1944. Madeleine – résistante, nom de code “Rainer” – est arrêtée après avoir abattu un officier nazi. Un crime “terroriste”, qui la condamne aux terribles interrogatoires des Brigades spéciales, la police de Vichy.
Un troisième tome tout aussi bon que les précédents. Nous suivons le parcours d’une jeune femme exceptionnelle qui résiste de toutes ses forces à l’envahisseur, aux tortures et aux injustices. Madeleine est attachante, sincère et volontaire. Sa générosité et son empathie sont hors du commun et viennent éclairer cette sombre page d’histoire qui continue à nous faire froid dans le dos. Un récit et des dessins d’une grande qualité. À ne pas manquer.
“Une nuit, j’ai reçu un appel de ma mère. Elle me disait au téléphone que l’homme avec qui elle vivait était ivre et qu’il l’insultait. Elle qui avait quitté mon père quelques années plus tôt pour échapper à l’enfermement domestique se retrouvait à nouveau piégée”.
Après Combats et métamorphoses d’une femme, Édouard Louis rend une nouvelle fois hommage à sa mère. Loin d’être plombant, comme il nous a souvent habitué, son récit est ici, solaire, positif, beau et touchant. Il va nous livrer par petites touches la transformation de sa mère, sa revanche sur la vie. Sa relation avec elle est particulièrement émouvante. Édouard Louis est d’une finesse, d’une douceur, d’une réflexion et d’un recul sur les événements hors du commun.
Bienvenue en Frzangzwe (toute ressemblance avec notre beau pays serait purement fortuite) où le fossé se creuse entre les précaires et les nantis… Une équipe de bras cassés follement attachants prépare le grand soir tandis que la fille de l’archimaréchal rêve d’échapper à sa vie bien ordonnée. Les deux mondes vont entrer en collision dans une suite de péripéties burlesques.
Marcus Malte signe ici une fable révolutionnaire joyeusement déjantée, aux personnages décalés et touchants. Comme dans ses précédents romans, on est sous le charme de sa langue extrêmement inventive, et on sent le réel plaisir qu’il a dû prendre à écrire celui-ci.
Un vrai régal et un antidote bienvenu au sérieux et à la morosité !
Dans un royaume contemporain fictif, l’historienne Martabée est mandatée par l’Empereur pour diriger le camp de fouilles archéologiques où l’on vient de retrouver des vestiges des Morgondes, les ancêtres de la nation. Après l’excitation des premières découvertes, qui semblent coller à la vision impériale d’un grand peuple de guerriers et d’artistes, il lui faudra affronter d’autres facettes du passé de son pays et les sombres coutumes de ses aïeux. Se joue alors pour elle le choix crucial entre la gloire et la vérité…
Deuxième roman de Perrine Tripier, Conque est une fable moderne, intime et politique, qui explore les thèmes du pouvoir et de la responsabilité intellectuelle. L’écriture riche et ciselée de l’autrice nous plonge dans ce récit glaçant sur la quête des origines et l’écriture (ou réécriture) de l’histoire.
Lorsque Toya, une jeune afro-américaine, revient dans sa ville natale de Caroline du Nord et engage un projet artistique visant à dénoncer le racisme, elle provoque de violentes tensions dans cette communauté d’apparence tranquille. Suite à ce pavé dans la mare, deux meurtres sont commis. Une jeune inspectrice et un shérif proche de la retraite mènent l’enquête et révèlent peu à peu les faux semblants entretenus depuis des décennies.
Dans son nouveau roman noir, David Joy s’attaque à la question complexe du racisme dans la société américaine mais aussi à celles de l’art et de la transmission.
La trame est impeccable, les dialogues ciselés, et les portraits psychologiques des personnages extrêmement bien détaillés, ce qui nous plonge dans cette histoire d’un réalisme criant de vérité et de tristesse.
Un roman tout en subtilité, dominé par de puissantes figures de femmes, et d’une écriture toujours aussi fluide et percutante.
Suite à son essai sur la violence masculine Nos pères, nos frères, nos amis, Mathieu Palain reçoit le témoignage de Jessie et après de nombreux entretiens avec elle, décide d’en faire un roman. Marco, 15 ans, le fils de Jessie est en rupture scolaire et familiale et sa mère n’arrive plus à lui parler. Un soir, après deux jours sans nouvelles, il lui demande de venir le chercher à une fête et lui avoue peu après avoir commis un acte irréparable.
Face à son fils cette nuit-là et dans une tentative de lui ouvrir les yeux sur ce qu’il a fait, Jessie se raconte et revit des épisodes de sa construction de femme dans une société patriarcale. A travers ce récit en “je”, Mathieu Palain explore de nombreux thèmes très contemporains, questionnant notre regard sur la féminité, la maternité, les relations hommes-femmes, mais aussi sur la transmission filiale des traumatismes. Un roman d’une grande puissance, sensible et percutant.
Aux yeux de Liam, sa sœur est une héroïne. Lorsqu’elle meurt à vingt ans, le deuil semble impossible. Liam décide de reconstituer la dernière pensée de sa sœur, persuadé qu’elle est à l’origine de l’univers chaotique dans lequel il doit désormais vivre.
Un roman magnifique, intelligent où la poésie vient côtoyer la symbolique avec élégance. L’auteure, aidée par sa Muse, a le devoir de rendre hommage à ses personnages et ils nous le rendent bien. Marianne qui bouleverse son entourage après sa disparition brutale, Liam qui peu à peu apprend à se reconstruire auprès de Béatrix, la Méduse de l’histoire. Difficile de les oublier.
Medusa, c’est un éloge aux femmes féroces et vivantes, celles du passé, du présent et du futur, celles qui souffrent, qui se taisent et qui se perdent.
“Je n’ai pas dit : David, allez, s’il te plaît, c’est dangereux. David, on annule, s’il te plaît, écoute-moi, je crois qu’il ne faut pas le faire. Je ne l’ai pas dit. Peut-être que si je l’avais fait, nous serions toujours l’un près de l’autre aujourd’hui”.
Une écriture juste et poignante pour décrire l’indicible, les non dits et les violences sous-jacentes. C’est l’histoire d’un enfant de 10 ans, pas tout à fait comme les autres, qui se contraint d’exister à travers le prisme et la case dans lesquels le projette et l’enferme sa mère depuis sa naissance. On le dit fou, alors pour exister, il le deviendra. Seule sa sœur jumelle sait qui il est, le comprend et le respecte. Mais sa fidélité sera mise à mal dans ce monde où les destins sont écrits d’avance et sont remplis de désespoir.

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