Développé par Nintendo et Grezzo.
Paru en septembre 2024 sur Nintendo Switch.
Genres : Aventure, Exploration, Réflexion.
Déconseillé aux moins de 7 ans.
Le premier jeu de la série des The Legend of Zelda est paru en 1986 au Japon. Cette série de jeux d’aventure en 2D, s’est déclinée en 3D il y a 27 ans, en 1998, pour former la branche des jeux les plus récents de la saga, dont l’excellent Tears of the Kingdom (voir le Mag n°192) fait partie. Ces deux styles de jeux ont cependant un point commun depuis 40 ans : ils ont pour protagoniste principal et seul personnage jouable, Link, le Héros de la Légende ! Avec comme objectif très régulier de sauver la princesse du royaume, Zelda. Si je vous parle de tout ça, c’est pour donner du contexte à la surprise que j’ai eue lorsque Nintendo annonçait en novembre 2024, Echoes of Wisdom, le premier jeu de la série qui met en scène Zelda comme héroïne principale. Il était temps ! Echoes of Wisdom est donc déjà une révolution pour les fans de la série, mais aussi pour le genre en 2D de la saga, qui n’avait pas eu de nouveau jeu depuis 10 ans. Et ça n’est pas rien puisque ce dernier apporte tout un tas de nouveautés fabuleuses qui montrent que les jeux « à l’ancienne » sont encore d’actualité.
Le fait d’enfin jouer Zelda n’a pas qu’un intérêt scénaristique. Sa principale incidence se trouve dans la manière dont le jeu se joue. Quid de l’épée, des bombes ou de l’arc traditionnels à l’arsenal de Link, Zelda est cette fois accompagnée d’une fée et manie un sceptre magique lui permettant tout un tas d’actions variées. La première et non des moindres : créer des Échos. Autrement dit, le joueur à la possibilité d’enregistrer certains éléments du décor (par exemple une table, une caisse en bois, un rocher, un arbre et bien d’autres) afin d’en créer des copies — n’importe où, n’importe quand ! Et ça ne s’arrête pas aux objets, les monstres aussi peuvent être copiés ! Il suffit d’en tuer un, de sauvegarder son Écho et voilà, il est possible de l’invoquer à tout moment. Il est aussi possible de créer plusieurs Échos à la fois (identiques comme différents), si le coût d’invocation et l’énergie de la fée le permettent. En clair, c’est une façon très ingénieuse de faire évoluer le joueur dans le monde ouvert du jeu.
Ainsi, il est possible d’user les différents Échos récoltés durant l’aventure, par exemple, pour se créer des passerelles et esquiver des gardes avec l’Écho d’un lit. Ou d’affronter de nouveaux ennemis en invoquant l’écho d’un monstre déjà terrassé… Certains Échos ont des caractéristiques propres (la caisse en bois flotte alors que la pierre coule, les monstres de feu craignent la glace, ceux aquatiques l’électricité, etc.). Cela ouvre de très nombreuses possibilités dans la façon de résoudre les différentes épreuves offertes par l’environnement. Tous ces éléments de gameplay sont sublimés durant l’exploration des « donjons », mais pour mieux comprendre ce qu’ils sont, il va me falloir parler de l’histoire de ce jeu.
e scénario du jeu débute là où celui des autres se termine habituellement : Link terrasse le terrible Ganon et délivre la princesse Zelda. Malheureusement, un mal plus grand encore crée une faille qui engloutit Link et toute une partie du royaume dans une autre dimension, rendant prisonnier de nombreux habitants, y compris le Roi d’Hyrule et ses conseillers. Et Zelda n’est pas la seule à pouvoir créer des Échos… ce nouvel ennemi mystérieux peut lui aussi copier les personnages engloutis par les failles. Le Roi et ses conseillers sont donc copiés, prennent la place des originaux et condamnent Zelda de trahison envers le royaume. C’est dans sa fuite qu’elle rencontre Tri, la fée dont je vous parlais au début de l’article, qui lui confère le Sceptre de Tri (ils se sont cassés la tête pour le nom) : Zelda peut désormais utiliser les pouvoirs de Tri pour invoquer des Échos.
Rapidement, Zelda peut se rendre à l’intérieur des failles (qui ne l’affectent plus) et ainsi les refermer. Je vous passe les détails du comment, mais ces failles font « écho » aux « donjons » traditionnels de la série Zelda. J’entends par là que ce sont des zones différentes du monde principal, qui ont une ambiance unique, un chemin tracé par une succession de plusieurs éléments : énigmes, combats, plateformes et boss qui font progresser l’histoire principale une fois complétée. Cette cassure dans le rythme libre du jeu est très sympathique : à la fois l’ambiance et le gameplay changent. Certains passages quittent la vue du dessus pour laisser place à la vue de côté, plus classique, ce qui donne au jeu une atmosphère très variée. Ces donjons sont d’autant plus intéressants que les Échos enregistrés modifient notre façon de les résoudre !
En fonction du chemin choisi dans l’exploration et la progression de l’histoire, les donjons ne sont pas accomplis dans le même ordre, et cela change donc les Échos que l’ont obtient ! Ces donjons sont en plus gratifiants une fois complétés : ils renforcent Zelda et Tri leur permettant d’accomplir plus de choses à la fois, classique mais toujours très efficace !
Vous l’avez sûrement remarqué, grâce aux illustrations de cet article, l’aspect du jeu est tout mignon. Se basant sur le trait artistique du remake de Link’s Awakening paru en 2019 sur Switch (Mag n°179), Echoes of Wisdom innove avec de nombreux éléments visuels. Nouveaux ennemis, environnements plus nombreux, jeux de lumière plus vibrants et nouvelles zones contrastées : j’en ai eu plein les yeux. Cette ambiance visuelle est adaptée au ton de l’histoire et les environnements sont accompagnés d’une bande sonore adéquate. Loin d’être culte, elle fait son travail plus que bien avec certains morceaux originaux très sympathiques et d’autres reprenant certains airs nostalgiques de la saga : pas de quoi être déçu !
Cependant, tout n’est pas parfait. Echoes of Wisdom souffre de plusieurs points négatifs, certains plus contraignants que d’autres. Le premier est assez évident : le jeu est trop chargé pour la Switch. Cette console vieille de 8 ans est poussée dans ses derniers retranchements. Entre les décors détaillés, les jeux de lumière importants, la taille du monde et la quantité d’ennemis et d’Échos qui peuvent être affichés à la fois, le jeu souffre de pertes d’images : l’affichage est parfois saccadé, ce qui rend l’expérience moins agréable. Alors que les visuels ne demandent qu’à être regardés avec attention ! C’est très dommage, mais l’on commence à être habitué avec la Switch. Heureusement, ça ne devrait plus être un problème avec l’arrivée de la Nintendo Switch 2 cette année…
Le plus gros problème d’après moi concerne les menus. Avec une telle quantité d’ennemis et d’éléments du décor qui peuvent être copiés, on se retrouve très vite avec une liste interminable d’Échos. Et la sélection de ces derniers pour les invoquer est assez problématique. Car ouvrir le menu et sélectionner l’Écho précis qu’il nous faut dans une situation donnée demande parfois plusieurs dizaines de secondes. Dis comme cela, ça ne semble pas tant, mais la répétition de cette tâche qui est au cœur de la jouabilité d’Echoes of Wisdom, fait que c’est très frustrant. Cela crée une énorme cassure dans le rythme du jeu. Faire défiler les Échos un à un jusqu’à celui que l’on cherche n’est pas passionnant, parfois très long et très répétitif. (cumulé au défaut des pertes d’images, ça n’est pas agréable du tout). Il y a bien quelques options de tri (et non Tri !) qui facilitent certaines sélections mais ça n’est pas optimal malgré tout.
Autre défaut, qui découle un peu du précédent : on se retrouve souvent à utiliser les mêmes Échos en boucle. Je me suis souvent retrouvé à choisir un Écho moins pertinent dans la situation, simplement parce qu’il était plus pratique à trouver dans les menus qu’un autre plus efficace. La quantité d’Échos est donc à la fois un point positif, car les possibilités sont immenses, mais peut-être y en a t-il TROP car certains Échos se retrouvent perdus au milieu des autres. Ces deux problèmes d’ergonomie rendent l’aventure moins fluide, moins agréable et moins intuitive tout en ajoutant une certaine dose de répétition qui aurait pu/dû être évitée.
Malgré ces défauts assez importants, les qualités du jeu sont nombreuses et compensent largement ces problèmes. Notamment les possibilités uniques de gameplay liées aux Échos et aux autres pouvoirs de Tri, qui permettent notamment de déplacer les objets et les monstres en fonction de Zelda ou, à l’inverse, de déplacer Zelda en fonction des déplacements d’un monstre.
La richesse du monde rendent son exploration plaisante et la complétion des donjons est très agréable. C’est un véritable plaisir de retrouver cette ambiance des jeux Zelda plus anciens dans Echoes of Wisdom. Les innovations et trouvailles de ce jeu sont très enthousiasmantes pour le futur de la légende !
Les Plus
Zelda enfin jouable
Les possibilités offertes par les Échos
Le monde vaste et varié
Les graphismes et musiques de qualité
Les donjons très bien pensés
Les bonnes idées de gameplay
Les nombreux défis à relever
Les Moins
Quelques répétitions dans le gameplay
Des lags par moment
Des menus peu pratiques

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