Sucré / Salé – 193

Sucré CAKE AUX DATTES et aux noix Temps de préparation : 10 minTemps de cuisson : 40 minIngrédients pour 6 personnes • 200 g de dattes dénoyautées• 180 g de farine• 120 g de sucre en poudre• 100 g de beurre• 3 œufs• 75 g de noix concassées (ou de pignons de pin)• 1 sachet de levure • 1 pincée de sel Préchauffer le four th.5/6 (170°C). Couper les dattes en morceaux et les mettre dans l’eau bouillante pendant 15 min puis laisser à part dans une passoire. Dans un saladier, battre les œufs avec le sucre puis ajouter le beurre fondu tout en fouettant, ajouter petit à petit la farine, la levure et le sel. Ajouter les dattes et les noix (ou les pignons de pin), bien mélanger et verser la préparation dans un moule à cake. Enfourner pendant 40 min. HOUMOUS AU POTIRON Salé Temps de préparation : 20 minTemps de cuisson : 30 minIngrédients pour 8 personnes • 400 g de potiron ou de courge• 450 g de pois chiches • 4 càc de pâte à base d’huile de sésame (Tahini) • 1 gousse d’ail pressée• 4 càs d’huile d’olive• 2 càs de jus de citronsel, poivre Découper le potiron en cube.Mettre dans une casserole et saler. Porter à ébullition et cuire 20 minutes environ jusqu’à ce que vous puissiez planter et retirer facilement la pointe d’un couteau dans les morceaux de potiron.Égoutter et laisser refroidir.Égoutter les pois chiches.Mixer finement le potiron avec les pois chiches et la gousse d’ail. Ajouter le tahini et le citron. Mixer jusqu’à obtenir une texture homogène.Saler et poivrer. Mettre au frais jusqu’au moment de servir. Verser l’huile d’olive sur le dessus pour la décoration. Bon appétit ! Load More
Parce Que – 193

Cinéma PARCE QUE Cette saison, je ne m’étendrai pas sur un film en particulier. Via ma rubrique Parce que…, je vous propose un panel non exhaustif de productions qui ont titillé ma curiosité de cinéphage. Et n’oublions pas : Aller au cinoche, ça vide un peu les poches mais ça fait du bien à la caboche ! Sortie : 27 septembre. Fanny et Jean ont tout du couple idéal : épanouis dans leur vie professionnelle, ils habitent un magnifique appartement dans les beaux quartiers de Paris. Mais lorsque Fanny croise, par hasard, Alain, ancien camarade de lycée, elle est aussitôt chavirée… Parce que : Triangle amoureux à la sauce Woody Allen. J’ai tellement adoré la plupart de ses films que je ne me résous pas à en zapper malgré l’inconsistance de ses dernières réalisations. Sortie : 27 septembre. L’incroyable histoire d’un enfant, meurtri par la vie, qui trouvera son salut grâce à l’amour que lui portent ses chiens Parce que : Luc Besson eh oui ! Je n’ai pas oublié qu’il a réalisé des films que j’ai adorés (Léon, Nikita, Subway, le cinquième élément, etc.), “Le grand bleu” (pas mon truc, mais bon…) et que le ciné, celui qui vous en met plein la vue, n’est pas exclusivement made in USA. Sortie : 27 septembre. Dans un futur proche, humains et intelligence artificielle (IA) se livrent une guerre sans merci. Soldat américain infiltré en Asie, Joshua est chargé de retrouver une arme créée par une IA et la détruire… Parce que : SF, genre que j’affectionne particulièrement et BA convaincante tout comme le casting (J.D. Washington (Tenet – Malcom & Marie) fils de “l’immense” Denzel). Sortie : 4 octobre. Dans un monde en proie à une vague de mutations qui transforment peu à peu certains humains en animaux, François fait tout pour sauver sa femme, touchée par ce phénomène mystérieux. Alors que la région se peuple de créatures d’un nouveau genre, il embarque Émile, leur fils de 16 ans… Parce que : Romain Duris dans un Drame/Aventure/Fantastique ??? Cocktail détonant qui attise ma curiosité ! Sortie : 11 octobre. Nouveaux membres, nouveaux styles, nouvelles tactiques pour ce nouvel opus explosif ! Parce que : Avec un synopsis de ce calibre, on ne peut que foncer, LOL ! Pour tous les nostalgiques du 1 et se reposer les méninges. Sortie : 18 octobre. Au début du XXe siècle, le pétrole a apporté la fortune au peuple Osage qui, du jour au lendemain, est devenu l’un des plus riches du monde. La richesse de ces Amérindiens attire aussitôt la convoitise de Blancs peu recommandables… Parce que : Scorsese, De Niro, DiCaprio… Rien à ajouter ! Sortie : 18 octobre. Albert et Bruno sont surendettés et en bout de course, c’est dans le chemin associatif qu’ils empruntent ensemble qu’ils croisent des jeunes militants écolos. Plus attirés par la bière et les chips gratuites que par leurs arguments… Parce que : Toledano / Nakache (Nos jours heureux, Intouchables, Le sens de la fête), je suis fan. Sortie : 25 octobre. Journaliste politique en disgrâce placée à la rubrique football, Mlle Pove est sollicitée pour suivre l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle. Le favori est Pierre-Henry Mercier, héritier d’une puissante famille française et novice en politique… Parce que : J’ai lu quelques critiques acerbes sur ce nouveau Dupontel, tiens donc ! Mais un Albert ne se rate pas !!! Sortie : 8 novembre. Né dans une famille aisée, Henri Grouès a été à la fois résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. Des bancs de l’Assemblée Nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son engagement auprès des plus faibles lui a valu une renommée internationale… Parce que : J’espère en apprendre encore plus sur ce Monsieur qui laissera une trace indélébile au Panthéon des grands hommes… Sortie : 15 novembre. Thriller basé sur l’incroyable histoire vraie d’un ancien agent fédéral américain qui se lance dans une opération de sauvetage au péril de sa vie, pour libérer des centaines d’enfants prisonniers de trafiquants sexuels. Parce que : Petit rappel contre ce virus qui gangrène notre humanité, dont on parle peu et qui rapporterait encore plus d’argent que le marché de la drogue. Claude Bermejo Load More
Dans la chronique de Bekar

MUSIQUE Dans la chronique de bekar Marjorie et Anne-Catherine Anne-Catherine qui a arrangé et orchestré ce projet ajoute qu’elle l’a fait “en imaginant l’enfant qui allait écouter les chansons comme si nous étions juste à côté de lui. Ce qui compte c’est ce qui se transmet à ce moment-là, en toute simplicité.” Mon fils, Solal (10 ans) aime particulièrement Iro Yé en béninois, mais je le soupçonne d’avoir cette préférence parce qu’il sait que j’y ai également posé ma voix dans les chœurs. Les arrangements sont effectivement épurés, conduisant notre écoute à un essentiel du chant et de la musique. Ainsi le titre Louloulou est composé à la voix uniquement de cette onomatopée, accompagnant l’écoute dans une délicate invitation à chanter avec elles. Quelle chance ! Vous aurez l’occasion de le faire le 1er octobre à St Jean de Fos (Chapelle St Genies) et le 15 octobre à Laroque (Chapelle Saint Jean). Retrouvez Marjorie et Anne-Catherine sur internet : facebook.com/LaPetiteFillequisAttarde Bekar
L’idée Livres 193

Littérature L’enfant dans le taxi de Sylvain Prudhomme Je sais seulement que cela fut. Que ces deux bouches un jour de printemps s’embrassèrent. Que ces deux corps se prirent. Je sais que Malusci et cette femme s’aimèrent (…) Je sais que de ce plaisir naquit un enfant, qui vit toujours, là-bas, près du lac. Et que ce livre est comme un livre vers lui. L’auteur part à la recherche de M. l’enfant bâtard du côté de son grand-père. Ce dernier, soldat français, a eu une liaison avec une Allemande et aura un fils qu’il reniera. Par petites touches, lentement mais résolument, l’auteur remonte l’histoire de ses grands-parents et déroule la pelote du passé. Il se heurte au silence, au déni, à l’oubli et surtout à la menace de la grand-mère. Une aide inattendue vient le bousculer et le relance dans sa quête, ancrage salutaire car en parallèle, il se sépare de sa compagne et mère de ses deux enfants. Avec une écriture simple et juste, Sylvain Prudhomme nous livre une introspection émouvante et très touchante. Mississippi de Sophie G. Lucas “Remonter sa lignée familiale comme on le ferait d’un fleuve. Alluvions, sédiments,assèchements… de qui sommes-nous faits ? De quels paysages, de quelles histoires individuelles et collectives ? Et qui nous raconte, nous, gens ordinaires ?”Presque deux siècles d’une fresque familiale tumultueuse, où l’histoire des petites gens est enchevêtrée à la grande, les guerres, les inégalités et les injustices sociales.Ce texte est porté par une écriture singulière et créative, profonde et poétique.On est embarqué dans ce roman comme dans le flux de l’eau, impossible de ne pas tourner la page !On se laisse porter par la rage de vivre de ces gens ordinaires, résolus à vivre leur propre vie.Premier roman de cette autrice, mais pas le premier texte, je vous conseille aussi vivement son dernier recueil de poésie “Moujik Moujik” ! Le soldat désaccordé de Gilles Marchand Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Énorme coup de cœur !Un récit intelligent, poétique, romanesque. L’auteur parvient à faire ressortir les jolies choses dans un monde d’horreur, à faire vibrer les personnages, à les rendre superbes même quand ils se dirigent inéluctablement vers la mort. Le personnage principal, qui a perdu l’amour de sa vie et sa main gauche, va pendant 10 ans rechercher un couple d’amants maudits, Émile et Lucie. Il va vivre avec nous un chassé-croisé dramatique jusqu’au dénouement bouleversant. Ivo a mis les voiles de Nicolaï Pinheiro Brésil, fin des années 80. Pedro, un jeune garçon taiseux, apprend la mort d’Ivo et se lance alors sur la trace de son dernier périple, sur les routes du Nordeste. Allant d’indice en indice, l’amour et l’amitié s’invitent bientôt au voyage. Nous suivons le parcours de Pedro qui, à la recherche de son passé, de son histoire, va vivre des journées intenses, des rencontres chargées d’émotions. Véritable parcours initiatique pour Pedro qui va s’interroger, douter et cheminer. En parallèle, nous découvrons Ivo le vieux mécanicien qui n’a jamais su rester sur place et a passé sa vie sur les routes. Mais, cette fois-ci, il semble déterminer à clôturer sa transhumance.De très belles planches aux couleurs pastel accompagnent les pérégrinations de chacun. Une réussite. Magnifique de Jean-Félix de La Ville Baugé De mes premiers jours à l’hôpital du camp, je n’ai qu’un souvenir. Un homme s’adressa à quelqu’un à côté de moi : “Elle a dû déguster, celle-là… Les FPR l’ont récupérée sur une route… elle courait à moitié nue…” Je ressentis un grand calme avant de me rendormir. “Ils savent… Ils savent…” Uppercut. L’histoire d’une rescapée Tutsie du massacre de 1994 au Rwanda qui écrit à son mari 28 ans après les faits. Elle vit en Suisse, a eu quatre enfants et n’a jamais pu raconter à son mari ce qu’elle avait vécu. Directeur d’une ONG, il tombe amoureux de cette jeune femme de 17 ans retrouvée errante au bord de la route. Il va rester à son chevet tous les jours jusqu’à la rapatrier dans son pays et l’épouser. Par bribes, Magnifique (c’est le prénom de cette femme qui porte bien son nom) va nous raconter l’abomination, l’indicible avec pudeur et dignité. L’auteur revient sur ces faits de très belle façon, comme un conte horrifique et nous interroge sur comment tout cela a pu être possible. Les différents points de vue, les enjeux politiques, militaires… Ça fait froid dans le dos et on se dit que décidément l’être humain n’est pas beau à voir. Panorama de Lilia Hassaine “C’était il y a tout juste un an. Une famille a disparu, là où personne ne disparaissait jamais. On m’a chargée de l’enquête, et ce que j’ai découvert au fil des semaines a ébranlé toutes mes certitudes.” Un monde du futur, mais pas si lointain, un monde glaçant et réaliste où les maisons sont transparentes afin d’éviter les violences cachées. La sphère privée n’existe plus, chacun voit l’autre et le contrôle. La criminalité est au plus bas, les policiers sont devenus des “gardiens de protection” mais peu à peu d’autres violences sournoises et perverses viennent s’installer. Hélène, une ex-commissaire de police va enquêter sur la disparition mystérieuse de toute une famille et va au fur et à mesure de ses recherches nous dévoiler les dessous d’une société qui a perdu son âme. Humus de Gaspard Koenig Deux étudiants se rencontrent sur les bancs de AgroParisTech. Angoissés comme toute leur génération par la crise écologique, ils veulent changer le monde ! Kevin, fils d’ouvriers agricoles, lance une start-up de vermicompostage et endosse l’uniforme du parfait transfuge sur la scène du capitalisme vert. Arthur, issu de la bourgeoisie, tente de régénérer le champ familial ruiné par les pesticides mais se heurte à la réalité de la vie rurale.Du bocage normand à la Silicon Valley, des
Master Dectective Archives : Rain Code

Jeux Vidéo master detective archives RAIN CODE Développé par Too Kyo Games & Spike Chunsoft. Paru sur Nintendo Switch, le 30 juin 2023. Genres : Enquête, Narratif. Déconseillé aux -16 ans L’aventure commence dans la remise d’une gare. C’est dans cette petit pièce encombrée d’objets perdus, que la rencontre avec le protagoniste principal du jeu se fait : Yuma Kokohead. Derrière ce nom étrange se cache bien des mystères car notre héros est amnésique ! Seuls indices sur ce qu’il fait là : un billet de train et une lettre provenant de l’Organisation Mondiale des Détectives (OMD)… En montant dans le train, Yuma s’embarque sans le savoir dans un voyage bien périlleux ! Si le mot Detective du titre ne vous a pas mis la puce à l’oreille, Rain Code est un jeu d’enquête. C’est à dire que la trame narrative et le gameplay du jeu sont axés autour de différentes affaires criminelles. Et c’est au joueur de les résoudre pour faire progresser le scénario. En fait, la première affaire se déroule directement dans le train, histoire de se mettre dans le bain très vite…Ce n’est qu’une fois ce prologue terminé que Yuma se retrouve à Kanai Ward. Une ville au paysage idyllique… pour les amateurs de pluie incessante et de néons verts flashy ! Les “Pacificateurs” (mélange entre police et milice) y règnent en maîtres absolus et la ville est sous le joug d’une multinationale très louche : L’Amaterasu Corporation. Bref, un endroit charmant pour vos prochaines vacances… C’est d’ailleurs la principale motivation pour l’OMD d’envoyer des Maîtres détectives enquêter à Kanai Ward : comprendre ce qu’il se passe dans cette ville coupée du monde ! Et pour répondre à cette question, il n’y a qu’un seul moyen : arpenter la ville à la recherche d’indices… Vous l’aurez compris, Yuma se retrouve à chaque fois plongé dans une nouvelle affaire que l’on devra résoudre et qui fera progresser notre compréhension des personnages et du mystère global qui entoure la ville. Voilà pour la structure scénaristique, efficace et tout de même plus variée que ce que mon texte laisse penser, mais je ne souhaite pas révéler certains événements qui viennent la bousculer… L’histoire que le jeu raconte est intrigante mais ce sont surtout les personnages qui la font vivre ainsi que le gameplay atypique qui rendent le jeu intéressant à mon sens. Yuma est accompagné d’une déesse de la mort (oui, rien que ça), nomméeShinigami, une alliée de poids pour résoudre les affaires ! Grâce à ses pouvoirs, Shinigami peut matérialiser, sous la forme d’un Labyrinthe des mystères, la totalité de l’affaire en cours. Suspects, indices, éléments perturbateurs, interrogations et incohérences, tout se retrouve sous la forme d’embranchements labyrinthiques, d’ennemis à combattre ou d’énigmes à résoudre. En plus deShinigami, les membres de l’OMD aussi ont des capacités spéciales. Des Aptitudes hors du commun qui se révéleront très utiles lors des enquêtes. Ces pouvoirs permettent de modifier l’approche des investigations et ajoutent une dimension surnaturelle fort appréciable. J’ajoute à ça la personnalité bien trempée de chaque personnage et tout est réuni pour obtenir une histoire qui tient la route, qui est plaisante à suivre et qui sait faire varier les plaisirs ! Je tiens quand même à prévenir les plus sensibles (ou jeunes) d’entre vous, le jeu cible clairement des joueurs adultes. Les thématiques liées aux crimes ne sont pas du tout abordées comme le fait un Ace Attorney (voir C le Mag n°187) mais adopte un ton bien plus sérieux. Que ce soit dans la psychologie des personnages pour la plupart torturés, dans la mise en scène de certains dialogues ou dans les scènes de crimes non-censurées, bien souvent glauques, il faut être prévenu. Rassurez-vous, la direction artistique du titre ne vise pas du tout le réalisme, mais retranscrit plutôt très bien l’univers détraqué que le jeu met en scène. Une ambiance visuelle qui dérange un peu, d’autant qu’elle est renforcée par la bande-son (musiques, doublages et bruitages) toujours d’à-propos. Ce n’est pas une BO que j’écouterai dans mon salon, mais le jeu des silences, des bruitages stridents et des musiques presque métal rendent vraiment bien. Avec son approche originale dans la résolution des affaires via le Labyrinthe des mystères et les Aptitudes de nos alliés lors des enquêtes, Rain Code arrive à garder un rythme soutenu. Manette en main, une sorte d’alternance s’installe entre dialogues (découverte de l’histoire, mise en place des personnages, etc.) enquêtes (chercher des Clés solutions, sorte d’indices qui pourront servir dans le Labyrinthe) et résolutions (via le Labyrinthe des mystères de Shinigami). Ce triptyque représente le cœur du jeu mais aucune de ses différentes phases ne se ressemblent dans chaque affaire. Notamment grâce aux crimes eux-mêmes qui diffèrent mais aussi grâce aux nouveaux personnages qui font leur apparition, aux nouvelles aptitudes qui se révèlent et à la structure des labyrinthes. Ces changements apportent à chaque fois un brin de fraîcheur, et passer d’une phase à l’autre est toujours plaisant ! Cela étant, il y a quand même quelques points négatifs à soulever qui rendent l’expérience de jeu particulière. Précédent Suivant La moitié du temps, le joueur est passif. Il ne fait “que” lire lors des phases de dialogues. Personnellement ça ne m’a pas dérangé, mais cela peut être rebutant pour celles et ceux qui ne cherchent qu’à résoudre des enquêtes. Comme je l’ai dit en début d’article, c’est un jeu narratif en premier lieu. Il prend le temps de raconter son histoire, de décrire son univers, et de développer ses personnages. C’est un point positif mais aussi négatif, car une certaine lenteur se ressent dans la narration. Le jeu prend un peu trop de temps pour tout mettre en place. Un bémol dû à la nature narrative du jeu : j’ai passé plus de temps à lire qu’à jouer… faut être au courant, disons. Plus embêtant, lorsque Yuma doit se rendre d’un point à un autre de la ville, pour les besoins scénaristiques et faire avancer la trame principale, on ne fait que déplacer le personnage d’un point à un autre… ça n’est pas très palpitant,
Questions à Jean-Baptiste Andréa

Interview Questions à Jean-Baptiste AndrEa ©Céline Nieszawer/Leextra/L’iconoclaste “Il me faut une empathie avec un sujet pour écrire dessus.” ROMAN : 592 pagesÉditeur : L’iconoclasteParution : août 2023ISBN : 978 237 880 3759 Un grand merci pour vos réponses. Nous aurons le plaisir de prolonger cet entretien lors de votre venue à la librairie un point un trait à Lodève le jeudi 16 novembre 2023 ! Stephan Pahl Load More
Sangliers, géographies d’un animal politique

Étude de Texte Sangliers, géographies d’un animal politique Trop chaud pour sortir, trop chaud pour travailler, trop chaud même pour la sieste… Que faire ? Ma fille m’a passé un livre au drôle de titre “Sangliers, géographies d’un animal politique” de Raphaël Mathevet et Roméo Bondon. Qu’est-ce que ça peut vouloir signifier ? Allez, je chausse mes lunettes de prof “sévère mais juste” et l’on va bien voir ce que ces petits jeunes ont inventé sur le sujet.La collection “Mondes Sauvages” d’Actes-Sud ambitionne de renouveler le regard sur la nature et permettre une nouvelle approche des relations avec le vivant. En ce sens, l’ouvrage proposé est en complet accord avec les attendus de cet éditeur. En effet, le sujet est agréablement dépaysant, tant par la forme que sur le fond.L’aspect général est simple et nous oblige à nous remettre en question. Pour nous, le sanglier n’est pas un animal comme les autres : il est gibier. Contrairement à la majorité des représentations actuelles du vivant, le mot sanglier évoque le triptyque chasse, nuisible, régulation.Les auteurs nous démontrent de manière très claire cette réduction de l’animal à une seule composante. Le texte est à la fois très détaillé et précis, révélant une étude de terrain sérieuse et pointue ; mais le ton reste léger, parfois ironique. Qu’on ne s’y trompe pas, sur un tel sujet, les moqueries à l’emporte-pièce sont faciles, mais l’écriture évite les platitudes et les remarques sont souvent emphatiques, permettant des points de vue différents. Même le sanglier a la parole : entre les chapitres, des textes très sensitifs essaient de nous montrer l’environnement perçu par l’animal. La forme est donc à la fois facile et documentée, et les changements d’écriture et de ton rendent la lecture aisée. Quant aux idées exposées, chaque chapitre fait le point sur un angle particulier. L’idée première est le lien omniprésent entre l’animal et la chasse : le terme cynégétique est peut-être le mot le plus utilisé dans cette œuvre. Et l’approche est celle de géographes : quel est le lien évolutif entre l’animal, l’homme et le milieu ? Le fil conducteur est l’historique de la chasse au sanglier en France. Comment, en quelques décennies, le sanglier, gibier rare et sauvage, est-il devenu la principale chasse, avec des effectifs exponentiels qui demandent un effort de régulation de plus en plus volumineux ?L’histoire de la chasse au sanglier est expliquée, et si l’action des chasseurs et des fédérations est mise en avant, ce n’est pas seulement sur un ton accusateur. Les auteurs vont plus loin que le simple constat. C’est l’approche générale de la ruralité en France, sociale, culturelle et économique avec l’agriculture qui est convoquée pour mieux cerner le problème “sanglier” et cet animal se prête bien à ces multiples questions. Les autres, loups, ours, rapaces… ont plus d’affect dans la perception de leur cohabitation avec l’humain. Le sanglier, lui, permet d’aborder les interrogations de façon plus neutre : qu’est-ce qu’un animal sauvage et quelle est sa place ? Et le livre nous force à nous interroger sur la définition d’un animal nuisible en raison de sa prolifération et des dégâts occasionnés. Mais aussi sur la cohabitation nature/activités humaines et sur la vision que l’on a de la gestion des espaces naturels et l’idée complexe de préservation et de régulation… Ce petit ouvrage […] arrive à nous intéresser à une question sur laquelle nous avons tous des a priori très schématiques Les réflexions s’enchaînent et les principaux points de cohabitation (et de friction) avec l’humain sont abordés. La chasse et le droit de propriété, la gestion de la faune, les problèmes sanitaires avec la peste porcine, l’indemnisation des dommages… et si le titre souligne que le sanglier est un animal politique, c’est bien là l’angle d’étude des deux chercheurs. La gestion du problème sanglier met en synergie, mais également en conflit, deux autorités aux buts parfois convergents mais le plus souvent divergents. Il s’agit de l’État et des fédérations de chasse. Des entités qui ont le même objectif, contrôler les sangliers, mais n’ont pas les mêmes visées sur la question. La forme instructive du texte n’est pas de caricaturer les rapports de force. L’analyse historique du problème montre bien les ambivalences des deux parties, et l’État français et ses représentants ont parfois tendance à se dédouaner des questions embarrassantes en les externalisant sur les chasseurs… Cette œuvre définit donc le sanglier comme un problème aux multiples facettes. Elle nous fait comprendre que le problème existe et qu’il sort du cadre caricatural du débat chasseur/non-chasseur. Elle n’apporte pas de solution miracle. Mais, au fil des chapitres, les différentes approches et le récit de nombreuses situations concrètes permettent d’imaginer des suites au “problème sanglier”. La réponse repose sur la chasse, mais en partie seulement. Si une politique globale de la gestion des espaces ruraux n’est pas mieux définie, il est illusoire de penser que la “régulation” cynégétique fournira une réponse efficace. Si l’on devait mettre un bémol à ce travail, ce serait de ne pas avoir encore agrandi le cercle des questionnements. Une point de vue biologique du sanglier permettrait de mieux appréhender sa vie et ses besoins. Une étude écologique nous faciliterait la connaissance de ses rapports avec le milieu naturel… Mais il fallait, pour éviter de se perdre, un cadre précis. Nos deux auteurs sont géographes, nous parlons donc de géographie, c’est-à-dire de l’intersection de l’image du monde et de son utilisation par l’homme. Ils le reconnaissent eux-mêmes : les études sur le sanglier ne sont pas si nombreuses. Hormis les chasseurs et l’État, ce sujet ne semble pas intéresser les chercheurs.Ce petit ouvrage a donc plusieurs cordes à son arc ; il arrive à nous intéresser à une question sur laquelle nous avons tous des a priori très schématiques ; il nous force à nous remettre en question en nous expliquant les différentes facettes du sujet ; il est à la fois sérieux et amusant, précis et léger. Il a le mérite de dire certaines vérités, loin des évidences, sans prendre un
De l’importance de témoigner

PHILOSOPHIE De l’importance de témoigner En ce début de mois de juillet 2023 une ombre plane sur le monde. La Russie et l’Ukraine ressemblent à des somnambules qui se dirigent potentiellement vers l’accident nucléaire, voire l’apocalypse : ils s’accusent mutuellement de préparer un attentat1 contre la centrale de Zaporijia. Le spectre de Tchernobyl se dresse à nouveau. Mais qui se souvient vraiment de cette catastrophe arrivée en avril 1986, il y a trente-sept ans ? Presque plus personne car en France il n’y a eu “que” des contaminations invisibles et niées par le gouvernement de l’époque. Pourtant Tchernobyl fut la première catastrophe qui nous toucha directement, après les lointains bombardements au Japon, ou la “négligée” catastrophe de Three Mile Island aux USA en 1979. Les conséquences après l’explosion du réacteur no 4 de Tchernobyl furent hors-normes : zones interdites en Ukraine, contamination, leucémies parmi une large partie de la population, sacrifice des premières équipes d’intervention, etc. Mais la mémoire collective étant ce qu’elle est, nous en gardons des traces paradoxales : celles d’une centrale qui continua ses activités pendant des années après l’accident nucléaire, d’une gestion calamiteuse par l’État soviétique, mais aussi les images du légendaire parc d’attraction qui devait être inauguré quatre jours après la catastrophe et, comble de l’absurde, le tourisme qui s’organise de nos jours2. Il y a aussi une série télévisée inspirée – et c’est là l’héritage le plus important – par un livre de Svetlana Alexievitch, La Supplication. L’autrice biélorusse, prix Nobel de littérature en 2015, regroupa dix ans après Tchernobyl les témoignages des acteurs qui ont vécu le drame au plus près. Ce livre est essentiel, mais lui-même recèle un paradoxe : il donne l’impression d’une collecte d’anecdotes ; anecdotes tragiques, mais anecdotes tout de même, alors que l’événement fut majeur. Pourquoi Alexievitch préféra-t-elle collecter des témoignages plutôt que faire une analyse scientifique ou un essai militant ? Quelle est la valeur intrinsèque de témoignages par définition partiels et subjectifs ? Pourquoi nous permettent-ils de relever le voile sur la vérité ? Ma réponse sera que les témoins permettent, à travers leur point de vue, de saisir la totalité d’un événement. Un peu comme les Paroles de poilus rassemblées par Jean-Pierre Guéno qui racontent ce que fut la Grande Guerre avec une vérité intouchable autrement. Comment comprendre pourquoi le témoignage joue un rôle majeur ? Un philosophe allemand du XVIIe siècle, Leibnitz, va nous aider en utilisant la notion deMONADE, concept qui désigne l’idée d’une unité absolue. Selon Leibnitz, notre esprit et notre âme sont en réalité une monade, c’est-à-dire un point inaltérable, mu par un principe interne mais qu’aucune cause externe ne peut influencer. Ce principe interne est le passage d’une perception à une autre3. Quelle étrange idée ! Le réel ne nous influencerait pas, mais au contraire chacun de nous saisirions ce réel en fonction de notre monade ? Autrement dit nous serions chacun une bulle hermétique mais saisissant le monde grâce et en fonction de notre perception, ou plus exactement la multitude de perceptions qui nous caractérise. Leibnitz, anticipant en cela les philosophies de l’inconscient du XIXe siècle, considérait que des centaines de petites perceptions dont on n’avait pas conscience déterminaient notre vision d’un fait, un peu comme la multitude de bruits que fait une vague lorsqu’elle envahit une plage : nous devons faire un effort pour nous apercevoir de sa complexité (et donc en prendre conscience) et c’est la même relation que nous avons avec la réalité. il y a comme autant de différents univers, qui ne sont pourtant que les perspectives d’un seul selon les différents points de vue Quel est le lien avec l’affaire qui nous occupe, c’est-à-dire le rôle des témoins pour comprendre un événement ? “Chaque substance simple a des rapports qui expriment toutes les autres, et […] elle est par conséquent un miroir vivant perpétuel de l’univers”. “Et comme une ville regardée de différents côtés paraît tout autre et est comme multipliée perspectivement, il arrive de même, que par la multitude infinie des substances simples, il y a comme autant de différents univers, qui ne sont pourtant que les perspectives d’un seul selon les différents points de vue de chaque Monade” (paragraphes 56 et 57 de la Monadologie). Ce que veut dire Leibnitz, c’est que, nous exprimons chacun un point de vue qui permet de saisir la complexité et la totalité d’un événement qui nous dépasse par son ampleur, car nous ne le percevons que sous un angle particulier. Il y a donc deux idées qui s’entremêlent. L’une est que la perception se fait sous un angle toujours singulier, en fonction de l’individu qui perçoit. Il est intéressant car différent du nôtre. L’autre est que le recueil, la somme des points de vue singuliers, nous permet de découvrir la complexité d’un événement. Chacun aperçoit une petite partie des choses qui nous font face mais tous, nous participerons à saisir l’harmonie de l’ensemble, harmonie non pas dans le sens où la paix règne dans un ordre parfait, mais harmonie dans le sens où chaque détail joue un rôle dans la totalité. Leibnitz était un théologien et son explication avait pour finalité d’expliquer la raison pour laquelle Dieu avait créé cet univers et non pas un autre, et plus particulièrement pourquoi il avait permis au mal d’exister. Mais même si nous ne voulons pas nous embarrasser du concept de Dieu bienveillant, nous sommes en droit de nous demander quelle est la cohérence d’un événement tel que l’explosion du réacteur no 4 de la centrale de Tchernobyl. Pourquoi cela eut lieu ? Nous pouvons nous limiter à la description des causes qui se sont enchaînées la nuit du 26 avril 1986, mais cela reste froid, lointain, car trop technique (la catastrophe commença avec un essai raté de la sécurité !). Tout autre est ce que vécurent les habitants et les principaux acteurs de cette tragédie. Ils l’ont vécue dans leur chair et leur âme (ce que Leibnitz appelle une monade) a perçu ce que nous ne pouvons pas imaginer avec leur propre singularité. “Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus
