ». C’est ce qui s’est passé avec moi, sur scène, à Aniane ce mois de juin 2025, avec nos amis de « l’orchestre BTP » invités à partager la scène, ensemble. Facebook de l’orchestre BTP | www.bekar.fr Clip “En face” : youtube.com/watch?v=OqxUCcQZDQU Bekar No posts found!
Faut-il continuer à mépriser Jul ?

PHILOSOPHIE Faut-il continuer à mépriser Jul ? Pendant quinze ans Jul fut le client parfait pour que je puisse le mépriser et ainsi montrer mon bon goût musical : enfant des quartiers nord de Marseille, parlant un français avec un vocabulaire assez pauvre et rempli de fautes, il chantait en auto-tune (c’est-à-dire qu’un ordinateur modifiait sa voix pour éviter d’entendre les fausses notes) sur une musique rap loin de mes valeurs auditives. Mes élèves, pendant ces quinze années, se sont moqués ouvertement de lui (tout en l’écoutant secrètement !). Tout allait bien. J’avais de bons points de repère : un lycéen faisait le signe de Jul avec ses deux mains et ponctuait ses phrases avec le fameux « wesh », je pouvais alors sans regret le classer dans la catégorie des mauvais élèves. Les choses étaient claires. Jul allait disparaître dans les limbes de l’industrie musicale, remplacé par un autre crétin commercial dans le cœur de nos adolescents. Oui mais voilà, cela ne s’est pas passé exactement comme ça. Jul, gamin loin des réseaux parisiens, a produit seul sa musique et au fil des albums il a construit un son reconnaissable entre tous. Peut-être pas le génie musical du siècle, mais on ne saurait dire si ses chansons vieilliront bien ou pas. Et surtout il a réussi un exploit qui a attiré mon attention : réunir cent mille personnes au stade de France, permettant à ceux qui aiment l’écouter de communier ensemble dans une immense fête. Maintenant les premiers fans sont des jeunes adultes et ils assument de plus en plus leurs goûts musicaux. Bien entendu Jul n’est pas le premier artiste à remplir un stade, loin de là, car l’ère de la culture de masse a débuté il y a soixante ans lorsque, au mois d’août 1965, The Beatles ont réuni à New-York des dizaines de milliers de jeunes qui n’entendaient rien mais qui savaient qu’ils ne regretteraient jamais d’être venus. Spectacle de masse pour une société de masse, en opposition avec les élites qui regardent avec mépris ce qui leur apparaît comme une forme de décadence, elles qui estiment avoir le monopole du bon goût, alors qu’ils sont souvent les pires philistins. Philistin ? Qu’est-ce que ce terme ? Un peu de suspens la définition arrivera un peu plus tard. Avant cela, présentons notre philosophe : Hannah Arendt, philosophe d’origine allemande décédée en 1975, autrice majeure aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, utilisa ce concept dans un célèbre article, La Crise de la culture, écrit en 1961, où elle analyse l’évolution et la place de la culture dans nos sociétés modernes. 1961, la date ne peut pas être hasardeuse : le rock s’était développé pleinement avec des chanteurs comme Elvis, et une nouvelle cible de la société de consommation s’affirmait de plus en plus : la jeunesse ! Jeunesse qui allait devenir un véritable moteur de l’industrie de la musique et du cinéma. Du divertissement et du loisir en d’autres mots. Culture, masse, philistin, industrie, loisir, divertissement ? Cela nous fait beaucoup de termes bien différents les uns des autres, mais qu’on a du mal à distinguer clairement. Définissons donc tout cela, en suivant notre guide, Hannah Arendt. Tout d’abord la philosophe distingue la culture de la création d’œuvre d’art. L’art est une réalité indépendante de toute considération sociale et politique. L’art vise la création d’œuvres esthétiques, belles ou laides – car on peut tout à fait concevoir la laideur comme une forme d’esthétique, et l’artiste est totalement indépendant des considérations et des attentes de la société dans laquelle il vit ; même si bien entendu il peut intervenir au cœur des préoccupations de ses contemporains, soit pour signifier un acte politique, soit pour soutenir le pouvoir en place, soit tout simplement pour divertir son public. Mais son œuvre d’art, elle, est une fin en soi, c’est-à-dire qu’elle n’a pas à justifier son existence par une quelconque utilité. L’œuvre d’art est une réalité qui se suffit à elle-même. Certes parfois elle peut avoir un retentissement extraordinaire dans la société, mais même si ce n’est pas le cas, même si elle indiffère les contemporains de l’artiste ou si elle crée un scandale lorsqu’elle est présentée au public, peu importe car ce n’est pas là que réside son essence. Les œuvres d’art ne participent pas aux principes vitaux, dans le sens où elles ne servent pas à nous nourrir, nous loger ou nous reproduire. Elles ne sont donc pas des créations humaines pour répondre à nos besoins. Les œuvres ont un caractère durable, parfois vieilles de plusieurs siècles et elles échappent à la consommation. Un simple objet est une chose alors que les œuvres d’art sont des réalités mondaines, explique Hannah Arendt, c’est-à-dire qu’elles ont surgi dans le monde et y persistent. Nous les rencontrons lorsque nous allons dans un musée, dans un cinéma ou une salle de spectacle, et ce même si notre vie n’en dépend pas. Les œuvres d’art, de tout temps, sont des créations humaines à part parmi tous les autres artefacts. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que nous vivons désormais dans une société de masse : auparavant elle était restreinte à quelques classes de la population, appelées élites et il était facile de se définir en dehors de la société : les prolétaires, les paysans, etc. étaient considérés comme en dehors de la société et à ce titre ils n’étaient pas tenus de suivre les diktats de cette société. Il se dégageait pour eux une forme d’exclusion mais aussi – conséquence paradoxale – une forme de liberté car on ne tenait pas compte d’eux. Aujourd’hui toutes les classes d’individus ont été intégrées à la société, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Mais du coup l’individu n’appartient plus à une couche sociale en opposition avec le reste de la société. Il appartient à la société de masse. Seul l’artiste peut encore se construire contre la société. Et force est de reconnaître que c’est ce que fit Jul lors de ses premières années musicales : personne ne le soutenait, tout le monde le méprisait. Il a réussi à forger un style qui lui est propre, en transgressant toutes les règles, y compris celle de la
Les discrètes – rêves de tortues marines

Littérature Les discrètes rêves de tortues marines ©Bénédicte Martin Il y a des livres dont le titre vous interpelle tout de suite, et parfois parce qu’il est à contre-courant du monde, intempestif. Alors que nous changeons de Premier ministre comme de chemise, alors que le clash et le buzz deviennent des modes de communication majeurs, voilà un livre étonnant : Les discrètes, rêves de tortues marines aux éditions Actes Sud, collection « Mondes Sauvages ». Quel contre-pied aux tensions qui parcourent nos sociétés ! Consacrer tout un récit, écrit patiemment pendant deux ans, à ces animaux, voilà une gageure et un projet prometteur, car ces tortues marines sont presque légendaires, et ce pour deux raisons : observables uniquement lorsqu’elles viennent pondre sur des plages précises, et parce que, comme tout le monde, on fond lorsqu’on voit les petits sortir de leurs œufs pour rejoindre les premières vagues. Capables de parcourir des milliers de kilomètres en traversant tous les océans de la planète, les tortues existent depuis 250 millions d’années ! Elles ont survécu à cinq extinctions de masse et au règne des dinosaures. Et pourtant, longtemps la science n’eut que peu de connaissances vérifiées sur elles. Leurs métabolismes et leurs besoins, leur sens de l’orientation et leurs choix de plages pour leurs pontes sont des questions auxquelles les scientifiques n’ont toujours pas répondu. Certes aujourd’hui, grâce aux balises Argos et aux caméras posées sur leur dos, on peut les suivre pendant leurs apnées qui peuvent durer 10 heures, jusqu’à plus de 1 200 m de profondeur, mais pour autant, on ne sait pas tout, loin de là, sur les raisons qui les animent dans leurs grandes migrations. C’est un livre agréable aussi, car il nous fait voyager à travers le monde entier, du Costa Rica au Japon, d’Halifax aux Caraïbes C’est un livre agréable aussi, car il nous fait voyager à travers le monde entier, du Costa Rica au Japon, d’Halifax aux Caraïbes avec les tortues luth, que l’on retrouve aux confins de l’océan Indien et du Pacifique dans les îles Kei en Indonésie, ou bien en mer Méditerranée. Nous plongeons avec David Grémillet, ce spécialiste qui parcourt le monde, mais pas uniquement pour son plaisir. Ce livre est aussi un livre d’alerte, un livre d’engagement : dans de nombreux endroits, les populations sont en danger, à cause de la surpêche et du désintérêt pour les tortues. Mais alors qu’on pourrait s’attendre à un pamphlet contre l’inhumanité de nos congénères (ce que cet ouvrage est en partie), nous pouvons aussi y lire un message positif : il existe partout dans le monde un militantisme pour sauver les tortues, en changeant les pratiques et les traditions, en éveillant l’attention de chacun sur les dangers qui guettent de plus en plus les tortues. La silencieuse Greta, tortue hémiplégique à la suite d’accidents avec les filets de pêche, est soignée en Sicile. Halifax, sur la côte canadienne, voit les scientifiques travailler avec les pêcheurs pour compter les populations et les filmer. Les anciens harponneurs indonésiens retrouvent leur respect pour ces animaux qui peuplaient leurs grands mythes fondateurs. Ce livre est donc un livre d’espoir : avec de l’éducation, de l’information, du partage, les êtres humains sont capables d’autre chose que la simple consommation/destruction. Nous pouvons constater que WWF n’est pas uniquement une ONG dominée par les polémiques, mais qu’au quotidien ses membres se soucient du milieu naturel et de ses habitants. C’est beau de voir ces individus consacrer leur vie à l’étude de ces ovipares primitifs au lieu de faire la guerre, presque prêts à sacrifier leur intégrité physique pour protéger des tortues. Il ne s’agit pas d’un combat pour des territoires, considérant que faire couler le sang est moins important que gagner des dollars. Non, les personnages que vous allez rencontrer dans cet ouvrage, et dont l’auteur a le talent d’en dresser un portrait sensible, sont des pacifistes qui utilisent leur intelligence pour permettre au monde vivant une nouvelle alliance, là où les êtres humains deviendraient les protecteurs de la biodiversité. Certes, certains diront – et il me semble avoir lu cela dans le livre – que ce n’est qu’une goutte dans l’océan, mais sauver un seul individu devient parfois vital pour toute une espèce. Lire ce livre est donc aussi un acte militant. Militez pour la survie des tortues marines ! Car beaucoup de grands mythes de l’humanité donnent à cet animal un rôle central : la tortue-monde qui soutient notre planète et parcourt la Voie lactée à grands coups de nageoires avec quatre éléphants sur son dos. Oh certes, ce n’est qu’une légende. Ces récits antédiluviens ne devraient pas nous intéresser, mais depuis Platon, nous savons qu’il n’en est rien : le mythe a autant de significations que le discours rationnel, surtout quand il semble universel, présent chez les Mayas, les Indonésiens ou les hindous. Il nous dit quelque chose de notre rapport au monde vivant, à cette nouvelle alliance, comme ce nom de la collection d’Actes Sud, mais aussi incontestablement le symbole d’une urgence que plus personne ne conteste. N’hésitez donc pas un instant : lisez ce bel ouvrage, et vous serez peut-être un peu plus en connexion avec le monde naturel. 272 pagesÉditeur : Actes SudParution : septembre 2025ISBN : 978 233 020 9520 Christophe Gallique No posts found!
Donkey Kong Bananza

Jeux Vidéo Donkey Kong Bananza Développé par Nintendo.Paru en juillet 2025 sur Nintendo Switch 2.Genres : Plateformes, Aventure, Bac à sable. Déconseillé aux moins de 7 ans. Rappelez-vous, dans le numéro du mag précédent (199), je vous ai donné un bref aperçu : attentes élevées et bande-annonce prometteuse ! Mais que vaut vraiment ce Donkey Kong Bananza manette en main ? Laissez-moi vous mettre dans l’ambiance du tout début du jeu, afin de vous expliquer les bases du gameplay. L’écran est noir. Pour se lancer dans l’aventure, il suffit d’appuyer sur le bouton Y pour briser un peu la roche, à l’origine de cette couleur. Encore plusieurs pressions successives et voilà qu’elle explose en éclats, révélant Donkey Kong sous un nouveau jour. Son aspect visuel a été entièrement retravaillé, comme le montrait les bandes-annonces. Souriant, impulsif, drôle et j’en passe : Donkey Kong est expressif comme jamais. Et l’émerveillement ne s’arrête pas au look de DK : bien que dans une mine d’or souterraine, l’environnement reste lumineux ! C’est avec sa prudence de gorille que DK progresse dans cette cavité creusée à la force de ses poings. Trois boutons sur la manette, trois commandes. Frapper en haut, frapper en bas, frapper devant. Combinées aux sauts et aux déplacements, ces trois commandes forment le cœur du gameplay, mais j’en reviens à mon histoire. Un peu plus tard, DK rencontre sa future partenaire d’aventure, une jeune fille nommée Pauline. Âgée de 13 ans, elle est envoyée de force, depuis la surface dans le Monde Souterrain de Donkey Kong, par le grand méchant Void Kong et sa Void Company. Alors direction le Cœur de la planète pour faire regagner la surface à Pauline, grâce au pouvoir de la Veine de Banandium se trouvant là-bas (oui, c’est logique !). DK et Pauline quittent alors la strate souterraine de la mine et l’aventure commence vraiment. Les décors s’enchainent sans voir le temps passer ! Et pour cause, tout dans ce jeu est ultra dynamique. DK peut se frayer un chemin comme il le souhaite, que ce soit en arrachant une partie du sol, du mur ou du plafond pour dégommer un monstre, faire du surf ou esquiver un morceau de lave… tout s’enchaine ! Il faut dire que comme DK peut sauter, frapper, creuser, escalader, arracher, lancer et ce, avec a peu près tous les éléments du jeu, les possibilités sont grandes. D’autant que les propriétés de chaque terrain sont différentes (la roche est dure, la terre est collante, la glace est glissante etc.). Une progression continue, sans accroc, tant Donkey Kong se manie avec facilité. Visuellement aussi, c’est réussi. Les environnements sont nombreux et variés grâce à des tonalités atypiques, vives et contrastées, constamment renforcées par des effets visuels partout, tout le temps. C’est tellement explosif que ça endevient jouissif. Mais ce n’est pas tout. La complicité des deux personnages principaux (DK et Pauline) se ressent à tout moment, à la fois dans les cinématiques mais aussi en jeu. Chaque petite interaction est travaillée, les animations sont détaillées, mignonnes par moment, graves par d’autre, ce sont des détails parfois qui ajoutent du relief à leur relation. C’est un duo qui fonctionne tout le long de l’aventure. Et quelle aventure ! Le vent de fraicheur apporté par ce DK Bananza ne s’arrête pas à l’aspect visuel ou à la maniabilité du personnage. Loin de là. Il rebat aussi les cartes de ce qui fait le jeu de plateforme en 3D. Avec une construction de chaque strate intelligente, ce qui aurait pu être seulement un jeu de destruction massive et de mashage1 de boutons, devient une nouvelle référence du jeu de plateforme. Chaque niveau fourmille d’éléments distincts à récupérer, de petits secrets à découvrir et de défis à relever. Si l’objectif premier est de récupérer de gigantesques Bananes, afin de renforcer les multiples pouvoirs et compétences de DK et lui permettre de progresser dans les strates inférieures, le reste des missions n’est pas à négliger. Or, morceaux de bananes, fossiles, coffres au trésor, défis secrets et puzzles cachés sont très nombreux et permettent de rendre la destruction du terrain encore plus agréable, à la fois en récompensant le joueur de nouvelles “monnaie” (les fossiles notamment permettent entre autres d’acquérir de nouvelle tenues pour Pauline et changer les couleurs du pelage de DK) mais aussi en proposant d’autres défis à relever et varier les choses à faire. Enfin, dernier élément central de ce Donkey Kong Bananza : la musique. Généralement une composante importante du jeu vidéo, la musique de ce jeu l’est encore plus, car elle joue également une part importante dans son scénario. En effet, le chant de Pauline permet à DK d’éveiller de nouveaux pouvoirs, offrant de nouvelles capacités uniques et temporaires, renforçant les options de déplacement et de combat ce qui rend les personnages encore plus plaisant à manier. Les musiques de ces transformations sont de très bonne qualité, je les fredonnes encore, et sont à la hauteur des autres mélodies, originales ou remixées des précédents jeux de la série, assumant le côté nostalgique que peuvent avoir certains morceaux vieux de bientôt 45 ans. C’est avec enthousiasme que j’ai parcouru toutes les strates du jeu, durant plus de vingt heures, avant de venir à bout de ce DK (et il m’en faudrait autant pour récolter l’intégralité des éléments du jeu). Une réussite sans appel pour ce jeu aux aspects et commandes simplistes, qui sait par endroit rehausser la barre de difficultés en offrant des défis plus exigeants et moins permissifs. Mention spéciale à la section finale du jeu – dont je ne révèle pas le contenu – qui apporte un vrai moment d’anthologie et de mise en scène spectaculaire. Après 11 ans d’attente, Donkey Kong revient en très grande force pour tout fracasser littéralement ! P.S. : Entre temps Nintendo à publié un contenu additionnel payant ajoutant un nouvel environnement inspiré des précédents opus de Donkey Kong (son île) et un nouveau mode de jeu permettant une rejouabilité supplémentaire. Le but est de collecter un maximum d’émeraudes dans le temps imparti, tout en renforçant temporairement les compétences de
Sucré / Salé – 200

Sucré Gâteau chocolat, pistaches et avocat Temps de préparation : 20 min Temps de cuisson : 30 min Ingrédients pour 8 personnes • 200 g de chocolat noir • 100 g d’avocats • 100 g de pistaches non salées • 4 œufs • 4 càs de fécule de maïs • 140 g de sucre en poudre • 1 càc de cacao en poudre • 1 càs de poudre d’amandes• 1 sachet de levure chimique• 1 pincée de sel Mélanger la levure, la fécule, le sel, le cacao en poudre, le sucre en poudre et la poudre d’amandes dans un saladier. Faire fondre le chocolat coupé en morceaux au bain-marie. Ajouter les œufs, le chocolat fondu et la purée d’avocats à la préparation puis bien mélanger jusqu’à obtenir une pâte homogène. Beurrer un moule à gâteau et verser la préparation. Enfourner à 180°C pendant environ 30 minutes. Laisser tiédir à la sortie du four puis démouler. Enfin, parsemer de pistaches hachées le gâteau. C’est prêt ! MILLE-FEUILLE AU SAUMON FUMÉ ET AU MASCARPONE Salé Temps de préparation : 20 min Ingrédients pour 4 personnes • 4 tranches de saumon fumé• 1 citron pressé• 250 g de mascarpone• Sel et poivre• Quelques brins de ciboulette Mélanger le mascarpone avec le jus de citron dans un saladier. Saler, poivrer et saupoudrer de ciboulette. Mélanger de nouveau. Couper le saumon en tranches régulières. Poser une tranche et la garnir du mélange mascarpone. Recouvrir d’une deuxième tranche de saumon. Répéter l’opération deux ou trois fois. Laisser reposer au réfrigérateur quelques minutes et servir rapidement.
