Entre étude sociologique et récit personnel, Racines raconte le parcours de Rose, une jeune métisse de la Réunion qui a beaucoup de mal à accepter ses cheveux crépus. On la suit de l’enfance à l’âge adulte au rythme de ses aventures capillaires et de l’évolution de son rapport à ses cheveux et à son apparence.
Comme dans ses précédentes BD, Lou Lubie nous livre une enquête sociale approfondie et aborde à travers le sujet des cheveux des thèmes tels que le regard de la société sur le corps des femmes et les injonctions à une “beauté” standardisée, la taxe rose, mais aussi l’esclavagisme et le racisme. Malgré ces thèmes sérieux, la BD reste pétillante, pleine d’humour, de dérision et de tendresse. Les informations sont précises et foisonnantes mais très didactiques grâce au graphisme espiègle et efficace. Une vraie réussite à tous les niveaux !
Après son premier roman noir Solak qui m’avait bluffée, Caroline Hinault frappe à nouveau très fort avec son dernier-né. Sa façon d’écrire percutante ne laisse jamais indifférent.
L’action se situe à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie à l’automne 2021. Nous suivons trois femmes plongées au cœur de la forêt primaire, trois parcours, trois destins différents. Alma, une jeune réfugiée syrienne qui essaie d’atteindre la Pologne, Véra, une journaliste biélorusse qui a décidé de s’isoler du monde pour mieux le comprendre et Nina, une Polonaise qui vit sur place à la frontière. Chacune va faire ressurgir en nous des émotions intenses et contradictoires, l’injustice, la violence et l’âpreté du monde face à la beauté, l’amour et l’espoir. Une très belle lecture à ne pas rater.
Née pendant le pire ouragan que la Floride ait connu, Wanda en porte le nom et les stigmates. Dans cet avenir proche, la hausse du niveau des océans, les canicules, mais surtout des tempêtes dantesques rendent une grande partie du monde inhabitable.
Coup de cœur ! Un récit poignant, beau et attachant comme ses personnages. Nous sommes en totale empathie avec ces hommes et ces femmes qui luttent pour vivre et s’adapter à ce nouveau monde. C’est surtout l’histoire de Wanda qui grâce à sa voisine Phyllis, une scientifique, va apprendre à survivre au jour le jour et peu à peu découvrir les potentialités qu’offre ce nouvel environnement qui lui aussi évolue et se remodèle au fur et à mesure. Elle va devoir aussi composer avec ses semblables, ceux qui dérapent vers la violence et se complaisent dans le chaos. Et puis, il y a cette petite lumière d’espoir (au sens figuré et au sens propre car Wanda brille mystérieusement dans l’eau), que l’auteure distille tout le long du récit et qui nous redonne confiance en l’humanité.
L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites, censés les aider dans leur voyage. Sous la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur périple ?
Quelle claque ! Manu Larcenet réussit une adaptation incroyable du livre de Cormac McCarthy. Avec sobriété et justesse, il rend à la perfection l’atmosphère sombre et oppressante du récit. Les illustrations en noir et blanc et tout en nuances sont superbes. Manu Larcenet est au sommet de son art.
“La célébrité est ma vie. Est-ce que j’étais préparée à un tel succès ? Bien sûr que oui”.
À la surprise de tous, sauf d’elle-même, Cléo devient une star mondiale, accumulant les millions de dollars, les villas à Los Angeles et les récompenses.
Un régal ! Après son précédent livre : “Mon mari” (tout aussi excellent), Maud Ventura revient sur l’histoire d’une femme qui d’apparence normale s’avère peu à peu être borderline. Cette fois-ci, son personnage est une célébrité musicale. Les pensées de Cléo sont sans filtre, à la fois justes, touchantes, réalistes, folles, choquantes, dures, dénonciatrices, drôles…
Avec un cynisme fou, des propos cinglants et une critique de la société face aux labels et à la “starification”, l’auteure ne nous épargne rien.
Un grand moment de lecture avec une chute magistrale.
Dans son nouveau roman, Wendy Delorme nous livre deux récits qui entrent en résonance : celui d’une jeune femme venue écrire à la montagne dans la maison d’enfance de son bien-aimé, et l’histoire de deux jeunes filles au début du siècle dernier, racontée par la rivière-narratrice.
Ce texte (presque trop) court et porté par une écriture intime et poétique, nous entraîne dans ces deux histoires pleines de passion et de révolte contre la folie des hommes.
Tout comme dans Viendra le temps du feu, son premier roman, l’autrice aborde des thématiques féministes engagées tout en faisant la part belle à l’introspection et aux émotions de ses personnages.
Une lumineuse ode à l’amour, à la poésie et aux femmes indomptables !
L’objectif d’un agent de la CIA est de s’infiltrer, d’accomplir sa mission et de quitter la zone par tous les moyens. Et lorsque l’exfiltration d’une source cruciale conduit cet agent à croiser la route d’un terroriste qu’on disait mort, c’est la sécurité de tout l’Occident qui est menacée.
Le récit débute en Iran et se termine en Russie en passant par des aventures incroyables. Dix ans après l’inoubliable “Je suis Pilgrim”, l’auteur va encore plus loin dans les rebondissements. De l’espionnage, de l’action, du suspense, du thriller, tout y passe, même du fantastique ! Le livre (un pavé de presque 700 pages) se lit comme on visionne une série addictive avec des cliffhangers à chaque chapitre. Une écriture carrée, maîtrisée et des scènes d’anthologie inoubliables (certes, parfaitement improbables mais ça nous est égal). L’agent Ridley Kane se surpasse et va changer le monde !
Penelope Schleeman, une prof d’anglais fauchée, débarque à L.A. pour participer à l’adaptation de son bestseller féministe, l’histoire d’une jeune fille en fauteuil roulant qui découvre que ses jambes atrophiées sont les vestiges d’une nageoire caudale… Contrainte par le studio de faire de son héroïne un objet sexuel, Penelope assiste alors à d’étranges phénomènes. Devient-elle folle, ou sa créature aurait-elle pris vie pour se venger du traitement indigne que lui inflige Hollywood ?
Penelope, dont le récit alterne avec des passages de son roman, est une jeune femme attachée à son métier de prof mais attirée à la Hollywood par le succès et surtout, la perspective de devenir financièrement indépendante. Les événements étranges qui surviennent suite à ses compromis avec les studios sont-ils des chimères nées de son imagination débordante ou une mise en garde ? Un roman éco-féministe drôle et mordant sur l’industrie du cinéma et sur les parties de soi qui sont à vendre (et celles qui ne le sont pas).

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