Sucré / Salé – 188

Sucré Mousse aux FRAISES Temps de préparation : 10 min Temps de repos : 1 h Ingrédients pour 6 personnes • 300 g de fraises • 75 g de sucre roux • 3 blancs d’œufs • 20 cl de crème fraîche • Quelques gouttes de vanille liquide Laver et équeuter les fraises . Les passer au mixeur avec le sucre et réserver au frais. Battre les blancs en neige. Dans un saladier, mélanger le coulis, la crème préalablement fouettée et la vanille. Ajouter doucement les blancs en neige à la préparation. Dresser dans des verrines. Réserver une heure au frais avant de servir. Bon appétit ! TARTE COURGETTES, TOMATE, CHÈVRE ET POULET Salé Temps de préparation : 10 min Temps de cuisson : 30 min Ingrédients pour 4 personnes • 1 pâte feuilletée • 1 filet de poulet cuit • 2 ou 3 courgettes • 1 tomate • 1/2 bûche de chèvre • Gruyère râpé • Moutarde, sel et poivre Préchauffer le four à 180°C (th. 6). Éplucher les courgettes et les couper en rondelles. Les faire cuire à la vapeur. Piquer la pâte, puis badigeonner de moutarde. Couper la tomate en rondelles, la demie bûche de chèvre en morceaux et le filet de poulet en tout petits morceaux. Disposer les courgettes cuites sur la pâte. Ajouter les rondelles de tomate, puis les petits cubes de poulet. Enfin, mettre les morceaux de chèvre, le gruyère râpé, le sel et le poivre. Enfourner 30 min. Load More
L’idée Livres 188

Littérature Mahmoud ou la montée des eaux de Antoine Wauters Syrie. Un vieil homme rame à bord de sa barque, seul au milieu d’une immense étendue d’eau. En dessous, sa maison d’enfance, engloutie par le lac El Assad, né de la construction du barrage de Tabqa en 1973 par le père de Bachar El Assad. Fermant les yeux sur la guerre qui gronde, muni d’un masque et d’un tuba, il plonge – et c’est sa vie entière qu’il revoit, ses enfants, Sarah, sa femme, folle amoureuse de poésie, la prison, sa soif de liberté. Gros coup de cœur pour ce roman écrit en vers libres, comme un long poème, aussi sombre que splendide grâce à une écriture poétique, juste et lumineuse. À chaque fois que Mahmoud plonge, on plonge avec lui. Quand il était professeur de lettres et auteur de recueils appréciés à Damas autant qu’à Paris. Un peu plus profond et l’on rencontre ses parents, son village, sa maison. Un autre plongeon dans ses amours perdus, ses enfants disparus… la guerre, la barbarie et l’effroi. Chaque plongée est une immersion dans son histoire mais aussi dans une partie de l’Histoire, celle de l’arrivée au pouvoir de Bachar El Assad, le début d’une guerre qui n’en finit jamais. Antoine Wauters nous offre un superbe roman qui réaffirme la puissance des mots pour désigner l’indicible. De sel et de sang de Fred paronuzzi & vincent djinda Ce mois d’août 1893 aurait pu disparaître des mémoires. Dans les marais salants d’Aigues-Mortes, une rixe éclate entre ouvriers français et saisonniers italiens. La ville gronde d’une colère folle. L’étranger devient un animal à abattre, sans état d’âme. Saura-t-on jamais ce qui a déclenché une telle folie ? Une très belle BD qui témoigne d’une page d’histoire peu connue. Une histoire de souffrance, d’injustice et de colère. De ce cocktail explosif va naître la haine, la mort et le désespoir. Témoignage, aussi, du gouffre qui sépare les riches complètement déconnectés de la réalité et les pauvres qui travaillent dans des conditions atroces, du racisme larvé qui empoisonne les esprits… Rien de très nouveau en somme… hélas. les envolés de étienne kern Très belle lecture, un Goncourt 2022 du premier roman, bien mérité. Un sujet étonnant, l’histoire de Franz Reichelt qui saute du premier étage de la tour Eiffel pensant inventer le premier parachute et qui se tue le 4 février 1912. Contre l’avis des experts et persuadé que ses nombreux essais (ratés) avec des mannequins ne reflètent pas la réalité, il se retrouve sur la rembarde métallique du premier étage de la tour et saute. Destin tragique comme beaucoup de pionniers de cette époque notamment dans le milieu de l’aéronautique. Un hommage pour ces hommes et ces femmes qui ont lutté pour le progrès, pour une vie meilleure… En alternance avec ce récit historique haletant, l’auteur nous livre aussi le déroulement de ses propres pensées et se confie sur ses expériences douloureuses. Très touchant. quand tu écouteras cette chanson de lola lafon Coup de poing, coup de cœur. Décidément Lola Lafon ne cesse de nous émouvoir. Un sujet délicat et pas très glamour à première vue : passer une nuit dans le musée dédié à Anne Franck à Amsterdam, cette annexe durant laquelle 8 personnes dont la famille Franck ont vécu clandestins pendant deux ans. On passe donc cette nuit spéciale à ses côtés et on ne le regrette vraiment pas. Avec pudeur et sensibilité Lola Lafon nous raconte l’histoire de cette gamine devenue emblématique. Elle nous fait revivre à travers ces témoignages, cette époque inimaginable, ce cauchemar honteux pour l’espèce humaine, cette injustice, cette haine absurde. On découvre en écho sa propre histoire familiale jusqu’au dénouement très émouvant. Blackwater de Michael mcdowell Blackwater est une saga historique et familiale, avec une pointe de fantastique, agencée en série de 6 épisodes. Traduite pour la première fois en français, elle fut écrite par Michael McDowell, scénariste de Beetlejuice et de l’Étrange Noël de Monsieur Jack, admiré par Stephen King et Steven Spielberg. Le premier épisode commence en 1919 à Perdido, une petite ville de l’Alabama. Lors d’une crue qui inonde la ville, Oscar, le fils du clan Caskey, vient au secours d’Elinor, une jeune femme mystérieuse aux cheveux rouges comme la rivière. Malgré les étranges événements qui l’entourent, elle va peu à peu s’immiscer au sein de la famille Caskey, dirigée d’une main de fer par la matriarche Mary-Love. C’est le début d’une longue lutte de pouvoir et d’influence entre les deux femmes… L’écriture est fluide, les personnages ambigus, tour à tour attachants ou agaçants, et le suspense redoutablement efficace ! Pour ne rien gâcher, les illustrations des couvertures sont magnifiquement travaillées. Effet addictif garanti ! Solo leveling t.1 de Chugong & dubu Adaptation au format papier du webtoon éponyme, lui même adapté du roman sud-coréen de même nom, Solo Leveling narre l’histoire originale de Sung Jinwoo, le plus mauvais des chasseurs de rang E. Dix ans avant le début de l’histoire, la terre fut envahie de monstres venus de mondes parallèles à travers des “portails dimensionnels” ; en même temps, certains humains développèrent des capacités hors du commun : les chasseurs. Jinwoo se retrouve forcé, pour sauver sa mère de la maladie et pour nourrir sa sœur, de prendre le rôle de son père disparu. Malgré son niveau dérisoire, il prend parti d’un groupe de chasse (en gros, il porte les sacs…) pour gagner l’argent qu’on veut bien lui donner. Mais l’une de ses chasses tourne au drame, et il subit un double éveil, lui donnant accès à une “interface” (comme dans un jeu vidéo), devenant ainsi le seul chasseur qui peut améliorer ses compétences et en débloquer de nouvelles. Jusqu’où Jinwoo peut-il aller pour surmonter les défis qui lui sont soumis ? Qui est à l’origine de son double éveil ? Une histoire prenante au dessin soigné tout en couleur : j’en redemande ! Terra Nullius De Victor Guilbert Hugo Boloren, jeune inspecteur, entend à la radio qu’un enfant d’une dizaine d’années, Jimcaale, vient
Cartoon Machine

MUSIQUE Cartoon Machine (Jukebox animé / Seryian) Formation Angel (guitare / chant) Flo (guitare / chœurs) Guillaume (basse) Xavier (batterie) Apparu comme un coup de tonnerre avec des vidéos dynamitant les bandes originales de dessins animés “pour les rockeurs avec une âme d’enfant”, Cartoon Machine repart sur la route avec un nouveau batteur, de nouveaux morceaux et une énergie décuplée après deux années d’abstinence scénique ! Ne les ratez pas s’ils passent près de chez vous, et en attendant on a posé quelques questions à Flo, le guitariste et co-fondateur du groupe. C le Mag : Cartoon Machine annonce plein de dates de concerts, est-ce que tu peux présenter un peu le spectacle qui s’annonce ? Cartoon Machine : C’est bien simple, comme on le dit souvent, sur scène on sait se montrer à la fois accueillants et guillerets tout autant que massifs et destructeurs en reprenant les grands classiques de nos dessins animés favoris en Rock, Punk et Métal, on essaie de faire rimer les musiques actuelles avec un show positif et déjanté. C’est bien plus Métal que ce que l’on imaginait, mais cela n’enlève pas le côté festif de notre set, l’arrivée de Xavier et son expérience nous poussent à aller encore plus loin dans le délire ! ClM : Le groupe s’est fait connaître par la qualité de ses vidéos et de ses reprises survitaminées, est-ce que les fans déjà très nombreux sur les réseaux (particulièrement YouTube) peuvent s’attendre à un nouveau petit film de derrière les fagots ? CM : On est en train de préparer un titre live inédit ainsi qu’un nouveau clip pour finir l’année 2022, soit deux vidéos et inédites qui plus est ! Soyez patients, suivez-nous sur les réseaux ! ClM : Comment se fait le choix des morceaux et comment est travaillée leur adaptation, par exemple comment décide-t-on que celui-ci sonnera métal alors que l’autre sera un pur reggae ? Cette diversité est-elle un choix afin de toucher un large public ou les goûts de chaque musicien sont-ils pris en compte au final ? Les deux ? CM : Ça se fait un peu tout seul, selon notre inspiration du moment mais c’est surtout selon comment sonne le titre à adapter. Par exemple “Nuit d’Arabie” d’Aladdin s’est naturellement retrouvé Métal vu ses mélodies mineures, c’était évident qu’on allait y rentrer dedans. “Moi j’ai un rêve” de Raiponce, qui est plus festif, s’est naturellement voulu Ska/Punk avec un côté Dropkick Murphys.. En écoutant le thème principal, cela nous indique un peu la marche à suivre, et aussi en fonction de nos goûts personnels, on délire pas mal à essayer plein de styles différents, on n’hésite pas à garder les bonnes idées et à jeter les mauvaises. Le but étant que la chanson nous plaise à tous les quatre, il y en a tellement qu’on n’a pas peur d’en escamper aux escoubilles si ça ne le fait pas. Sinon, on n’a pas dans l’idée de “toucher un large public”, en fait on fait ce qu’on kiffe, et si déjà on est quatre à kiffer, c’est qu’on est sur le droit chemin du fun ! ClM : “Cultivons dès aujourd’hui notre âme d’enfant dans un monde où les adultes se montrent particulièrement abjects”, c’est sorti tout seul… Quel est le message que les membres du groupe ont envie de faire passer derrière ce retour en enfance musical ? CM : Retrouver un peu d’insouciance ! Avec Cartoon Machine, tu peux retourner en enfance en re-découvrant tes titres préférés mais tu peux aussi t’éclater même si tu ne connais pas les titres, le but étant de te faire penser à autre chose l’instant d’une chanson, d’un concert… Et ça fait du bien, surtout en ce moment, c’est l’éclate !! Retrouvez Cartoon Machine sur Youtube Ged
Parce Que – 188

Cinéma PARCE QUE En ce bel été qui s’annonce, afin de profiter de quelques heures de fraîcheur, quoi de mieux que de s’installer confortablement face à un écran géant (rangés smartphones et tablettes !) tout en dégustant une foule d’images finement ciselées par les magiciens du 7ème art. Bref, en clair, allez au cinoche, il y a des films et la clim ! Ce mois-ci, je ne m’étendrai pas sur un film en particulier. Via ma rubrique “Parce que”, je vous propose un panel de productions qui fleurent bon les vacances : Évasion et repose méninges. Sortie : 29 juin. Éducateurs de quartier, Alex et Stéphanie emmènent cinq ados déscolarisés pour faire une traversée de la Méditerranée et les réinsérer par les valeurs de la mer. Mais arrivés au port, ils tombent sur Riton, leur skippeur, un ancien flic de la BAC, qui a tout quitté pour fuir la banlieue. Ces jeunes, c’est son pire cauchemar… Parce que : Alban Ivanov, j’adore ! Sortie : 13 juillet. Alors que Thor est en pleine introspection et en quête de sérénité, sa retraite est interrompue par un tueur galactique connu sous le nom de Gorr, qui s’est donné pour mission d’exterminer tous les dieux. Parce que : Je ne supporte plus les Marvel et les DC Comics (bastons interminables, gentils vs méchants, FX dégoulinants, etc.) mais certains trouvent ça cool, alors… ! Sortie : 13 juillet. Jérôme est un menteur compulsif. Sa famille et ses amis ne supportent plus ses mensonges quotidiens. Ils font tout pour qu’il change d’attitude. N’écoutant pas ce qu’on lui reproche, Jérôme s’enfonce de plus en plus dans le mensonge jusqu’au jour où une malédiction divine le frappe : tous ses mensonges prennent vie… Parce que : Tarek Boudali de la fine équipe de “Babysitting” et puis Artus que j’apprécie également. Sortie : 3 août. Coccinelle est un assassin malchanceux et particulièrement déterminé à accomplir sa nouvelle mission paisiblement après que trop d’entre elles aient déraillé. Mais le destin en a décidé autrement et l’embarque dans le train le plus rapide au monde aux côtés d’adversaires redoutables… Parce que : Brad Pitt et une BA complètement barrée. Je suis curieux de voir si ça tient la route ! Sortie : 10 août. Les habitants d’une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d’une découverte terrifiante à caractère surnaturel. Parce que : Jordan Peele, réalisateur de “Get Out”. Thriller hallucinant et cauchemardesque que je vous conseille vivement. Un petit bijou d’originalité et de mise en scène. Du grand art ! Sortie : 17 août. Dans le futur, les écosystèmes se sont effondrés. Parmi les survivants, quelques privilégiés se sont retranchés dans des citadelles coupées du monde, tandis que les autres tentent de subsister dans une nature devenue hostile à l’homme. Vivant dans les bois avec son père, la jeune Vesper rêve de s’offrir un autre avenir, grâce à ses talents de bio-hackeuse. Le jour où un vaisseau en provenance des citadelles s’écrase avec à son bord une mystérieuse passagère, elle se dit que le destin frappe enfin à sa porte… Parce que : Une BA étrange, un univers dystopique (très à la mode !), de la SF : Perso, j’adhère ! Sortie : 17 août. Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la “Fille des Marais” de Barkley Cove. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville ouvre à Kya un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l’un d’eux est retrouvé mort, toute la communauté… Parce que : Coup de cœur pour la BA. Tout simplement. Pas vraiment “repose méninges”, mais bon ! Sortie : 24 août. Le Dr. Nate Daniels, revient en Afrique du Sud, où il a autrefois rencontré sa femme aujourd’hui décédée, pour y passer des vacances avec ses deux filles dans une réserve naturelle, tenue par un vieil ami de la famille, biologiste spécialiste de la vie sauvage. Mais ce repos salvateur va se … Parce que : Idris Elba, acteur qui assure grave (peut être le futur James Bond ?) dans un film qui n’incite pas à aller troubler les animaux de la savane. Ce qui, finalement, n’est pas plus mal ! Sortie : 24 août. Alithea Binnie, bien que satisfaite par sa vie, porte un regard sceptique sur le monde. Un jour, elle rencontre un génie qui lui propose d’exaucer trois vœux en échange de sa liberté. Mais Alithea est bien trop érudite pour ignorer que, dans les contes, les histoires de vœux se terminent mal. Parce que : Idris Elba (tiens !) dans un film de George Miller (Le papa de Mad Max). Que demander de plus ? Quoique la BA… nous verrons bien. Claude Bermejo
Mario Strikers Battle League Football

Jeux Vidéo Mario Stikers Battle League Football Développé par Next-Level Games.Sorti sur Switch le 10 juin 2022.Genre : Football déjanté Après Metroid Dread en octobre dernier, Nintendo vient de déterrer une autre de ses licences : Mario Strikers ! Originaire de la GameCube avec Mario Smash Football (2005) et dont l’apogée est arrivée sur la Wii avec Mario Strikers Charged Football (2007), la série de foot Mario a disparu des radars pendant 15 ans, pour revenir sur Switch le 10 juin dernier dans Mario Strikers Battle League Football. La comparaison avec Metroid Dread, va-t-elle se poursuivre ? Réponse dans cet article ! Mis à part son titre à rallonge, l’annonce de ce jeu en février 2022 a fait vibrer plus d’un fan. Pour le contexte, et pour comprendre pourquoi la sortie de ce nouveau jeu est plus qu’un événement, il faut faire un petit historique des deux précédents jeux. L’opus sur GameCube pose les bases du gameplay, qui se retrouvera dans ses suites. Deux équipes de 5 personnages (1 capitaine, 3 coéquipiers et 1 gardien) s’affrontent dans un match de “foot”. Évidemment, à la sauce Mario. Des hyper-frappes, des objets, pas de règles, pas de hors jeu : les bordures du terrain sont fermées par une barrière électrique… Les joueurs peuvent se tacler sans relâche, se bousculer pour récupérer le ballon, ou se faire électrocuter tout près de la bordure… bref c’est presque un jeu de combat. Une lutte effrénée dans un terrain à l’allure de cage. Le jeu est amusant, dynamique, rapide et intensif, bref un carton plein à défaut d’être rouge ou jaune Deux ans plus tard, Next-Level Games revient à la charge sur Wii. Beaucoup plus violent, sombre et mature, la formule proposée sur GameCube est étendue. Les personnages gagnent en puissance (avec des caractéristiques qui leurs sont propres comme la vitesse de déplacement, la qualité des passes ou des tirs…) et en personnalité avec un Waluigi arrogant, une princesse Peach qui fait sa diva ou un Mario dans le rôle de la star… Un univers en décalage complet avec les jeux Mario habituels. Les hyper-frappes peuvent marquer jusqu’à 6 buts, les coéquipiers ont eux aussi des frappes spéciales, pouvant annihiler le gardien adverse et les capitaines ont même des objets uniques permettant, par exemple, à Bowser d’enflammer ses adversaires histoire de bafouer un peu plus les règles du football. Mais le bouchon est parti trop loin pour Nintendo et silence radio depuis 15 ans. Le renouveau de la série se fait avec Mario Strikers Battle League Football. Forcément, le jeu ne pouvait pas être de la même trempe que l’opus Wii. Exit les coéquipiers (4 “capitaines” par équipe), exit les capacités spéciales (téléportation, frappes électriques…), exit les objets uniques (Bowser ne crache plus de feu) et surtout, exit la tonalité très sombre de Charged. Ainsi, on se rapproche plus de l’opus GameCube dans l’aspect général du jeu (graphismes, musiques, tonalité, et ambiance) et dans le gameplay. Les 4 personnages, en plus du gardien, peuvent faire des hyper-frappes et ont chacun des caractéristiques propres plus poussées que sur Wii, avec une description précise de chaque catégorie (la force, par exemple, augmente la puissance des tacles et la résistance à ces derniers). De fait, le gameplay est plus riche que l’opus GameCube et très différent de l’opus Wii. Moins “brouillon”, le gros du travail a été réalisé dans les subtilités de jeu. Certes le but reste le même, mais les coups techniques sont plus nombreux. En fonction du moment où le joueur appuie sur le bouton de tir et de la durée où il le maintient appuyé, la vitesse, la puissance et l’orientation de la balle varient. De même pour les passes, les tacles ou les esquives qui peuvent s’avérer plus ou moins efficaces en fonction du gabarit des personnages et de leur équipement. De plus, en fonction des caractéristiques des personnages, la façon de jouer va différer. Certains joueurs préféreront une stratégie très offensive qui marque facilement si elle est en possession du ballon, mais qui aura plus de difficulté à le récupérer. Inversement, conserver le ballon avec des passes très rapides peut mettre en déroute les adversaires. Si la caractéristique “technique” me semble être la plus importante, les subtilités dans les styles de jeux permettent un renouvellement dans les confrontations, en plus d’ajouter un vrai défi de précision pour ne pas rater ses coups parfaits. Et comme chaque personnage peut s’équiper de quatre pièces d’armure pour modifier ses caractéristiques, les possibilités de jeu se voient décuplées. Cet élément de personnalisation est le plus important, car il est le seul à modifier la façon de jouer au jeu. Les autres sont purement esthétiques mais ils méritent tout de même d’être abordés, une première dans la série. Les stades, séparés en deux moitiés représentant chaque camp peuvent ainsi être modifiés. Le Château de Bowser peut se mêler à la Jungle de Donkey Kong ou au Royaume Champignon… Il est également possible de modifier l’apparence des cages, des barrières électriques, des éléments de décorations et des motifs sur le terrain. En plus de pouvoir changer le nom de son équipe, personnaliser son logo et ses couleurs. Sympa ! Une part non négligeable du jeu se trouve dans son mode en ligne. Avec un sytème de League (d’où le nom), vous pouvez créer votre groupe de joueurs et affronter d’autres clubs afin de progresser dans le classement et obtenir de quoi déverrouiller les récompenses, et ce, même en cas de défaite ! Affrontez ainsi des joueurs de même niveau dans des matchs endiablés et faites gagner des points à votre club pour le faire monter dans la League ! Rassurez-vous, si le Online ne vous intéresse pas plus que ça, il est possible de jouer sur la même console jusqu’à 8 ! Ah ouais quand même ! Dernier mode de jeu, sobrement nommé “coupes” qui permet d’affronter des équipes contrôlées par la console, seul ou jusqu’à 4, afin de remporter les tournois ! La compétition se fait rude et la défense des
Il est où le Patron ?

Interview Il est où le patron ? Invitées à la librairie un point un trait, le 21 juillet 2022 C le Mag : Comment s’est construite l’idée de cette BD ? Céline : Nous souhaitions faire une BD féministe qui rende compte de la réalité de nos vies de femmes paysannes. C’est avec cette envie que nous avons rencontré Maud, dessinatrice de BD ayant elle-même suivi une formation agricole. Nous, cinq paysannes, bergère, éleveuse, apicultrice ou maraîchère, aimons passionnément nos métiers, mais, comme dans le reste de la société, nous vivons jour après jour des situations qui nous dérangent, nous mettent mal à l’aise voire nous font violence, car cela nous renvoie sans cesse à notre statut de femme et non d’individu autonome. Chacune des situations décrites dans cette BD a été vécue par nous ou notre entourage, ou est issue de témoignages recueillis au sein des réseaux de la Confédération Paysanne, des CIVAM et de Reclaim the fields. L’énorme et riche matériau rassemblé met en évidence un constat édifiant : ce qui pourrait n’être qu’un empilement d’anecdotes, parfois drôles, parfois tragiques, est en fait le reflet d’un système qui opprime (entre autres) les femmes. ClM : Vous êtes 5 paysannes dont le quotidien a été croqué par Maud Bénézit. Comment s’est faite la rencontre entre vous 5 et le monde de la BD ? C : Nous sommes des amatrices de BD depuis longtemps, c’est un média très populaire. ClM : Comment avez-vous travaillé pour sélectionner les anecdotes à inclure ou pas, ainsi qu’à équilibrer les chroniques pour rendre l’ouvrage rythmé ? C : Nous avons collecté les histoires sexistes agricoles, soit les nôtres soit auprès de paysannes collègues. Puis nous avons “classé” ces histoires qui relèvent d’un problème de statut, de manque de reconnaissance, de violences verbales ou physiques, de difficultés à prendre une place en réunion… Nous avons construit très artisanalement un chemin de fer de la BD sur des grandes feuilles scotchées, chaque anecdote était nommée sur un post-it qu’on plaçait ensuite sur ce chemin de fer. ClM : Céline, vous avez repris une ferme, comme Joséphine dans la BD, les anecdotes oscillent entre bienveillance et testostérone déplacée, mais relatées avec humour, comment ont-elles vraiment été vécues ? C : La plupart sont tout de même mal vécues à chaque fois : soit on n’arrive pas à réagir et on s’en veut après coup, soit on “sur-réagit” et ça semble inapproprié, alors que c’est en fait la goutte d’eau de trop, la remarque sexiste qui arrive après tant d’autres… l’humour peut être une arme pour faire passer des messages mais ne doit en aucun cas cacher la violence des situations. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une BD humoristique. On s’est servi de l’humour pour faire passer nos messages, et attraper les lecteurs les plus réticents à la lecture de ce thème. ClM : Statut de la femme, homosexualité, poncifs… la BD brosse un portrait de la société qui n’est pas réservé qu’au monde agricole, mais en est-il un miroir grossissant ? C : Malheureusement je ne pense pas. Une fois qu’on a chaussé les lunettes du féminisme, le sexisme saute aux yeux, il est partout. Chaque anecdote n’est en fait pas anecdotique : elle n’est pas liée à la situation ou aux personnages précisément à un temps donné, mais révélatrice du système qui sous tend encore complètement notre société. ClM : La BD montre aussi la réalité du monde agricole avec les conditions de travail, les contraintes du recours aux aides, parfois bien éloignées de cet engouement de retour à la terre d’après confinement ! Est-ce un métier d’avenir ? C : Bien sûr ! Que ferions-nous sans paysans et paysannes ? ClM : Au delà de cette BD d’humour, ces récits de femmes permettent aussi de découvrir les dessous d’un monde parfois méconnu. Est-ce une façon de faire prendre conscience qu’une agriculture de proximité à taille humaine est possible et enviable ? C : Cette BD c’est aussi notre manière de faire entendre directement des voix paysannes. Il nous semble en effet que cette catégorie sociale de moins en moins nombreuse est souvent peu présente ou décrédibilisée dans les médias. Nous sommes fières que cette fois, ce ne soient pas des experts et des expertes ou des journalistes, qui viennent parler de nous à notre place pour nous caser tantôt dans un décor bucolique fantasmé, tantôt dans un monde agro-industriel maltraitant l’environnement. Si nous préférons le terme de “paysanne” à celui “d’exploitante agricole” c’est pour parler plus justement de nos métiers, nos passions en lien avec les animaux et la nature, notre volonté d’autonomie sur nos fermes. Nous ne tenons pas dans nos cœurs l’idée “d’exploitation” et sa connotation productiviste ; nous récusons également les pressions bureaucratiques et industrielles qui l’entourent. Si le plaisir s’invite quotidiennement dans nos pratiques, ce sont aussi beaucoup de convictions qui nous animent. Nos choix traduisent incontestablement l’envie de s’extraire d’une vision capitaliste de l’agriculture et du monde en général. ClM : Ce projet de BD va-t-il en appeler d’autres ? Et quelles sont vos prochaines envies pour partager la passion de votre métier ? Maud la dessinatrice est partie sur un autre projet BD, une biographie de Clarisse Cramer qui a fait le Vendée Globe. C : Avec 2 copines de la BD nous avons monté un petit groupe pour s’échanger des textes, podcasts, réflexions personnelles sur être éleveuse et féministe (en réaction avec un pan dévoyé de l’éco-féminisme qui assimile toutes les formes d’oppression avec l’élevage…). ClM : Merci pour vos réponses, vous viendrez le 21 juillet à Lodève à la librairie un point un trait pour présenter la BD, raconter d’autres anecdotes et parler de votre métier. À très bientôt ! Stephan Pahl
Le progrès ou la catastrophe ?

PHILOSOPHIE Le progrès ou la catastrophe ? Le progrès est un concept à la fois simple et ambigu : le progrès c’est lorsque une chose progresse, évolue vers un mieux. On parle ainsi du progrès technique, mais aussi du progrès d’une négociation, ou du progrès des troupes sur le théâtre d’une guerre ; le même mot est utilisé pour parler des progrès sociaux, du progrès des inégalités tout comme celui de la parité. Quel mot chargé ! Quel mot polyvalent ! Le vingt-quatre février 2022, à quatre heures, l’armée russe a envahi le territoire de l’Ukraine, continuant ainsi une guerre débutée huit ans auparavant et qui cumulait déjà plus de quatorze mille victimes. Peut-on parler de progrès ? Progrès dans les armements ? Est-ce que l’usage des drones et des dauphins comme armes de guerre est réellement un progrès ? Pour tous ceux qui sont sous les bombes il n’y a pas de progrès. Il n’y a qu’une catastrophe. Certes, il y a parfois des livres qui développent une perception romantique de la guerre comme progrès nécessaire des civilisations. Certains intellectuels théorisent la nécessité de cette guerre en prétextant un droit à l’impérialisme d’exister pour des raisons géo-politiques : rivalité avec l’OTAN, sentiment de frustration de tout un peuple, etc. Mais nous aimerions prendre un autre point de vue, celui de ceux qui vivent la tragédie. Nous partirons de l’hypothèse qu’un intellectuel qui a vécu la tragédie d’une guerre, des bombardements, de l’exil, peut mieux que quiconque parler de la catastrophe qu’est une guerre. Nous n’avons pas de texte d’un philosophe ukrainien ou libyen, ou yéménite. Mais nous pouvons faire un parallèle avec les intellectuels qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale. L’un d’entre eux était le philosophe allemand Walter Benjamin. Walter Benjamin (1892-1940) tenta de fuir l’Allemagne nazie en passant par la France. Il fut interné à Nevers en 1939 et commença là-bas à rédiger des notes sur Le concept d’histoire, ouvrage qui resta à l’état d’ébauche car le philosophe mit fin à ses jours le 26 septembre 1940 à Portbou, premier village catalan à la frontière espagnole. Nous pouvons dire que son œuvre fut marquée par son époque et le pessimisme que tout individu rationnel pouvait (et aurait dû !) ressentir en constatant que son pays d’origine entamait la conquête de l’Europe et plongeait le monde dans l’horreur systémique, voire industrielle. Sa lucidité structurait sa pensée. C’est donc une œuvre qui fut marquée par un contexte historique avec une portée universelle. Walter Benjamin n’était pas un historien au sens où nous l’entendons : il ne voulait pas établir des faits et reconstituer l’épopée d’une civilisation. L’histoire, il la pensait comme la réalisation nécessaire d’une certaine idée de l’humanité, celle héritée de Marx (la révolution communiste qui déboucherait nécessairement sur la victoire du prolétariat au nom d’une logique appelée par Marx matérialisme historique) mêlée à sa propre culture juive du messie. C’est assez compliqué à comprendre, d’autant plus que lui-même n’a pas vraiment développé des explications claires. Mais ce qui peut nous intéresser, c’est la critique de l’idée de progrès qu’il réalise à l’occasion. “Cette tempête est ce que nous appelons le progrès” Walter Benjamin s’opposait à toutes les philosophies qui, depuis le siècle des Lumières, prônaient le progrès intellectuel et moral du genre humain. Il y a deux philosophes qui étaient les défenseurs de cette idée : le français Condorcet (1743-1794) et l’allemand Hegel (1770-1831). Chacun développait l’idée que, derrière les horreurs et l’absurdité des événements, l’humanité progressait à un double niveau – celui des défis pour se nourrir, se loger et combattre la maladie et celui du progrès de la moralité triomphant face à la barbarie. La deuxième idée des optimistes était que ce progrès était infini, l’humanité étant perpétuellement perfectible. Enfin, que rien ni personne ne pouvait arrêter cette évolution. Walter Benjamin va refuser cette adoration aveugle du progrès qui, selon lui, était un somnifère. Son pessimisme va lui permettre de pointer deux problèmes : Pourquoi n’y a-t-il pas de progrès dans l’histoire ? et Pourquoi l’histoire racontée par les historiens est-elle toujours celle des vainqueurs ? Développons la première thèse : L’histoire est une succession de catastrophes qui constituent “le continuum de l’Histoire” , c’est-à-dire que les événements que nous vivons n’ont rien de positif ni même de rationnel. L’histoire est une continuité d’horreurs, de massacres et d’erreurs. Dans le fragment IX de son livre inachevé Essai sur le concept d’histoire, Walter Benjamin utilise un tableau de Paul Klee, Angelus Novus (1920, acheté par Walter Benjamin), pour expliquer son idée du progrès : “Il a les yeux écarquillés, la bouche ouverte, les ailes déployées. L’Ange de l’histoire doit avoir cet aspect-là. Il a tourné le visage vers le passé. Là où une chaîne de faits apparaît devant nous, il voit une unique catastrophe dont le résultat constant est d’accumuler les ruines sur les ruines et de les lui lancer devant les pieds.” Ce n’est pas simplement la situation d’exilé de la Seconde Guerre mondiale. C’est la situation dans laquelle se trouve tout homme, à toute époque, face à la guerre : rien ne la justifie, jamais, et elle n’apporte rien au concert des nations si ce n’est des ruines et des pleurs. Qu’est-ce que serait le progrès ? Un ange dont le visage est tourné vers le passé où s’amoncellent ruines et catastrophes et qui voudrait bien s’arrêter une fois pour reconstruire un peu ce qui a été détruit “mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer” et qui l’entraîne irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne pourtant le dos. “Cette tempête est ce que nous appelons le progrès” . Ce que nous appelons progrès ne serait donc qu’une capacité à survivre au milieu des ruines du passé. il ne faut pas considérer l’histoire du point de vue des vainqueurs, plutôt celui des vaincus Bien entendu des optimistes indécrottables évoqueront l’idée que le passé a apporté des bienfaits : nous vivons mieux que nos ancêtres et certains grands hommes ont apporté à l’humanité des acquis indéniables. Mais Walter Benjamin
