J’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Nika il y a près de 15 ans maintenant. Et ce fut à l’occasion d’un concert.
Elle faisait la 1re partie du groupe de mon violoniste de l’époque : Mathis Dervaux (Tioche). J’étais naturellement allé voir Mathis et soutenir son projet musical (qui n’existe plus aujourd’hui, sinon bien entendu, il aurait fait partie d’une de ces chroniques).
Sur scène, Nika. Seule avec sa guitare et un looper (générateur de boucles en live). Dès les premiers instants, sa façon d’occuper la scène surprend. Elle semble être dans un espace naturel, presque domestique, offrant une proximité sympathique pour le public.
Je me souviens bien de cet instant qui précède les premières notes de musique parce qu’il pose une atmosphère qui conduira l’ensemble du concert et révèle, somme toute, quelques caractéristiques de la personnalité de Nika. Une façon d’appréhender le monde en l’embrassant et en le survolant.
Puis les premières notes. Électriques. Rock. Sombres. Pop lumineuse. Et une voix, qui saisissant l’instant, emporte dans ses chansons, en anglais à cette époque.
Près de 15 ans plus tard, c’est à Montpellier que je la retrouve en concert. Toujours en solo alors qu’elle a aussi vécu depuis des vies musicales en groupe : Nika en trio de filles, The Liminanas, Papillon Paravel…
Elle se produit également depuis peu avec son nouveau duo, le musicien Cyril de LpLpo, féru de techniques looping/sampling.
15 ans plus tard donc, Nika sur scène, c’est toujours cette atmosphère ancrée et flottante. Un contact avec le public, enjoué et musical. Elle précise que ses concerts en solo sont un laboratoire artistique qu’elle partage avec son public.
Cette démarche fait penser à celles d’artistes comme Jimi Hendrix, Prince, Frank Zappa, qui produisaient des albums qu’ils considéraient comme des expériences. Le concert est pourtant très pro, tout en ouvrant des espaces de création qui se déroulent en live, sous nos yeux.
Cette fois, les textes sont en français et en anglais. Son style est bien sa marque de fabrique artistique : rock, électrique et mélodique. Elle passe de la basse à sa guitare, laissant parfois les deux pour laisser tourner ses boucles aux sonorités électro rock, libérant ainsi son chant. Ce dernier, parfois saccadé, peut atteindre des sonorités graves et profondes, pour ensuite glisser vers des mélodies plus langoureuses.
Elle enchaine les titres, avec quelques prises de paroles, et saisit son public dans son esthétique qui convoque Björk, Catherine Ringer, Jimi Hendrix, PJ Harvey. On y retrouve chaque fois cette manière si singulière de chanter, de faire glisser sa voix comme des syllabes et onomatopées. Et toujours cette sensibilité assez étonnante dans sa manière d’alterner ses prises de parole naturelles en toute tranquillité, croisant parfois le cœur de la timidité.
Nika c’est aussi un univers graphique très travaillé. Sur sa page web ou les réseaux sociaux, vous verrez tout le soin et la créativité qu’elle apporte à son univers graphique.
Les lecteurs de C le Mag, habitant en Cœur d’Hérault, l’ont peut-être déjà croisée… Elle en est originaire.
S’ils ne l’ont pas vue en 1re partie de Nina Attal le 14/02 au Somnambule à Gignac, ils auront une chance inouïe de découvrir son nouveau projet, inédit : Les filles électriques le 5/04 à Lodève (34), Ô Marches du Palais. Elle y présentera un concert avec La Pietà.
C’est une date à ne pas manquer !

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