Comment la vérité s’impose en science

PHILOSOPHIE Comment la vérité s’impose en science La réussite des inepties de Descartes La réussite des inepties de Descartes La pandémie de la covid a eu une conséquence étonnante : nous avons vu la communauté scientifique polémiquer, s’opposer sur des résultats et se déchirer sur la définition de la science elle-même. Nos fûmes même parfois un peu perdus car on nous avait appris à attendre de ces vénérables autorités l’idée que la vérité était une et indestructible. Mais au lieu de cela nous avons assisté à des batailles de chiffonniers, les uns pour un traitement α, les autres pour un confinement strict et un vaccin venant de tel pays ou tel autre en fonction de leurs orientations politiques. Tous criant bien fort que si l’autre n’était pas d’accord, c’était parce qu’il était l’idiot utile de forces financières et/ou d’enjeux politiques obscurs et puissants. Il est très difficile pour un témoin qui n’a aucune qualification de pouvoir dire qui avait raison et qui avait tort. L’enchaînement des événements qui se faisait au rythme des médias nous empêchait d’être sûr, et pourtant… ils furent l’occasion de prise de position définitive et intolérantes : il fallait être pour ou contre. Pour ou contre la chloroquine. Pour ou contre le vaccin, etc… Certes c’était logique car la vérité ne peut qu’être une : soit le vaccin est une solution, soit il ne l’est pas ; soit cette pandémie fut un grave danger pour l’humanité soit elle n’était qu’un épisode isolé dans les péripéties des maladies. Perdus, nous pouvions être la cible de discours politiques et complotistes qui utilisaient ces histoires pour soutenir une vision de la société qui n’a rien à voir avec la science. Mais comment faire lorsque tous les protagonistes qui se déchiraient se réclamaient de la médecine et de la science ? Serait-ce possible que certains auraient pu dire des inepties considérées comme des vérités car ils étaient soutenus par des forces sociales puissantes ? Attention, cette chronique n’est pas complotiste, car ceux qui crient au complot et qui veulent dénoncer la dimensions nocive des vaccins -par exemple -, ont eux aussi un écho dans les divers médias parce qu’ils représentent des forces contemporaines présentes dans la société. Ils ne sont pas des martyrs qui risquent chaque jour leur vie, mais des porte-paroles. De quoi ? Pour pouvoir jouer le rôle de philosophe sceptique que préconisait l’écossais David Hume, nous allons prendre du recul et nous plonger dans l’histoire de la science pour voir ce qui permet à certaines théories d’apparaître comme la vérité à un moment donné de l’histoire. Je vais prendre l’exemple d’un des plus grands penseurs français, Descartes (1596-1650), dont le célèbre « Je pense donc je suis » sonne comme un monument de la philosophie. Son nom a donné un qualificatif en français, un esprit « cartésien » étant synonyme de rigueur et de rationalité. Et pourtant il fut l’auteur de vraies inepties scientifiques qui paradoxalement lui assurèrent un succès et la reconnaissance des plus grands intellectuels de son époque. Descartes se considérait même comme le plus grand scientifique alors qu’aucun scientifique n’oserait aujourd’hui se référer à son astronomie et sa théorie des tourbillons. Pourquoi a-t-il eu un tel succès tout en étant en décalage avec les progrès scientifiques de ses contemporains, Galilée, Pascal, et bien entendu Newton ? Pourquoi Descartes, qui était en contact avec ces scientifiques, ne les a-t-il pas rejoint dans leurs démarches ? Il s’est enfermé dans des certitudes qui ne lui ont pas permis, entre autres, de comprendre la loi de la gravité en gestation à son époque. « Descartes, inutile et incertain » proclamait B. Pascal1 ; et pourtant Descartes reste le symbole de la rigueur scientifique depuis quatre cent ans! Pourquoi un tel décalage ? L’hypothèse que je voudrais défendre dans cette chronique, c’est que sa célébrité au XVIIème se fonda sur son opposition à un autre mouvement intellectuel majeur de son époque, les magiciens. Descartes fut célèbre et domina sur le plan intellectuel son siècle, car il permit à L’Église de défendre le reste d’autorité qui lui restait à l’aube de l’époque moderne, en fondant une physique mécanique qui était compatible avec les dogmes chrétiens et la Bible. La recherche de la vérité scientifique va apparaître, à travers cet exemple de rivalité, non pas comme un simple chemin pour trouver des réponses face aux mystères de la nature, mais comme un rapport de force, presque une joute politique entre plusieurs doctrines scientifico-idéologiques. Pour comprendre cela, il faut faire le point sur l’état de la science au tout début du XVIIème siècle, et redécouvrir le rôle la magie dans la dynamique qui nous sortit du Moyen-Age. Oui j’insiste sur cette idée majeure : La science moderne est née en partie de la magie ! C’est une histoire surprenante et méconnue. Elle va se jouer en trois actes : Tout d’abord la lente agonie intellectuelle de la scolastique. Héritage du Moyen Age, la scolastique était le nom donné à la science officielle de la Renaissance. Elle était dépassée de toute part sur le plan scientifique mais gardait un énorme pouvoir social et politique coercitif. Les différents procès et en particulier ceux intentés à Galilée vers 1630 le montrèrent très bien. La scolastique puisait ce pouvoir de l’Église, mais aussi de siècles de certitudes. L’homme du Moyen Age était plutôt sur le plan intellectuel heureux : il se pensait au centre du Cosmos (la théorie du géocentrisme faisait de la Terre le centre immobile de tout, et autour duquel tournait le Soleil) et que tout avait été créé par Dieu pour lui. Ce qu’on appelait la science à cette époque était pour l’essentiel le commentaire des travaux d’Aristote pour la physique, d’Euclide pour les mathématiques et Galien pour la médecine. La plupart des savants se référait donc aux textes de l’Antiquité, les utilisant comme argument d’autorité. Les grands intellectuels étaient pour l’essentiel des hommes d’Église qui avaient pour modèle Saint Thomas d’Aquin qui au XIIIème siècle avait cherché la conciliation de la foi chrétienne et de la science grecque. Mais au XVIème siècle, avec la Renaissance, la scolastique
Sucré / Salé – 187

Sucré Mousse aux framboises Temps de préparation : 30 minTemps de repos : au moins 6hIngrédients pour 4 personnes • 100 g de sucre• 15 cl de crème fraîche semi-épaisse• 2 c-à-s de lait• 2 œufs• 500 g de framboises• 3 feuilles de gélatine Réduire les framboises en purée et les mélanger dans une casserole à feu doux avec le sucre. Faire ramollir la gélatine dans un bol d’eau froide. Retirer la purée de framboises tiède, avant ébullition. Mettre la gélatine essorée à fondre dans la purée de framboises. Laisser refroidir complètement. Fouetter la crème bien froide avec le lait afin d’obtenir une consistance assez épaisse. Ajouter le mélange à la purée de framboises. Monter les blancs en neige et incorporer-les délicatement à la préparation. Verser dans des ramequins et laisser reposer au moins 6 heures au réfrigérateur. Bon appétit ! Quiche aux fruits de mer Salé Temps de préparation : 15 minTemps de cuisson : 20 minIngrédients pour 4 personnes • 200 g de champignons• 500 g de crème fraîche• 3 œufs• 300 g de fruits de mer (crevettes, pétoncles, moules…)• 1 pâte feuilletée• Curry, poivre, sel• Huile d’olive Dans une sauteuse couverte, faire revenir pendant 5 minutes environ, à feu doux, les fruits de mer et les champignons dans l’huile d’olive, puis 5 à 10 minutes sans couvercle et à feu plus vif pour évaporer l’eau. Dans une jatte, mélanger la crème et les œufs avec le sel, le poivre et le curry selon vos goûts. Disposer le mélange fruits de mer/champignons sur le fond de la pâte dans un moule à tarte et verser la crème par dessus. Si possible, ajouter un peu de fromage râpé à la surface. Enfourner 20 min à 210° C (thermostat 7), en bas du four pour que la pâte soit bien cuite. C’est prêt !
L’idée Livres 187

Littérature Un si joli nulle part De Alexis Schaitkin Hiver 1995. Richard et Ellen Thomas, accompagnés de leurs filles de dix-huit et sept ans, Alison et Claire, partent pour des vacances de rêve dans les Caraïbes. La famille Thomas arrive à quatre. Une semaine plus tard, c’est à trois qu’ils quittent ce si joli nulle part… Une maîtrise remarquable pour un premier roman. Construit comme un thriller, on découvre page après page le bouleversement que va vivre une famille venue passer des vacances au bout du monde. Comment la quête de vérité va programmer la vie d’une femme, comment la part de mystère vécue va venir tricoter son histoire, l’embellir voire la sublimer… Une montée en puissance progressive et parfaitement dosée dans ce drame raconté avec finesse, sensibilité et perspicacité par cette jeune auteure à suivre assurément. Cette nuit qui m’a donné le jour de Frédéric Perrot Étienne est dévasté par la mort de son père. Un père qui était un exemple pour lui et formait avec sa mère un couple modèle. Depuis trente ans, le jeune homme n’a jamais douté de leur amour réciproque ni de leur fidélité. Un deuxième roman tout aussi prometteur que son premier. Une belle écriture, simple, efficace et touchante. Pas de thriller cette fois mais un drame. Un jeune homme va réécrire l’histoire de sa vie lorsqu’à la mort de son père il apprend que celui-ci avait une liaison extra conjugale pendant des années… avec un homme. Exit le modèle du couple parental parfait, exit l’image d’Épinal étouffante. On découvre avec lui la vie de son père et son amour impossible, ses secrets, ses questionnements, sa femme et son fils avec qui il a choisi finalement de rester. D’une façon sensible et attachante, on suit cette histoire qui ne ressemble à aucune autre et qui pourtant n’a rien d’extraordinaire. À part peut-être cette poésie, cette folie et surtout cet optimiste, ce bonheur à tout prix qui en émanent. Beastars de Paru ITAGAKI Point de départ d’une intrigue prenante, l’institut Cherryton où herbivores et carnivores vivent dans une harmonie “de façade”. La consommation de viande y est strictement interdite et les dortoirs sont séparés en fonction des régimes alimentaires. Mais pour des animaux anthropomorphiques, l’instinct est souvent primaire et le drame n’est pas loin. Si l’histoire débute par le meurtre d’un alpaga mettant en effervescence tout le lycée, le reste de l’histoire se concentre sur les relations de Legoshi, un hybride de loup et de varan de Komodo aussi mortel que profondément gentil. Mal à l’aise dans son corps d’ultra prédateur, il tombe amoureux d’une lapine naine qui lui arrive au genou. Entre amitiés improbables, amours impossibles et quête utopique d’égalité, Beastars se laisse lire sans difficulté une fois plongé dans son univers, ce qui m’a pris un peu de temps. La réelle critique de la société et de ses vices cachés exposée dans ce manga prendra fin en juin prochain dans l’ultime volume de cette série. Le Lac de nulle part de Pete Fromm Cela fait bientôt deux ans que Trig et Al, n’ont plus de contact avec leur père. Et voilà qu’il réapparaît dans leur vie et réclame “une dernière aventure”. Beaucoup aimé. L’histoire de deux jumeaux de 27 ans qui partent avec leur père en canoë sur des lacs au Canada pour raviver leurs souvenirs d’enfance, leurs petits moments de bonheurs… Et puis, tout dérape, le père semble perdu, psychologiquement et physiquement. Une nuit, il disparaît et laisse ses enfants seuls alors que la neige tombe sans interruption et que la glace les emprisonnent. S’ensuit une épopée épique et une survie de chaque instant. Une relecture de leur histoire, des révélations, beaucoup d’amour et de tendresse, une très belle relation entre le frère et la sœur. On est passionné par ce récit réaliste et émouvant. Pete Fromm au meilleur de sa forme. L’âge d’eau de Benjamin Flao Nous sommes en France, l’eau est montée et il n’y aura pas de décrue. Face à ce nouveau phénomène, beaucoup de populations sont déplacées et survivent comme elles peuvent sur les terres émergées ou apprennent “à flotter”. Un texte d’une grande force qui accompagne un trait d’apparence grossière mais qui s’harmonisent magnifiquement. Surtout les quelques planches de peinture qui émaillent la bd, superbes. Des personnages hauts en couleurs et terriblement attachants dans ce monde post apocalyptique. Une belle réflexion sur la liberté face à la peur et la sécurité. Un petit bémol cependant avec les élucubrations du fameux chien bleu qui laissent dubitatif…On attend la suite avec impatience… REINE ROUGE De Juan Gómez-Jurado Antonia Scott est spéciale. Très spéciale. Elle n’est ni flic ni criminologue. Elle n’a jamais porté d’arme ni d’insigne, et pourtant, elle a résolu des dizaines d’affaires criminelles. Avant de tout arrêter. Premier tome d’une trilogie annoncée. On se laisse embarquer avec beaucoup de plaisir dans cette sombre aventure madrilène. Jon, un flic homo et costaud (mais pas gros, comme nous le précise l’auteur), fait la connaissance de Antonia Scott. Cette dernière a subi des expériences (louches) pour devenir encore plus douée qu’elle ne l’était. Alors qu’elle travaillait dans l’ombre pour le gouvernement, elle décide de tout plaquer suite à un drame personnel. Jon la persuade de reprendre le flambeau pour débusquer un certain Ezequiel qui enlève et tue des jeunes (tous enfants de personnes très riches). Le duo fonctionne à merveille, suspens et humour sont au rendez-vous pour notre plus grand plaisir. Ma belle de Camille Anseaume L’histoire d’une femme qui est amoureuse d’un homme séparé de son ex (une femme sublime) et a la garde alternée de sa fille de 7 ans, Blanche tout aussi sublime. Louise devient alors LA Belle mère, et l’enfer commence. Avec originalité et dérision (le récit est émaillé de remarques percutantes sur les contes de fées), l’auteure nous interroge sur ce qui se joue dans les familles et dans la société. Les non dits, les dénis, sur la difficulté d’être une belle mère. La place des femmes, des filles, leurs rôles, leurs obligations d’être belles à
Little Green Fairy

MUSIQUE LITTLE GREEN FAIRY (Garage rock’n’roll / Sète) Formation Rauky (guitare / chant) Shap (guitare) Guillaume (basse) Pippo (batterie) Discographie Green Feedback On You!!! (2002) Burn Witch Burn (2004) Stuck Out Of Time (2010) A Lighthouse In The Darkness (2013) A Thousand Endless Nights (2018) Games, sex and life (2021) Crédit photo © Sandra di Chiappari Plus de vingt ans après ses débuts, la Petite Fée Verte sétoise revient dans les télex avec un vinyle partagé avec ses frères de sang The Sonic Preachers, parfaite occasion pour une petit entretien avec l’inamovible Rauky ! C le Mag : Bonjour Rauky ! Même si on met de côté ton imposant cursus au sein de l’underground sétois, on peut dire que Little Green Fairy est un de ces groupes les plus anciens encore en activité, la démo remontant à quelque chose comme vingt-et-un ans. Cinq albums ont suivi malgré les changements de line-up, quel est le carburant pour continuer contre vents et marées, particulièrement en cette période maussade ? Rauky : Le Rock’n’Roll est comme une drogue, c’est carrément vital pour moi, je n’imagine pas ma vie sans jouer. De plus concernant la situation actuelle, c’est souvent lorsqu’on est acculé que l’on réagit le plus violemment, il faut toujours se méfier des animaux blessés (rires) ! ClM : La principale actualité du groupe est la sortie du splendide split LP avec The Sonic Preachers, peux-tu nous parler de l’enregistrement avec Chris Bailey ? Qui a eu l’idée de la reprise du Cure (A Forest) ? R : On projetait d’enregistrer avec Rob Younger mais il vit à Sydney ! Et puis un jour je feuilletais un fanzine où Rob disait que Chris Bailey était un producteur trop sous-estimé. Mais bien sûr ! Je le connais, il habite à Amsterdam depuis trente ans et il a dit oui de suite ! On a passé quatre jours de folie, très studieux et fêtards à la fois. Chris est une belle personne, il n’est pas trop directif et a de bonnes idées d’arrangements, le bonheur en somme ! Quant à la reprise, l’idée de base vient de Marco l’ex-guitariste après une jam nocturne… ClM : Des compositions ont-elles vu le jour pendant les jours sombres loin des planches ? R : Carrément, nous entrons en studio, toujours à la “Butte Ronde” pour enregistrer un nouvel album ! Car nous n’avons encore rien enregistré avec Pippo notre nouveau batteur, il me tarde, nous avons vraiment de la matière, les mois de confinement on été très prolifiques sur ce point-là ! ClM : On serait curieux de savoir comment un morceau est construit chez LGF et quels sont les sujets que vous vous interdiriez d’aborder… En effet la Fairy a un langage cru, une attitude furieusement rebelle, que pense-t-elle du monde qui l’entoure ? R : Cela dépend : soit nous partons d’un riff et construisons autour, ou bien l’un de nous arrive avec un morceau (souvent Shap) pratiquement terminé. Quant aux paroles, elles sont en général sombres et désabusées et permettent plusieurs interprétations. Le thème principal reste la dualité Bien/Mal qui existe en chaque être humain, l’ombre et la lumière qui sont pour moi indissociables… Il n’y a jamais de paroles engagées politiquement, ce n’est pas mon truc ! ClM : Cruciaux pour un groupe, les concerts permettent de se libérer, de vendre quelques disques, d’aller à la rencontre du public, comment vivez-vous l’incertitude de pouvoir vous produire régulièrement ? Des dates sont-elles en négociation ? R : Ce n’est pas vraiment évident de ne pas pouvoir se projeter dans le futur, c’est un moteur essentiel dans le fonctionnement de l’être humain donc forcément nous ressentons une certaine frustration… Notre chance est que lors du confinement, Guillaume et Pippo sont arrivés et cela nous a permis d’avoir plus de temps pour bosser avec la nouvelle formation. Apparemment les concerts reprennent, nous avons une dizaine de dates à partir du mois d’avril, d’autres sont en pourparler, wait and see ! Retrouvez le groupe Little Green Fairy sur internet : https://littlegreenfairy.bandcamp.com/ Ged
En corps

Cinéma EN corps Film de Cédric Klapisch (France) Avec Marion Barbeau, Hofesh Shechter, Pio Marmaï, François Civil… Genre : Comédie dramatique – Durée : 1 h 57 – En salles le 30 mars 2022 Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Elle se blesse pendant un spectacle et apprend qu’elle ne pourra plus danser. Dès lors sa vie va être bouleversée, Elise va devoir apprendre à se réparer… Entre Paris et la Bretagne, au gré des rencontres et des expériences, des déceptions et des espoirs, Elise va se rapprocher d’une compagnie de danse contemporaine. Cette nouvelle façon de danser va lui permettre de retrouver un nouvel élan et aussi une nouvelle façon de vivre. Gilets jaunes, Covid, Ukraine, etc. etc. etc… 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 ? Que du bonheur ! Alors quand tout va mal, que les galères s’accumulent comme l’a si bien écrit et chanté Stromae, “Alors, on danse”. Le hasard (ou pas ?) faisant bien les choses, Cédric Klapisch nous propose un film sur la danse. Sur la danse, ok, mais pas que. Comment, après un accident de la vie, la danse (ou qu’importe la passion) peut nous accompagner sur le long chemin de la résilience. Donc, au début du printemps prochain, saison de la renaissance de la nature et, j’espère du fond du cœur, de “l’humanité de l’Homme”, nous allons pouvoir savourer ces images de vie(s) filmées par un grand cinéaste passé maître dans l’art de les capter. Depuis ses premiers films, “Riens du tout”, “Le péril jeune”, en passant par “L’auberge espagnole”, “Les poupées russes”, jusqu’à “Ce qui nous lie” et “deux moi”, tout est bon chez lui, il n’y a rien à jeter. Pourquoi cela changerait-il ? Passionné par la danse classique depuis son jeune âge, Klapisch porte en lui le projet de réaliser un film de fiction autour de la danse. En revanche, il mettra en scène acteurs professionnels et vrais danseurs. Pas question d’avoir des doublures, comme dans les films d’action, pour les séquences de danse. Fort de plusieurs captations de ballets pour l’Opéra de Paris et autres compagnies, son envie devient de plus en plus pressante. Seul hic, avant d’écrire, il lui faut trouver la personne sur laquelle s’appuiera son scénario. Finalement, ce sera Marion Barbeau, première danseuse à l’Opéra de Paris. Elle n’a jamais fait de cinéma mais qu’importe, il est bluffé par son naturel et sa spontanéité. Il n’y a plus qu’à… Une histoire de “danses”, de reconstruction, d’amour, bref, un film sur la vie. Outre une compagnie de danseurs professionnels, des acteurs et pas des moindres complètent son casting. Denis Podalydès qu’on ne présente plus, Pio Marmaï (Le premier jour du reste de ta vie, Ce qui nous lie, La fracture…), François Civil (Ce qui nous lie, Deux moi, Le chant du loup…) et Muriel Robin. Enfin, un long métrage sur la danse aux antipodes des mièvreries pour ados, certes avec parfois de super chorégraphies, dont le scénar tient sur un timbre-poste. Il est beau, elle est belle, ils se détestent, ils s’affrontent lors de battles, soudain une étincelle et hop, ils se marièrent et eurent… Mais qu’importe, il paraît que les films de danse rapportent pas mal de pépètes aux studios de ciné. Souhaitons que les gains ne soient pas inversement proportionnels à leur qualité. PARCE QUE En salle le 16 mars Le long métrage de Jean-Jacques Annaud, reconstitue heure par heure l’invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019 lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage rocambolesque et héroïque. Parce que : JJ Annaud ! En salle le 16 mars En 1961, Bob Zellner, petit-fils d’un membre du Ku Klux Klan originaire de Montgomery dans l’Alabama, est confronté au racisme endémique de sa propre culture. Influencé par la pensée du révérend Martin Luther King Jr. et de Rosa Parks, il défie sa famille et les normes sudistes pour se lancer dans le combat pour les droits civiques aux États-Unis. Parce que : Ces films me filent toujours la haine avant une lueur d’espoir ! En salle le 16 mars Brindille, Casquette et La Flèche vivent au jour le jour. Mais leur situation précaire devrait changer du tout au tout le jour où ils gagnent au Loto. Encore faut-il pouvoir encaisser l’argent, car sans domicile, pas de carte d’identité à jour et sans compte bancaire, pas de paiement ! Parce que : La BA est super chouette a contrario des tracasseries administratives ! En salle le 26 mars Marseille, juillet 1905. Le jeune Marcel Pagnol vient d’achever ses études primaires. Dans trois mois, il entrera au “lycée”. Trois mois… une éternité quand on a cet âge. Car voici le temps des vacances, les vraies, les grandes ! Enfant de la ville, ce retour tant attendu à ses chères collines d’Aubagne et d’Allauch, le transporte de bonheur. Parce que : Christophe Barratier (Les choristes) et puis Pagnol, que du bonheur ! Claude Bermejo
Questions à Julien Masdoua

Interview Questions à Julien Masdoua En spectacle à la librairie un point un trait, le 18 Mai 2022 C le Mag : Vous êtes diplômé d’Histoire, comment passe-t-on d’un master d’histoire à raconteur d’histoires puis à acteur, c’est à dire celui qui joue des histoires ? Julien Masdoua : Assez logiquement finalement… l’Histoire est constituée d’histoires, et les études d’Histoire mènent essentiellement au travail d’enseignant qui finalement ressemble beaucoup au métier d’acteur. Plus prosaïquement, c’est en vivant sur le campus que j’ai commencé le théâtre en amateur et que je suis passé ensuite au théâtre professionnel. ClM : Comment êtes vous “tombé” dans une série télé comme “Un si grand soleil” ? J.M. : Je fais de la télévision depuis le début de ma carrière. Pour “USGS”, j’ai suivi le parcours normal des auditions, des castings jusqu’à avoir la chance d’être retenu pour le rôle d’Enric que j’interprète donc depuis le début de la série. ClM : Vous avez fondé La Compagnie du Capitaine et vous en êtes aussi le directeur artistique, quelles sont les particularités de cette compagnie de théâtre ? J.M. : La Compagnie du Capitaine est une vraie “troupe” dans le sens où ce n’est pas qu’une structure administrative : il y a une ligne artistique définie, un groupe de personnes qui travaillent toujours ensemble et une énergie et des valeurs partagées. Pragmatiquement, nous proposons une grande variété de spectacles (théâtre, jeune public, conte, improvisation, théâtre immersif, etc.) ClM : Vous avez écrit plusieurs pièces de théâtre, dont le “Cabaret Sherlock Holmes” une pièce de théâtre enquête où vous jouez le personnage de Sherlock Holmes. Pourquoi ce personnage est-il si fascinant, à voir, à lire, et j’imagine à jouer ? J.M. : En réalité j’ai écrit 3 spectacles autour du personnage de Holmes : “Le cabaret Sherlock Holmes” une pièce de théâtre, “Un meurtre sera commis ce soir” une enquête immersive et interactive et “Le mystère du bidon tout rond” une pièce jeune public. Le personnage de Holmes est le personnage de fiction le plus interprété au monde, tous supports confondus et ce n’est pas pour rien. Je pense que ce qui fascine le plus chez Holmes, c’est le fait qu’il soit en quelque sorte l’ancêtre archétypal de tous nos héros modernes, que ce soit les personnages de romans, séries ou films policiers (qui s’inscrivent tous dans la lignée de Holmes ou en opposition à lui), ou les super héros (Batman par exemple est une adaptation directe et reconnue de Holmes). ClM : Vous avez écrit plusieurs “Murder Party”, mais qu’est-ce donc une Murder Party ? J.M. : Pour simplifier, une “Murder Party” est un spectacle dans lequel le public va jouer le rôle du détective et tenter de résoudre un mystère en se basant sur la performance des comédiens. ClM : Le 18 mai vous serez à la librairie Un point un trait à Lodève pour une représentation d’une soirée-enquête en présence de Sherlock Holmes, comment cela va-t-il se dérouler ? J.M. : Le public est directement plongé dans l’univers du XIXème siècle anglais et est intégré au spectacle par le biais des techniques du théâtre immersif (jeu au milieu des spectateurs, prise à partie, improvisation). Nous sommes sensés assister à la réouverture d’un lieu culturel victorien, fermé un an auparavant suite à un décès plus que suspect. Sherlock Holmes fait partie des invités d’honneur et bien évidemment, durant la soirée, un meurtre sera commis… ClM : La Compagnie du Capitaine présente aussi d’autres spectacles, d’enquêtes, d’illusions et de magies, d’histoires et légendes, et même du Shakespeare, quel est votre rapport aux mots ? J.M. : Le langage définit notre façon de penser et de concevoir le monde. Une même information délivrée avec des mots différents n’a pas du tout la même concrétisation dans l’esprit de celui qui la reçoit et les actes qui s’en suivent sont différents. Les mots et le langage constituent notre identité. C’est précisément le cœur de la thématique de notre travail sur notre nouvelle pièce “S’il ne nous reste que Shakespeare” dans laquelle les personnages ont la particularité de ne pouvoir s’exprimer qu’avec des phrases issues des pièces de Shakespeare. ClM : Vos spectacles d’enquêtes “Sherlock Holmes” ou “films noirs” cherchent-ils à éveiller l’esprit critique ? J.M. : Ils cherchent avant tout à divertir et à proposer une autre approche du spectacle vivant, un peu plus active de la part du spectateur. Et bien sûr, l’esprit critique étant en partie observation, scepticisme et analyse, les théâtre-enquêtes y encouragent ! L’humour est la meilleure façon de faire passer des idées ClM : Vous écrivez et mettez en scène, quels sont vos sujets favoris et vos projets ? J.M. : J’aime tout ce qui touche à la nature humaine, mais j’aime beaucoup aussi tout ce qui est iconique et participe à notre héritage culturel global. C’est le cas avec Holmes mais aussi avec l’œuvre de Shakespeare sur laquelle nous travaillons en ce moment. Je travaille également à l’écriture d’une série TV mais chut, c’est top secret ! ClM : Vous préparez un autre spectacle en partenariat avec la librairie un point un trait, un spectacle d’humour et d’improvisation. Comment cela se travaille-t-il ? J.M. : L’improvisation théâtrale telle que nous la pratiquons est très technique et demande énormément d’entraînement et de travail. J’enseigne depuis plus de 20 ans et les improvisateurs de la troupe suivent mes formations comme les autres élèves “amateurs”. Il faut pas mal d’heures de vol pour participer à un spectacle d’impro de la Compagnie du Capitaine. ClM : Dans vos spectacles, l’humour est souvent présent, qu’est-ce pour vous l’humour ? J.M. : L’humour est la meilleure façon de faire passer des idées. Le spectateur est en mode “détente” donc beaucoup plus ouvert à recevoir les messages que nous autres artistes essayons de diffuser. Rien de bien original : l’amour, la tolérance, le respect… ClM : Un spectacle d’improvisation n’est-il pas la meilleure façon d’éviter le “trou de mémoire” et donc peut-être une forme de “trac” ? J.M. : En fait l’improvisation théâtrale est mille fois plus difficile pour un comédien que l’interprétation d’un rôle
Questions à Hajar Azell

Interview Questions à Hajar Azell Invitée à la librairie un point un trait, le 8 Avril 2022 voir la rencontre Bonjour Hajar Azell !Vous serez à la Cave de Cabrières près de Clermont l’Hérault pour une première rencontre ensuite à Lodève à la Librairie un point un trait pour participer à un atelier d’écriture puis à une rencontre suivie d’une séance de dédicaces ?Même les lycéens auront l’occasion de vous découvrir !
The Great Ace Attorney Chronicles

Jeux Vidéo The Great ace attorney chronicles Développé par Capcom. Sorti sur Switch, PC et PS4 le 27 Juillet 2021. Genres : Aventure / Enquête / Tribunal Initialement exclusifs au Japon, les deux jeux de cette compilation arrivent enfin chez nous… 6 ans après ! J’alerte directement les allergiques à l’anglais : cette adaptation ne contient ni doublage, ni sous-titres français. Uniquement de l’anglais (ou du japonais) ! (Mais il doit être possible sur la version PC du jeu de trouver une traduction de fan…). Pour les courageux qui veulent tout de même se lancer dans l’aventure, laissez moi vous dire pourquoi vous avez bien raison ! Alors tout d’abord, késako Ze Gratte Ass Atorni Kronikeul ? Comme son nom l’indique, il s’agit d’un jeu d’aventures scénarisé, dans lequel nous contrôlons un avocat de la défense et essayons de résoudre mystères et affaires de justice du mieux possible ! Ce jeune japonais se nomme, Ryunosuke Naruhodo, l’ancêtre du renommé avocat contemporain Phoenix Wright pour ceux ayant joué aux jeux précédents de la série. Vous avez bien lu, l’ancêtre. Car TGAAC de son petit nom se déroule dans le contexte de l’ère Victorienne (XIXe siècle), lorsque les relations entre l’Angleterre et le Japon débutaient. Mais trêve de mise en place, parlons synopsis ! Nous commençons le jeu directement au tribunal, dans la cour suprême de la justice japonaise, accusé du meurtre du Dr. John H. Wilson qui était en visite depuis l’Angleterre à l’université de nos deux protagonistes. Ryunosuke et Kazuma, deux meilleurs amis, dont le dernier est passionné par le droit et bien décidé à se charger de nous défendre dans cette affaire… Seulement, il a été chargé de représenter le Japon lors d’un séjour en Angleterre pour apprendre les règles du nouveau droit anglais, et ne pourrait y participer s’il venait à perdre ce procès (supposé perdu d’avance). En bon ami, Ryunosuke choisit de se représenter lui-même afin d’éviter à son acolyte la perte de son rêve… Heureusement tout de même, Kazuma reste pour nous assister dans notre défense, car nous en aurons bien besoin ! Cette affaire d’introduction permet de présenter les aspects du tribunal aux non-initiés mais aussi de placer ici et là des bribes d’intrigues bien camouflées, tout en présentant la plupart des protagonistes principaux. La compilation comprend en tout 10 affaires que l’on pourrait comparer à des chapitres, tant les connexions qui les relient sont présentes, bien qu’éloignées à première vue. Un premier point extrêmement positif pour TGAAC qui tisse un scénario intriguant, mystérieux et aguicheur. Et s’il représente une grande partie du jeu, il m’est impossible de vous en révéler davantage sans gâcher une partie des surprises qu’il vous réserve. Je rajouterais cependant qu’au fil de ces aventures, nos protagonistes voyageront jusqu’en Angleterre, et qu’ils rencontreront de nombreux autres personnages hauts en couleurs, notamment un dénommé Herlock Sholmes, qui n’est pas sans rappeler le célèbre détective de Conan Doyle. Ryunosuke et Herlock composent à eux deux la majeure partie du jeu, structurellement parlant. Le premier est mis sous les projecteurs dans les phases de procès, le second lors des moments d’enquête. Commençons par ceux-là. En effet, une grande partie du jeu se déroule en dehors du tribunal, dans des phases d’exploration et d’investigation. Nous sommes amenés à devoir enquêter sur les lieux des crimes, présumément commis par nos clients. Ainsi, nous devrons récupérer les témoignages auprès des principaux concernés, des policiers et autres inspecteurs de Scotland Yard, et d’observer les environs à la recherche d’indices. Chaque élément récupéré pourra se révéler être une arme redoutable dans le procès à venir. Ici, comme pour le reste du jeu, la progression est somme toute linéaire. Si l’ordre des lieux à visiter permet une faible interaction, il n’y a qu’un seul chemin au final pour poursuivre l’enquête. Malgré cette linéarité, il est très plaisant de chercher les indices et de récolter les témoignages car ces phases permettent de mieux comprendre les personnages, leurs motivations et leurs intérêts et de commencer l’assemblage des morceaux d’un scénario plausible. Afin de rendre les enquêtes plus dynamiques, le jeu offre une nouveauté de taille par le biais des “grandes déductions de Mr. Sholmes”. Vous n’êtes pas sans savoir que Sherlock Holmes est un génie de l’investigation. Eh bien Herlock Sholmes l’est tout autant, malgré un petit défaut : il déduit tout de travers… alors que son raisonnement tient la route ! Il lui faut donc l’aide de Ryunosuke pour remettre sur la bonne voie ses déductions et découvrir le fin mot de l’histoire. Ainsi, nous serons amenés en tant que joueur à corriger les déductions du détective, en montrant les vraies motivations de la personne interrogée. Une sorte de dialogue interactif fort amusant. il est complexe de défendre un client accusé de meurtre, enfermé avec la victime dans une pièce fermée de l’intérieur Les phases d’investigation ne sont pas particulièrement difficiles et n’ont pas un gameplay très complexe. Seulement, elles arrivent à briller par l’histoire qu’elles mettent en place et par les personnages qui la vivent. Se balader dans les rues de Londres de cette époque, avec les habitudes de vies des personnages et leurs façons de parler, est très plaisant. Le style graphique rappelle celui de la bande-dessinée renforçant la sensation de vivre une histoire. Le tout, mêlé à une bande-sonore très appréciable (bien que certains thèmes musicaux soient un peu en dessous, la plupart sont excellentissimes). Racontées avec un humour bien dosé, c’est un vrai régal de se plonger dans ces enquêtes, avant de se retrouver seul face au procureur, au juge et aux jurés, dans le lieu où le gameplay est le plus intéressant : Le tribunal. Là-bas, l’objectif est simple : convaincre les jurés à donner le verdict “non coupable” pour faire acquitter notre client. Plus facile à dire qu’à faire ! Le procureur fera venir à la barre différents témoins qui révéleront leurs implications dans l’affaire. À nous de déceler le vrai du faux de leurs témoignages et de révéler les contradictions avec les preuves en notre
La relation au Réchauffement climatique

PHILOSOPHIE La relation au Réchauffement climatique “Mais ainsi maître d’un savoir dont les ingénieuses ressources dépassent toute espérance, il peut prendre ensuite la route du mal tout comme du bien” Sophocle, Antigone Dans cette chronique il n’est nullement question de discuter de la réalité du réchauffement climatique. Ce n’est pas mon rôle car je ne suis pas un scientifique et je laisse aux experts la capacité à calculer l’ampleur du changement climatique et même de déterminer la part de responsabilité de l’activité humaine. S’il s’agit de faits, je ne peux qu’acquiescer et réfléchir aux solutions proposées pour sortir de l’impasse dans laquelle l’humanité s’est mise et s’enfonce avec parfois allégresse. Certes, lorsque je regarde sur mon petit écran les JO à Pékin pendant que la préparation de la Coupe du Monde du football dans des stades climatisés continue et que les sportifs se font les champions de l’éthique écologique tout en faisant le tour du monde en classe affaire, je reste circonspect devant la capacité à oublier nos priorités. Ironie et contradiction dans le comportement des humains qui se vautrent dans des divertissements de masse organisés par le pouvoir de l’argent ? L’ironie est facile. Mais si elle n’est pas constructive pour obliger à s’interroger, elle ne sert à rien. Socrate était le spécialiste de cette ironie propédeutique (qui permet d’expliquer) et fertile qui feignait l’ignorance et qui permettait aux esprits d’accoucher de la vérité. Mais un autre philosophe grec, Théophraste demandait à distinguer ironie et raillerie : cette dernière consiste juste à se moquer en se sentant supérieur. Pour réfléchir à la question de notre relation ambiguë, voire contradictoire avec l’avenir du climat et notre place sur terre, il ne faut être ni naïf ni railleur. J’aimerais prendre cela sous un autre angle : le discours que l’on tient aux masses face à une prédiction majeure (la vie en 2100 ne ressemblera plus à ce que nous connaissons actuellement) a une tonalité religieuse. Analysons. Tout d’abord le discours écologique alarmiste part d’un événement originaire qui a fondé le début d’une époque et de notre décadence. C’est l’équivalent du péché originel. Tout comme Adam et Eve furent chassés du Jardin d’Éden pour avoir mangé la pomme de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, nous paierons pour ce que les générations précédentes ont choisi de faire ; tout comme, selon Rousseau, l’origine des inégalités sociales qui se trouve dans l’invention de la propriété privée, lorsque personne n’arrêta le premier individu qui planta un piquet et dit “ce champ est à moi”1 ; l’origine de la catastrophe climatique qu’on nous annonce trouve sa source dans la volonté qu’a eu l’humanité de produire à l’aide d’énergies polluantes il y a 150 ans. En utilisant le charbon pour l’industrie, nous aurions commencé à creuser notre tombe en accélérant sans cesse nos capacités de production. Je sais que certains diront que ce mal a pour fondement le capitalisme et la recherche insatiable du profit, ce qui est en partie vrai. Mais c’est bien vite oublier que l’URSS et ses plans quinquennaux furent à l’origine de beaucoup de catastrophes naturelles (en vrac Tchernobyl en avril 1986, l’assèchement de la mer d’Aral, et autres industries lourdes…). Le péché d’orgueil et la chute qui va s’en suivre nous marquent de génération en génération et nous rappellent le destin de l’humanité décrit dès la Genèse. Il y a un deuxième point qui a des relents religieux : l’annonce de l’Apocalypse. Le discours eschatologique est assez proche de celui de Jean, dans le dernier livre de la Bible : ce sera un passage entre deux mondes, avec peut-être l’annonce d’un sauveur. Ce qui est frappant avec l’apocalypse, c’est qu’il n’y a rien à faire. Il faut attendre et plus rien ne pourra changer le destin. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la capacité paralysante d’un tel discours. Le troisième point est l’immense charge mentale qui pèse sur les épaules du pauvre pécheur. D’ailleurs, plus il est pauvre et plus il devra faire des efforts. Sur les réseaux sociaux nous voyons les frasques de cet homme si riche qu’il a les moyens de financer le démontage d’un pont dans le port de Rotterdam pour laisser passer son yacht ou bien faire un peu de tourisme dans l’espace. Nous voyons à l’inverse, nous habitants de pays riche, d’un mauvais œil l’empreinte carbone de la consommation chinoise, car si les citoyens chinois vivaient comme nous – en ont-ils le droit ? – l’énergie disponible sur notre planète ne serait pas suffisante. Pour être des citoyens dignes d’être sauvés, nous devons fermer notre lumière et trier nos déchets, mais nous sommes exonérés de mauvaise conscience lorsque que nous envoyons dans des pays pauvres nos déchets pourrir dans des décharges en plein air. Qu’ils se débrouillent ! Ils doivent porter le poids de nos fautes dans leurs existences misérables. Il s’agit d’une vraie culpabilité, doublée d’une forme de dédoublement : à la fois nous adorons le confort de notre vie et nous détestons la société de consommation qu’elle implique. Quel est le lien avec le célèbre patron de la multinationale américaine ? Ce n’est rien d’autre que notre miroir déformant : nous y voyons nos propres excès concentrés en un seul individu. Attendre en s’ennuyant ou en s’amusant ? Pourquoi peut-on utiliser ainsi un vocabulaire religieux pour une affaire qui n’en est pas une ? Cette question a été remarquée dès le début de la philosophie écologique il y a quarante ans, notamment avec un allemand Hans Jonas, qui écrivit Le Principe responsabilité en 1979. Son sous-titre, “Une éthique pour la civilisation technologique”, précise l’intérêt du livre : il faudra modifier nos normes et nos comportements du fait de la puissance évolutive de nos technologies. Dès le premier chapitre, le philosophe constate qu’un certain nombre d’éléments dans la vie de l’homme ont fondamentalement évolué : avant le XXème siècle la technique n’était pas assez puissante pour modifier le cours naturel de l’environnement, mais désormais elle rend la nature vulnérable. La cité humaine qui, auparavant, était en-dehors de la nature, comme une enclave qui protégeait l’homme
