Questions à Marion Laurent

Interview Questions à Marion Laurent C le Mag : D’où vous vient l’envie d’écrire des romances ? Marion Laurent : Je suis très fleur bleue, une vraie romantique. J’aime l’Amour, le palpitant qui s’emballe, les jambes qui flageolent et la peau qui frémit. Que ce soit dans un film ou dans un livre, j’ai besoin de ma dose d’amour, alors je crois que la romance s’est imposée d’elle-même. Je ne conçois pas une bonne histoire sans ce petit truc en plus qui nous fait battre le cœur un peu plus vite. ClM : Plongez-nous dans l’intrigue de “My Fake Boyfriend” ? M.L. : Alors c’est l’histoire d’une jeune femme qui a quitté son Angleterre natale pour tenter sa chance à Chicago en tant qu’actrice. Malheureusement, elle et sa meilleure amie n’avaient pas prévu que la concurrence serait aussi rude. April enchaîne les publicités pour les fuites urinaires ou la sécheresse vaginale en attendant le rôle de sa vie. Et contre toute attente, c’est au rayon des nappes et des serviettes d’une grande surface qu’elle le trouve. Elle rencontre Matt, un jeune trader célibataire. Tous les ans, pour la St Valentin, c’est la même rengaine, sa mère lui demande s’il viendra accompagné et tous les ans, il vient seul. Mais cette année, il a envie qu’on lui fiche la paix et quand il croise la route d’April, la solution semble s’imposer d’elle-même. April devient donc sa petite-amie le temps d’une journée. Seulement voilà, April, très professionnelle et à fond dans son rôle, commence à y prendre goût et enchaîne gaffe sur gaffe. Jusqu’où cela va les mener ? Je vous laisse découvrir cela en janvier. ClM : Qu’est-ce qui caractérise à vos yeux ce genre littéraire ? M.L. : À mon sens, il n’y a pas de secret. Il faut des personnages aux caractères tranchés (dans un sens ou dans l’autre), une tension sexuelle à couper au couteau et de l’humour. Après bien sûr l’histoire est importante, le décor aussi, mais si vous réussissez à faire rire et frémir les lecteurs, c’est déjà un grand pas. Ne dit-on pas “Femme qui rit, à moitié dans ton lit”? Dans le cas présent, je dirais plutôt “Lectrice qui rit, à moitié conquise par ton livre.” ClM : À qui s’adresse votre roman ? M.L. : À toutes les personnes qui cherchent une histoire d’amour légère et sans prise de tête pour passer un bon moment. ClM : Vous alternez les points de vue de chacun des personnages pour rythmer l’intrigue ou pour faire monter la pression ? M.L. : C’est surtout pour essayer de comprendre chaque personnage. Il m’est arrivé de n’écrire que d’un seul point de vue et au final, j’avoue qu’il manque quelque chose. Je trouve intéressant de développer le psychisme masculin qui parfois est à l’opposé du nôtre. Les hommes ne sont pas toujours faciles à comprendre et j’adore me glisser dans leur peau pour décrire ce qu’ils ressentent. Et puis, c’est vrai, cela apporte un certain rythme à l’intrigue. ClM : Bien évidemment vos personnages sont décrits avec les normes de beauté actuelles, n’est-ce pas un peu attendu, voire caricatural ? M.L. : Attention, April n’est pas glamour sur tous les points. Elle ne fait pas une taille 34, souffre de sécheresse vaginale et de flatulences. Mais il est vrai que j’ai tendance à décrire des personnages attirants. Je pense que comme pour les films, il faut que les personnages / acteurs nous fassent fantasmer. Les gravures de mode que je décris, je n’en croise pas tous les jours malheureusement. Alors je trouve agréable de pouvoir les côtoyer le temps d’un roman. ClM : L’héroïne, on le découvre rapidement, est atteinte, de manière très légère, du syndrome de la Tourette. Qu’apporte ce caractère au personnage principal ? M.L. : Je mets un point d’honneur à traiter de sujets importants dans tous mes romans, sans pour autant tomber dans le mélodramatique. Mon dernier roman par exemple (Love from my enemy) traite de boulimie, de grossophobie, de harcèlement scolaire ou encore de féminisme. Dans “My Fake Boyfriend” j’ai eu envie de traiter du handicap et de ce que cela peut apporter dans une vie. Nous sommes tous différents, mais la différence est une chance. Je dis souvent à ma fille que dans un troupeau de moutons blancs, s’il y a un seul mouton noir, c’est lui qu’on va remarquer et sur lequel on va s’attarder. Le handicap d’April, c’est un peu ça. Sa différence lui apporte une fraîcheur et une spontanéité que les autres n’ont pas. J’ai tendance à penser que chaque épreuve de notre vie nous forge et nous façonne pour devenir ce que l’on est. Si April n’était pas atteinte de ce syndrome, elle serait peut-être toujours avec son ex et elle n’aurait sans doute jamais rencontrer Matt. Stephan Pahl
Questions à René Frégni

Interview Questions à René Frégni Invité à la librairie un point un trait, le 8 novembre 2022 ©Francesca Mantovani C le Mag : Cancre dès le CP, certainement pour refus de port de lunettes, vous avez évité le brevet et travaillé d’arrache-pied pour finir l’année scolaire en février ! Qu’est ce qui vous a éloigné de l’école ? René Frégni : J’étais le seul à porter des lunettes dans cette classe de CP, les minots m’appelaient “quatre œil”, riaient. J’ai jeté mes lunettes et c’était comme si je jetais l’école, je l’ai prise en horreur. Je suis devenu menteur, voleur, rôdeur… Je n’étais bien que dans la rue, libre, seul, aux aguets, rêveur. ClM. : Vous venez de publier “Minuit dans la ville des songes” loin d’être simplement votre biographie, ce roman est un voyage au pays de la liberté, celle qu’apporte la lecture, comme celle que permet l’adolescence… D’où vous vient cet esprit de liberté ? R.F. : J’ai été un enfant rebelle, révolté, solitaire. Je suis arrivé très en retard à l’armée. Déserteur ! On m’a condamné à six mois de prison militaire. Ma révolte s’est accrue, j’étais prêt à tirer sur un colonel, un général, un ministre. Dans ma cellule j’ai ouvert le premier livre de ma vie. J’ai compris que je serais plus fort avec des mots. Je me suis évadé durant toute ma vie en lisant, je me suis défendu durant toute ma vie en écrivant. La culture lentement a écarté ce qui aurait pu devenir de la haine. ClM. : Votre jeunesse, vous la racontez comme un roman épique, êtes-vous un révolté ordinaire qui devient le héros de sa vie ? R.F. : Il n’y a pas de révolte noble ou ordinaire, on ne choisit pas la révolte, c’est une réaction, un geste de survie, la manifestation de la vie. La révolte m’a sauvé. ClM. : Vous avez découvert le monde à une époque où il n’était même pas nécessaire de traverser la rue pour décrocher un petit boulot, pousser une porte suffisait. D’où vient l’idée d’un passé plus facile, alors que la prison attendait celui qui avait une semaine de retard à son service militaire ? R.F. : La discipline était partout avant mai 68, dans les écoles, les familles, au travail, à l’armée. Fils d’ouvrier, on allait travailler comme son père sans se poser de questions. Il y avait du travail partout. Mai 68 nous a ouvert les yeux, certains naissaient dans la soie, d’autres dans la poussière de charbon. J’ai commencé par déchirer la soie et refuser la poussière de charbon. Ceux qui organisent cette injustice ont des mots, il faut les leur prendre. ClM. : Entre “Les chemins noirs”, et “Minuit dans la ville des songes”. Que peut dire, à la jeunesse d’aujourd’hui, celle des années 60-70 ? R.F. : Ma génération n’a aucune leçon à donner aux suivantes, nous avons tenté de combattre l’injustice sociale, nous n’y sommes pas vraiment parvenus. C’est sans doute pire aujourd’hui. Nous avons jadis surestimé la générosité des hommes, leur capacité à partager… Nous sommes une espèce très individualiste, égoïste, souvent cruelle. Nous avons commencé à le payer, nous le paierons très cher. La planète et le climat sont entrés dans une ère de paisible révolte. Nous comprenons tout de suite ou nous disparaissons ! ClM. : Vous dites dans votre roman que Marx avait tenté de soigner la société, Freud les individus et vous ? Est-ce le corps en tant qu’infirmier et l’esprit en tant qu’écrivain ? R.F. : Infirmier, je tentais de comprendre les mystères et les contorsions de la folie. Écrivain, j’organise le chaos de mes émotions. Si mes romans peuvent alléger la souffrance de quelques uns, permettre à d’autres de s’évader de prisons réelles ou imaginaires… chaque jour je me soigne en lisant, en écrivant, de cette grande peur de mourir. ClM. :Les mots emportent-ils autant que les rêves révolutionnaires d’un Che Guevara ? R.F. : Le visage du Che claquait comme ma révolte dans cette prison militaire. Les mots m’ont apporté la douceur, la tolérance et souvent les armes d’un combat. ClM. : Vous vous êtes construit à travers les mots des autres, avançant à tâtons dans un monde incertain, c’est quoi pour vous être écrivain si le lecteur que vous êtes est “un vagabond de mots dans un voyage de songes (p. 150)” ? R.F. : Dans chaque mot il y a un monde. J’ouvre mon cahier et je pars en voyage. J’ai fait du stop sur toutes les routes d’Europe, du Moyen-Orient. La nuit lorsque je ne dors pas, je reste dans le noir, j’écris sous mes paupières, dans des forêts et des villes de songes. Les mots vous emmènent plus loin que les trains et vous ne rencontrez jamais de frontières. ClM. : Votre roman est un hymne à la lecture, au plaisir de lire, que l’on retrouve à chaque page, dans chaque mot de “Minuit dans la ville des songes”. Quelle est la prochaine aventure que vous partagerez avec nous ? R.F. : Puisqu’il n’y a pas de frontières entre les mots, il n’y en a pas entre les livres, j’écris le même livre depuis que j’ai écrit un premier mot. Ce n’est pas le livre de ma vie, ni d’une vie que je m’invente, c’est le récit sans fin des émotions qui ont façonné l’homme que je crois être et qui est aussi un arbre, une rivière, un caillou, un nuage, un chat. René Frégni sera présent le 8 novembre à la librairie un point un trait (Lodève) et le 8 décembre à la Cave l’Estabel (Cabrières). Stephan Pahl Load More
Questions à Emma Becker

Interview Questions à Emma Becker Invitée à la librairie un point un trait, le 12 octobre 2022 © Pascal Ito Emma Becker, votre précédent livre “La Maison” vient de sortir en poche aux éditions “J’ai lu” où vous racontiez dans les plus intimes détails votre vie dans un bordel à Berlin. Vous revenez pour cette rentrée littéraire avec votre nouveau livre “L’inconduite” paru chez Albin Michel, la suite de votre vie après “La Maison”. Dans cette suite, vous êtes maintenant “mère” d’un garçon nommé Isidore. C le Mag : Votre livre nous plonge dans vos récits, passés et présents et dès le début vous donnez le ton. De retour chez vous, imprégnée de l’odeur d’un autre homme, vous consolez votre enfant en pleurs dans les bras de son père. Vous vous interrogez sur l’envie d’être une femme libre en tant que mère. De quoi être mère est-il l’empêchement ? Emma Becker : Il me semblait qu’être mère m’empêchait d’être quoi que ce soit d’autre. Rien ne m’avait préparée à ce qu’être mère signifie du point de vue matériel ou psychologique, la nécessité d’être présente en permanence, l’incapacité, souvent, de penser à autre chose. On est pourtant, en tant que petite fille et que femme, éduquée dans l’idée de devenir mère ; mais personne n’évoque le renoncement que cela implique, au moins pour un temps. J’ai eu mon premier fils en Allemagne, où la maternité est aussi conçue un peu différemment par rapport à la France ; il est très rare, par exemple, de pouvoir confier son enfant à une crèche avant qu’il soit capable de marcher. J’ai passé un an à la maison, seule avec un petit enfant, et c’était un rôle tout à fait nouveau pour moi, auquel je me suis habituée avec difficulté, en tout cas avec l’impression de devoir remiser toute une partie de ma vie, une partie cruciale, celle qui sortait le soir, qui rencontrait des hommes sans devoir se justifier, celle aussi qui avait bossé dans un bordel et qui était habituée au regard de l’homme sur elle. Quand on devient mère, on sent bien que ce regard sur soi change. ClM : Céline, vous avez repris une ferme, comme Joséphine dans la BD, les anecdotes oscillent entre bienveillance et testostérone déplacée, mais relatées avec humour, comment ont-elles vraiment été vécues ? C : La plupart sont tout de même mal vécues à chaque fois : soit on n’arrive pas à réagir et on s’en veut après coup, soit on “sur-réagit” et ça semble inapproprié, alors que c’est en fait la goutte d’eau de trop, la remarque sexiste qui arrive après tant d’autres… l’humour peut être une arme pour faire passer des messages mais ne doit en aucun cas cacher la violence des situations. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une BD humoristique. On s’est servi de l’humour pour faire passer nos messages, et attraper les lecteurs les plus réticents à la lecture de ce thème. ClM : Statut de la femme, homosexualité, poncifs… la BD brosse un portrait de la société qui n’est pas réservé qu’au monde agricole, mais en est-il un miroir grossissant ? C : Malheureusement je ne pense pas. Une fois qu’on a chaussé les lunettes du féminisme, le sexisme saute aux yeux, il est partout. Chaque anecdote n’est en fait pas anecdotique : elle n’est pas liée à la situation ou aux personnages précisément à un temps donné, mais révélatrice du système qui sous tend encore complètement notre société. Être une femme dans ce monde, c’est performer une idée de la féminité qu’on nous inculque depuis notre petite enfance ClM. : Vous parlez de votre situation de mère, par petites touches, est-ce juste un rappel de ce nouveau rôle, de ce nouveau statut ? Est-ce comme une prise de conscience de ne plus exister que pour soi ? E.B. : La maternité n’est pas le thème principal de ce livre, mais elle est inscrite en creux, dans chaque scène ; c’est elle qui détermine mes fuites de la maison, et les retours que j’y opère. La sensation de frustration et d’insatisfaction que je décris est conditionnée par la maternité, qu’on nous explique comme une vocation, à laquelle il faudrait tout sacrifier. ClM. : Les premières relations que vous décrivez sont celles des liens familiaux, les gestes d’enfants, comme celui d’Isidore avec votre grand père, vous relatez ensuite vos relations avec vos partenaires. Est-ce une approche pour aborder la question des plaisirs sous toutes ses formes, hors des tabous de société et en particulier ceux liés aux plaisirs des femmes ? E.B. : J’évoque en premier lieu mon grand-père et mon fils car ce sont, à leur façon, les hommes de ma vie. L’un arrive, l’autre part : en perdant mon grand-père j’abandonne la jeune femme que j’étais, et je deviens une femme et une mère, en donnant naissance à mon fils. ClM. : Qu’est-ce qu’être une femme, une jeune femme, dans un monde d’hommes et surtout dans un monde aux regards d’hommes ? Est-ce le fait d’exister à travers le regard de l’autre, c’est à dire être sublimé par l’autre ? Ou est-ce être une Geisha, c’est à dire une artiste, qui par sa compagnie, son raffinement, valorise l’autre ? E.B. : Être une femme dans ce monde, c’est performer une idée de la féminité qu’on nous inculque depuis notre petite enfance : être jolie, intelligente, mais avec humilité, se prêter aux idées que les hommes se font de nous, et surtout, reléguer son propre désir et son propre plaisir au second plan, au bénéfice des hommes. C’est une comédie et presque un travail, puisque cela consiste à s’oublier soi-même pour se fondre dans la représentation qu’on se fait de ce qu’est une femme. J’ai longtemps fait du regard de l’homme une sublimation, je voulais me voir dans leurs yeux, incarner La Femme, satisfaire un certain nombre de fantasmes qu’on lie au mot femme. Être une femme, cela veut souvent dire ne pas menacer l’homme, le mettre en valeur. Les hommes sont mes muses, mais je ne cherche pas à les
Il est où le Patron ?

Interview Il est où le patron ? Invitées à la librairie un point un trait, le 21 juillet 2022 C le Mag : Comment s’est construite l’idée de cette BD ? Céline : Nous souhaitions faire une BD féministe qui rende compte de la réalité de nos vies de femmes paysannes. C’est avec cette envie que nous avons rencontré Maud, dessinatrice de BD ayant elle-même suivi une formation agricole. Nous, cinq paysannes, bergère, éleveuse, apicultrice ou maraîchère, aimons passionnément nos métiers, mais, comme dans le reste de la société, nous vivons jour après jour des situations qui nous dérangent, nous mettent mal à l’aise voire nous font violence, car cela nous renvoie sans cesse à notre statut de femme et non d’individu autonome. Chacune des situations décrites dans cette BD a été vécue par nous ou notre entourage, ou est issue de témoignages recueillis au sein des réseaux de la Confédération Paysanne, des CIVAM et de Reclaim the fields. L’énorme et riche matériau rassemblé met en évidence un constat édifiant : ce qui pourrait n’être qu’un empilement d’anecdotes, parfois drôles, parfois tragiques, est en fait le reflet d’un système qui opprime (entre autres) les femmes. ClM : Vous êtes 5 paysannes dont le quotidien a été croqué par Maud Bénézit. Comment s’est faite la rencontre entre vous 5 et le monde de la BD ? C : Nous sommes des amatrices de BD depuis longtemps, c’est un média très populaire. ClM : Comment avez-vous travaillé pour sélectionner les anecdotes à inclure ou pas, ainsi qu’à équilibrer les chroniques pour rendre l’ouvrage rythmé ? C : Nous avons collecté les histoires sexistes agricoles, soit les nôtres soit auprès de paysannes collègues. Puis nous avons “classé” ces histoires qui relèvent d’un problème de statut, de manque de reconnaissance, de violences verbales ou physiques, de difficultés à prendre une place en réunion… Nous avons construit très artisanalement un chemin de fer de la BD sur des grandes feuilles scotchées, chaque anecdote était nommée sur un post-it qu’on plaçait ensuite sur ce chemin de fer. ClM : Céline, vous avez repris une ferme, comme Joséphine dans la BD, les anecdotes oscillent entre bienveillance et testostérone déplacée, mais relatées avec humour, comment ont-elles vraiment été vécues ? C : La plupart sont tout de même mal vécues à chaque fois : soit on n’arrive pas à réagir et on s’en veut après coup, soit on “sur-réagit” et ça semble inapproprié, alors que c’est en fait la goutte d’eau de trop, la remarque sexiste qui arrive après tant d’autres… l’humour peut être une arme pour faire passer des messages mais ne doit en aucun cas cacher la violence des situations. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une BD humoristique. On s’est servi de l’humour pour faire passer nos messages, et attraper les lecteurs les plus réticents à la lecture de ce thème. ClM : Statut de la femme, homosexualité, poncifs… la BD brosse un portrait de la société qui n’est pas réservé qu’au monde agricole, mais en est-il un miroir grossissant ? C : Malheureusement je ne pense pas. Une fois qu’on a chaussé les lunettes du féminisme, le sexisme saute aux yeux, il est partout. Chaque anecdote n’est en fait pas anecdotique : elle n’est pas liée à la situation ou aux personnages précisément à un temps donné, mais révélatrice du système qui sous tend encore complètement notre société. ClM : La BD montre aussi la réalité du monde agricole avec les conditions de travail, les contraintes du recours aux aides, parfois bien éloignées de cet engouement de retour à la terre d’après confinement ! Est-ce un métier d’avenir ? C : Bien sûr ! Que ferions-nous sans paysans et paysannes ? ClM : Au delà de cette BD d’humour, ces récits de femmes permettent aussi de découvrir les dessous d’un monde parfois méconnu. Est-ce une façon de faire prendre conscience qu’une agriculture de proximité à taille humaine est possible et enviable ? C : Cette BD c’est aussi notre manière de faire entendre directement des voix paysannes. Il nous semble en effet que cette catégorie sociale de moins en moins nombreuse est souvent peu présente ou décrédibilisée dans les médias. Nous sommes fières que cette fois, ce ne soient pas des experts et des expertes ou des journalistes, qui viennent parler de nous à notre place pour nous caser tantôt dans un décor bucolique fantasmé, tantôt dans un monde agro-industriel maltraitant l’environnement. Si nous préférons le terme de “paysanne” à celui “d’exploitante agricole” c’est pour parler plus justement de nos métiers, nos passions en lien avec les animaux et la nature, notre volonté d’autonomie sur nos fermes. Nous ne tenons pas dans nos cœurs l’idée “d’exploitation” et sa connotation productiviste ; nous récusons également les pressions bureaucratiques et industrielles qui l’entourent. Si le plaisir s’invite quotidiennement dans nos pratiques, ce sont aussi beaucoup de convictions qui nous animent. Nos choix traduisent incontestablement l’envie de s’extraire d’une vision capitaliste de l’agriculture et du monde en général. ClM : Ce projet de BD va-t-il en appeler d’autres ? Et quelles sont vos prochaines envies pour partager la passion de votre métier ? Maud la dessinatrice est partie sur un autre projet BD, une biographie de Clarisse Cramer qui a fait le Vendée Globe. C : Avec 2 copines de la BD nous avons monté un petit groupe pour s’échanger des textes, podcasts, réflexions personnelles sur être éleveuse et féministe (en réaction avec un pan dévoyé de l’éco-féminisme qui assimile toutes les formes d’oppression avec l’élevage…). ClM : Merci pour vos réponses, vous viendrez le 21 juillet à Lodève à la librairie un point un trait pour présenter la BD, raconter d’autres anecdotes et parler de votre métier. À très bientôt ! Stephan Pahl
Questions à Patrice Gain

Interview Questions à Laure Noualhat Invité à la librairie un point un trait, le 13 janvier 2022 © Chantal Briand C le MAG : Vous êtes ingénieur en environnement et professionnel de la montagne, votre cinquième livre paru en 2021 est De silence et de loup. Vos ouvrages abordent en filigrane la question du lien entre l’Homme et la nature, est-ce une question nécessaire aujourd’hui ? Patrice Gain : J’écris des romans contemporains. Logiquement, la question du lien entre l’Homme et la nature revient dans mes textes. L’Homme exploite cette planète comme si tout lui appartenait, sans égard pour lui-même et a fortiori pour les espèces avec lesquelles il partage cet espace. Seuls comptent la croissance et le profit. Si les océans meurent, nous mourons et pourtant nous nous précipitons pour pêcher le dernier poisson, harponner le dernier cétacé et en prime nous y déversons tant de choses dont nous ne savons que faire. Les mers ne seront bientôt plus que d’immondes cloaques toxiques. © Chantal Briand ClM : La nature, présente dans la plupart de vos écrits, est-elle tout autant un décor qu’un élément essentiel du récit au même titre que les personnages ? P.G. : Quand j’écris, il me faut une histoire et un territoire, puis je pose mes personnages au milieu. Ils interagissent ensuite les uns avec les autres. ClM : Lorsque Anna, le personnage de ce roman, rejoint une mission scientifique en Sibérie, vous racontez les difficultés administratives, mais aussi les obstacles que rencontre cette mission. Est-ce du vécu ? Mais surtout est-ce une façon de rappeler les difficultés des missions de recherche scientifique ? P.G. : Oui, effectivement, rien n’est jamais écrit par avance quand on s’aventure dans ces territoires du bout du monde. ClM : Dans votre livre, la recherche scientifique effectuée en Sibérie aborde la question des moyens dont elle dispose. La question des moyens est-elle une réalité des missions scientifiques en général et celles environnementales en particulier ? P.G. : Paradoxalement, la recherche scientifique repose sur la volonté de quelques chercheurs, de quelques laboratoires universitaires, dont les financements émanent le plus souvent de grandes entreprises cherchant à “verdir” leur image. ClM : Dans De silence et de loup, les grands espaces s’opposent à l’atmosphère confinée de vos personnages, Anna sur son bateau et Sacha dans la chambre du monastère. Comment se construisent ces oppositions ? P.G. : Je voulais mettre en scène deux huis clos, celui d’Anna sur le voilier polaire et celui de son frère Sacha au sein du monastère de la Grande Chartreuse, congrégation cartusienne. Les grands espaces ne s’opposent pas à l’érémitisme, ils sont souvent, pour ne pas dire toujours, le cadre de vie de ceux qui s’y adonnent. ClM : Dans votre livre Denali, l’environnement naturel est à la fois le refuge et la source du danger pour Matt. Est-ce la même approche pour Anna dans De silence et de loup et pour Tom et Luna dans Le sourire du scorpion ? P.G. : C’est vrai pour Tom et Luna, dans Le sourire du scorpion. En ce qui concerne Anna dans De silence et de loup, c’est différent. La toundra sibérienne, en hiver, est un lieu particulièrement hostile pour toutes personnes autres que celles natives des peuples indigènes de Sibérie. ClM : Dans cette atmosphère pesante, oppressante, vous créez une ambiance qui caractérise les romans noirs, mais vous abordez aussi de nombreux sujets de société, (l’homosexualité, la vengeance, la pédophilie, la religion, le silence, la mort, la fratrie, …) lequel de ces thèmes vous tient le plus à cœur ? P.G. : Je dirais la fratrie, parce que c’est là que résident les liens de l’enfance. ClM : Pensez-vous que le roman noir soit aussi un vecteur des questions d’actualité ? P.G. : Incontestablement. Bon nombre de romans noirs sont en prise directe avec le monde. Ils tirent les fils de ce qu’il y a de noir en nous (et ils sont nombreux) pour, indirectement, dire comment notre monde tourne. ClM : Dans De silence et de loup, vous abordez le thème de la violence faite aux femmes. Les réponses par les mots d’Anna et les actes de Jeanne sont-elles destinées à nous interroger sur la question de la vengeance et de la justice des Hommes ? P.G. : La vengeance est la seule chose qui reste dans notre esprit quand l’abominable l’a vidé de sa substance. Ce n’est pas tant la justice des Hommes qu’elle interroge, mais l’Homme lui-même, dans sa propension à commettre des actes abjects. ClM : Le 13 janvier prochain, vous serez à Lodève à la librairie un point un trait, située au pied du Larzac, pas si éloignée des lieux évoqués dans Le sourire du scorpion. Seriez-vous inspiré par les grands espaces du Larzac et les terres rouges du Salagou ? P.G. : Oui, sans aucune hésitation ! Stephan Pahl
Questions à Laure Noualhat

Interview Questions à Laure Noualhat Dans le cadre de la venue de Laure Noualhat à la librairie un point un trait le samedi 25 septembre, nous avons questionné l’auteure sur son engagement écologique. C le MAG : Vous êtes journaliste, écrivaine, réalisatrice, vous avez co-signé avec Cyril Dion le film “Après demain”, et les questions sur l’environnement ne vous laissent pas indifférente. Pourquoi faudrait-il éviter la fin de l’humanité, au risque de ne plus pouvoir faire des rallyes en 4×4 sur le bord des plages ? Laure Noualhat : Je m’échine à vouloir éviter la fin de l’humanité pour les vacherins à la framboise, les tableaux de Jérôme Bosch, le risotto à la scamorza fumée, tous les albums de Charlélie Couture et tous les livres de Joyce Carol Oates, les films de David Lynch ou l’humour de Pierre Desproges. J’accorde tout mon crédit d’affection, sans appel, à Cent ans de solitude ou au Maître et Marguerite mais aussi au caramel au beurre salé qu’on ne trouve nulle part dans l’univers (tout comme le pâté en croûte d’ailleurs). Les humains qui pratiquent les rallyes en bord de plages peuvent y passer, peu me chaut tant qu’il restera de quoi siroter des pisco sour sur la même plage devant le plus brûlant des couchers de soleil en compagnie de mes plus chers amis. Et ils se comptent sur les doigts d’une main tchernobylisée. ClM : Est-il plus facile d’être écolo en ville là où la campagne est loin, ou à la campagne quand la ville est loin ? L.N. : Franchement, il n’y a que par chez vous que la campagne et la ville sont éloignées ! Je ne connais plus guère de corridors écologiques qui distinguent aussi nettement les deux mondes… Mais pour répondre à votre question, je dirais qu’il est difficile d’être écolo partout car dans ce vingt-et-unième siècle tordu, nous vivons un millefeuille d’incohérences majeures. J’ai souvent pensé que le suicide était le seul véritable geste écolo qui n’appelait aucune contradiction. À ceci près que ce geste définitif nous ôtait le pouvoir de débattre ! ClM : Est-ce que l’écologie supporte l’humour quand la fin du pétrole se fait attendre ? L.N. : L’écologie n’échappe pas à la règle du monde : comme votre couple, l’économie ou la cuniculture, elle a besoin d’humour et de dérision, elle a besoin de cette petite “politesse du désespoir” qui met à distance le pire. Cela dit, vous avez raison, la fin du monde se fait attendre… mais j’ai confiance, elle ne nous décevra pas. ClM : Bridget Kyoto1 est-elle née avec les accords de Jones ? L.N. : J’ai mis dix minutes à comprendre la question. Mon avatar et anxiolytique majeur, Bridget Kyoto, est la veuve symbolique du protocole de Kyoto, elle propose une Minute nécessaire sur YouTube en hommage à notre maître à tous, Pierre Desproges. Elle traverse la vie avec son humour jaune, noir ou vert en bandoulière. Comme sa cousine Bridget Jones, elle compte ses kilos – mais de CO2 – vit sous perfusion de vin rouge – mais nature – et cherche l’amour inconditionnel – mais envers l’ensemble du vivant et pas à l’endroit d’un seul mâle alpha. Bridget vit dans le vide intersidéral des réseaux sociaux. Elle est la petite fille de Mamie Collapse, qui arrive bientôt pour vous dérider sur la question de l’effondrement. ClM : En pleine pandémie, vous avez écrit “Comment rester écolo sans finir dépressif”. Y a t-il une cause à effet ? L.N. : Je l’affirme avec force, pour un écolo radical qui a passé sa vie à s’engager, la catastrophe est la meilleure façon de sortir de la dépression. C’est bien normal, elle prouve qu’il ou elle n’était pas complètement schizophrène ou borderline, ni fou. N’est-ce pas freudien de jouir d’avoir raison ?! A chaque catastrophe, je couine de joie : Fukushima, inondations, incendies majeurs… C’est fou comme je vais bien ces temps-ci ! ClM : La décroissance est elle une idée croissante ? L.N. : Tout à fait. La croissance de la déconstruction du monde est sans fin, sans limites. Comme une forme de grâce à être et à rester debout, nous devons – oui, nous devons – envahir chaque interstice politique qui s’offre à nous, marteler sans relâche que nous sommes du côté du Vivant et que nous nous battrons jusqu’au bout. Vu que nous allons tous y passer ! ClM : Pourquoi être écolo rend dépressif, alors que la mode littéraire propose l’écologie comme solution à la déprime libérale, c’est par où la sortie ? L.N. : Ah oui ? La mode littéraire propose l’écologie comme solution à la déprime libérale ? Je trouve que vous oubliez un peu vite les best-sellers d’Éric Zemmour et de Luc Ferry ! Mais il est vrai que l’ensemble des éditeurs a enfin compris qu’il y a un filon. Et les libraires doivent désormais faire de la place sur les rayonnages pour les bio-best-sellers. Beaucoup d’ouvrages de solutions relativisent l’ampleur du mur qu’on va se prendre, d’autres sont riches de constats délétères, dans les deux cas, c’est une excellente nouvelle. Exploiter nos plantations d’arbres – que je n’ose appeler forêts – pour en faire de la pâte à papier sur laquelle imprimer que “sauver les conditions de vie sur Terre est une nécessité vitale” fait partie de la beauté de l’oxymore actuel. J’adore cette époque. ClM : Faut il craindre la collapsologie, soutenir l’effondring et baigner dans la solastalgie ? L.N. : Je vous vois venir : “ne vous complaisez-vous pas dans la déréliction du monde, chère Laure ?” Je m’appuie souvent sur la citation que Goethe n’a jamais écrite mais que tout le monde lui attribue: “Quoi que vous croyiez, quoi que vous fassiez, faites-le ! L’action porte en elle magie, grâce et pouvoir”. Voilà le bain le plus digne du moment : l’action, même infinitésimale, même ridicule… elles le sont toutes au regard de ce qu’il faudrait faire (diviser par six nos émissions de CO2 d’ici 20 ans, ne plus émettre un seul gramme de CO2 dans l’atmosphère dès 2050, et même avec tout cela,
Questions à Julien Masdoua

Interview Questions à Julien Masdoua En spectacle à la librairie un point un trait, le 18 Mai 2022 C le Mag : Vous êtes diplômé d’Histoire, comment passe-t-on d’un master d’histoire à raconteur d’histoires puis à acteur, c’est à dire celui qui joue des histoires ? Julien Masdoua : Assez logiquement finalement… l’Histoire est constituée d’histoires, et les études d’Histoire mènent essentiellement au travail d’enseignant qui finalement ressemble beaucoup au métier d’acteur. Plus prosaïquement, c’est en vivant sur le campus que j’ai commencé le théâtre en amateur et que je suis passé ensuite au théâtre professionnel. ClM : Comment êtes vous “tombé” dans une série télé comme “Un si grand soleil” ? J.M. : Je fais de la télévision depuis le début de ma carrière. Pour “USGS”, j’ai suivi le parcours normal des auditions, des castings jusqu’à avoir la chance d’être retenu pour le rôle d’Enric que j’interprète donc depuis le début de la série. ClM : Vous avez fondé La Compagnie du Capitaine et vous en êtes aussi le directeur artistique, quelles sont les particularités de cette compagnie de théâtre ? J.M. : La Compagnie du Capitaine est une vraie “troupe” dans le sens où ce n’est pas qu’une structure administrative : il y a une ligne artistique définie, un groupe de personnes qui travaillent toujours ensemble et une énergie et des valeurs partagées. Pragmatiquement, nous proposons une grande variété de spectacles (théâtre, jeune public, conte, improvisation, théâtre immersif, etc.) ClM : Vous avez écrit plusieurs pièces de théâtre, dont le “Cabaret Sherlock Holmes” une pièce de théâtre enquête où vous jouez le personnage de Sherlock Holmes. Pourquoi ce personnage est-il si fascinant, à voir, à lire, et j’imagine à jouer ? J.M. : En réalité j’ai écrit 3 spectacles autour du personnage de Holmes : “Le cabaret Sherlock Holmes” une pièce de théâtre, “Un meurtre sera commis ce soir” une enquête immersive et interactive et “Le mystère du bidon tout rond” une pièce jeune public. Le personnage de Holmes est le personnage de fiction le plus interprété au monde, tous supports confondus et ce n’est pas pour rien. Je pense que ce qui fascine le plus chez Holmes, c’est le fait qu’il soit en quelque sorte l’ancêtre archétypal de tous nos héros modernes, que ce soit les personnages de romans, séries ou films policiers (qui s’inscrivent tous dans la lignée de Holmes ou en opposition à lui), ou les super héros (Batman par exemple est une adaptation directe et reconnue de Holmes). ClM : Vous avez écrit plusieurs “Murder Party”, mais qu’est-ce donc une Murder Party ? J.M. : Pour simplifier, une “Murder Party” est un spectacle dans lequel le public va jouer le rôle du détective et tenter de résoudre un mystère en se basant sur la performance des comédiens. ClM : Le 18 mai vous serez à la librairie Un point un trait à Lodève pour une représentation d’une soirée-enquête en présence de Sherlock Holmes, comment cela va-t-il se dérouler ? J.M. : Le public est directement plongé dans l’univers du XIXème siècle anglais et est intégré au spectacle par le biais des techniques du théâtre immersif (jeu au milieu des spectateurs, prise à partie, improvisation). Nous sommes sensés assister à la réouverture d’un lieu culturel victorien, fermé un an auparavant suite à un décès plus que suspect. Sherlock Holmes fait partie des invités d’honneur et bien évidemment, durant la soirée, un meurtre sera commis… ClM : La Compagnie du Capitaine présente aussi d’autres spectacles, d’enquêtes, d’illusions et de magies, d’histoires et légendes, et même du Shakespeare, quel est votre rapport aux mots ? J.M. : Le langage définit notre façon de penser et de concevoir le monde. Une même information délivrée avec des mots différents n’a pas du tout la même concrétisation dans l’esprit de celui qui la reçoit et les actes qui s’en suivent sont différents. Les mots et le langage constituent notre identité. C’est précisément le cœur de la thématique de notre travail sur notre nouvelle pièce “S’il ne nous reste que Shakespeare” dans laquelle les personnages ont la particularité de ne pouvoir s’exprimer qu’avec des phrases issues des pièces de Shakespeare. ClM : Vos spectacles d’enquêtes “Sherlock Holmes” ou “films noirs” cherchent-ils à éveiller l’esprit critique ? J.M. : Ils cherchent avant tout à divertir et à proposer une autre approche du spectacle vivant, un peu plus active de la part du spectateur. Et bien sûr, l’esprit critique étant en partie observation, scepticisme et analyse, les théâtre-enquêtes y encouragent ! L’humour est la meilleure façon de faire passer des idées ClM : Vous écrivez et mettez en scène, quels sont vos sujets favoris et vos projets ? J.M. : J’aime tout ce qui touche à la nature humaine, mais j’aime beaucoup aussi tout ce qui est iconique et participe à notre héritage culturel global. C’est le cas avec Holmes mais aussi avec l’œuvre de Shakespeare sur laquelle nous travaillons en ce moment. Je travaille également à l’écriture d’une série TV mais chut, c’est top secret ! ClM : Vous préparez un autre spectacle en partenariat avec la librairie un point un trait, un spectacle d’humour et d’improvisation. Comment cela se travaille-t-il ? J.M. : L’improvisation théâtrale telle que nous la pratiquons est très technique et demande énormément d’entraînement et de travail. J’enseigne depuis plus de 20 ans et les improvisateurs de la troupe suivent mes formations comme les autres élèves “amateurs”. Il faut pas mal d’heures de vol pour participer à un spectacle d’impro de la Compagnie du Capitaine. ClM : Dans vos spectacles, l’humour est souvent présent, qu’est-ce pour vous l’humour ? J.M. : L’humour est la meilleure façon de faire passer des idées. Le spectateur est en mode “détente” donc beaucoup plus ouvert à recevoir les messages que nous autres artistes essayons de diffuser. Rien de bien original : l’amour, la tolérance, le respect… ClM : Un spectacle d’improvisation n’est-il pas la meilleure façon d’éviter le “trou de mémoire” et donc peut-être une forme de “trac” ? J.M. : En fait l’improvisation théâtrale est mille fois plus difficile pour un comédien que l’interprétation d’un rôle
Questions à Hajar Azell

Interview Questions à Hajar Azell Invitée à la librairie un point un trait, le 8 Avril 2022 voir la rencontre Bonjour Hajar Azell !Vous serez à la Cave de Cabrières près de Clermont l’Hérault pour une première rencontre ensuite à Lodève à la Librairie un point un trait pour participer à un atelier d’écriture puis à une rencontre suivie d’une séance de dédicaces ?Même les lycéens auront l’occasion de vous découvrir !
