Littérature

Les fils de l’aigle

de Antonin Varenne

En 1970, tandis que les États-Unis s’embourbent dans la guerre au Vietnam, des pacifistes américains de vingt ans, à deux contre quarante, détournent en plein océan un cargo chargé de napalm.

Beaucoup aimé. Pourtant le thème ne m’inspirait pas, je ne suis pas fan des romans historiques, mais là, j’avoue, l’auteur s’en sort magnifiquement. Comme les protagonistes du bar, nous sommes pendus aux lèvres du journaliste gaucho qui raconte l’histoire de ces deux jeunes idéalistes qui ont voulu détourner un paquebot rempli d’armes pour soutenir les soldats américains au Vietnam. Par petites touches, les auditeurs du bar, dont un lieutenant de police qui en tant que jury vient de reconnaître la culpabilité d’un des deux protagonistes, vont évoluer et changer leurs points de vue. (On pense au film culte Douze Hommes en colère de Sidney Lumet). Romancé à partir d’un fait réel, Antonin Varenne parvient à nous toucher avec ce récit humaniste qui dénonce l’absurdité des guerres. 

Il pourra nous en parler de vive voix le 13 juin car lui aussi a répondu positivement à notre invitation pour le festival 😉

La mariée silencieuse

de Piergiorgio Pulixi

Lorsque Maria Donata est retrouvée assassinée, vêtue d’une robe de mariée qui n’est pas la sienne, son père Italo, vieil homme brisé mais déterminé, supplie qu’on ne laisse pas l’affaire sombrer dans l’oubli. Vito, Eva et Mara sont de retour !

Je me suis régalée ! Plus que l’histoire policière elle-même, ce sont les interactions entre les personnages principaux qui sont excellentes. On en apprend plus sur eux, sur leur passé, leurs failles et leurs faiblesses… même les nouveaux venus sont très attachants et leur histoire riche en événements. Décidément Pulixi ne cesse de nous surprendre et c’est tant mieux !

Zem

de Laurent Gaudé

De retour dans les rues de Magnapole, une cité futuriste, Zem Sparak, l’ancien flic déclassé de la zone 3, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l’homme qui a promis d’abolir les différences de classe et de réunifier la ville.

Quel plaisir de retrouver les héros de Chien 51 ! Zem qui erre comme une âme en peine à la recherche de Léna, son amour de jeunesse et dont il a été séparé brutalement lorsque la Grèce a cessé d’exister. Peur d’avoir été trahi, il abandonne tout espoir et veut en finir avec la vie. C’est Sélia Salia, son ancienne partenaire qui va venir le sauver et lui donner des raisons de s’accrocher encore un peu. Ensemble, ils vont découvrir ce qu’on leur cache et vont devoir se battre dans ce nouveau monde rempli de violences et d’injustices.

Encore une fois, Laurent Gaudé nous offre une très belle prose, tout en finesse et profondeur.  C’est assez rare dans le genre roman noir pour le souligner. Quel talent !.

La romanesque histoire d’une cafetière nommée Moka

de A. Barbaglia et C. Bialetti

L’histoire de la cafetière Bialetti commence dans un village du Nord de l’Italie, un jour de 1936. Au petit matin, une jeune femme remplit d’eau, puis de linge sale, une lessiveuse placée dans le jardin de sa maison. Dans l’ombre, son mari la regarde et attend le moment où elle va faire partir le feu avec une allumette glissée sous le conteneur pour que l’eau, en bouillant, monte jusqu’au linge. Ce principe pourrait-il être appliqué à une autre machine ? À une machine à café, par exemple ?

Décidément, je suis fan de cet auteur ! Troisième livre, troisième lecture, troisième bonheur. Cette fois, Alessandro Barbaglia est en duo avec Celestina Bialetti, la fille et la sœur de ceux qui ont inventé puis commercialisé la célèbre petite cafetière ! A travers plusieurs décennies et grâce au témoignage de Celestina, on apprend le déroulement de cette incroyable aventure italienne. Et encore une fois, cette page d’histoire, qui a été romancée de façon délicate, sensible et avec beaucoup de pudeur, est devenue la force et la marque de fabrique de l’auteur. Un régal de lecture comme celui d’un bon café 😉

Ceux qui méritent de mourir

de Carlos Salem

“Mon nom est Personne.” Voilà les mots retrouvés sur chacune des victimes d’un tueur en série qui sévit en Espagne. D’après lui, elles auraient mérité leur sort. Alors, comme pour effacer leurs traits, leur visage a été enveloppé dans du film alimentaire.

Pour arrêter “Personne”, Severo Justo, ancien prêtre et policier le plus décoré du pays, réunit une équipe hétéroclite composée d’une psychiatre schizophrène, d’une hackeuse octogénaire et d’un légiste qui sait communiquer avec les morts. Mais très vite, l’assassin, obsédé par le passé de Justo, décide de l’attirer dans ses plans sordides. Le compte à rebours est enclenché, d’autant que Severo a décidé que cette affaire serait sa dernière… avant son suicide.

Très contente de retrouver cet auteur, que j’avais délaissé depuis de nombreuses années. Un retour en force avec ce premier tome de sa nouvelle série « Enquête de la Brigade des apôtres de Severo Justo ». Les personnages sont tous un peu fous et trimbalent des casseroles grosses comme eux. On se délecte à chaque page, on ne saute aucun passage, on est accro. Vivement la suite !

L’homme qui vendit la Tour Eiffel

de S. Marchetti et J. Falzon

Dans le Paris des années 1920, Victor Lustig, véritable escroc recherché aux États-Unis et en Europe prépare son prochain coup de maître : vendre la Tour Eiffel ! L’arnaqueur aux mille identités va devoir déployer tout son talent et sa roublardise pour trouver le pigeon qui fera de lui un homme riche !

Petit coup de cœur ! (Ça tombe bien, on a invité le dessinateur pour le 6e festival de la librairie le 13 juin et il a dit oui !) Les dessins caricaturaux viennent illustrer parfaitement le propos. Drôle, léger, loufoque et plus fin qu’il n’y paraît. L’anachronisme des dialogues est très bien rendu tout comme l’humour pétillant présent à chaque page. On a la banane tout du long et ça fait vraiment plaisir.

Une unique lueur

de Fred Vargas

« – Vous avez regardé les photos, Danglard ? De la scène du crime ? Demanda Adamsberg.

– Cela va de soi.

– Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui.

– Tiens. Et cela vous raconte quoi ?

– Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose »

ENFIN ! Le retour de la Grande Vargas ! Tellement déçue de ce son précédent (qui était vraiment mauvais), j’appréhendais cette Unique lueur. Eh bien, que nenni, c’est un petit bijou de lecture ! On y retrouve tout ce qui fait le charme de sa prose, des personnages hauts en couleur avec des spécificités peu communes et remarquables, une histoire policière addictive en forme de huis clos remplie de rebondissements, et surtout un Adamsberg très en forme avec ses digressions folles et ses déductions fabuleuses. Vargas parvient même à nous embarquer sur des fausses pistes et à nous surprendre avec une fin digne des meilleurs romans d’Agatha Christie !

librairie Un point un trait

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