“Au moment où s’ouvre ce livre, je romps une promesse. Lorsque je l’ai faite, c’est idiot, j’étais sûre que je la tiendrais. Enfin, idiot, je ne sais pas. La moindre des choses, quand on fait une promesse, n’est-ce pas d’y croire ?”
Après Celle que vous croyez et Fille, c’est le troisième roman que je lis de cette auteure et je suis à nouveau sous le charme. Le sujet n’est pourtant pas facile : une passion amoureuse tendre et joyeuse qui peu à peu se révèle être une relation toxique, sous influence perverse et insidieuse. Camille Laurens réussi parfaitement l’exercice, entre l’alternance de propos naïfs provoqués par l’amour fou et l’analyse pertinente qui découle de l’emprise psychologique. Une grande maîtrise aussi dans la construction du roman, sous forme de témoignages adressés au système juridique (avocat, juge…) qui nous alertent sur un drame en devenir, les quelques pages sous forme de poèmes qui viennent répondre à l’urgence du trop plein d’émotions et enfin les envolées de la meilleure amie de l’héroïne qui nous oxygènent et nous reposent. Une lecture à ne pas rater.
En perpétuel mouvement, un homme parcourt en auto-stop l’immensité des États-Unis en quête de l’origine de son mal, étrange et apparemment incurable : l’immortalité
Petit coup de cœur pour cette BD aux allures post-apocalyptiques. Le voyageur déambule d’un siècle à l’autre dans ce qui pourrait être notre monde futur et c’est plutôt flippant. On découvre avec lui à travers ses différentes rencontres, un monde désolant, dur et de plus en plus inhumain. On appréciera au passage, les petits coups de griffes sur les croyances en tout genre et ceux qui la promeuvent. Simple, efficace et, hélas, réaliste.
Birdie élève seule sa fille Emaleen au sein d’une petite communauté en Alaska. Elle peine à joindre les deux bouts et noie ses rêves d’ailleurs dans l’alcool et la fête. Sa rencontre avec Arthur, un homme mystérieux, va la décider à aller vivre avec lui dans une cabane au coeur des montagnes et de la nature sauvage. Tout leur parait idyllique au début mais les absences prolongées d’Arthur et son comportement de plus en plus inquiétant vont faire prendre une autre tournure à leurs vies.
Ce conte entre noirceur et féérie explore les thèmes de l’amour, de la transformation et de la connexion profonde de l’homme à la nature. L’histoire est tour à tour racontée par la mère et par la fille dans une langue puissante et évocatrice qui nous plonge au coeur de la beauté sauvage de l’Alaska.
Longtemps resté enfant unique, JeanLouis reçoit dans ses premières années l’affection exclusive de son jeune père. Mais avec la naissance de ses frère et sœur, cet âge d’or se termine, et ses parents se déchirent bientôt en d’incessants conflits. Ce climat de tension, qui exacerbe le désir d’indépendance du fils aîné, va influencer ses choix de vie.
L’auteur parcourt sa vie, de sa naissance à la mort de son père. Un père à la fois idolâtré et incompris, aimant et abandonnique, un père aux nombreuses qualités, aux idéaux forts et tout aussi démissionnaire et contradictoire.
JeanLouis Tripp réussit parfaitement à exprimer ce mélange de sentiments, tant par la force de ses dialogues et son analyse pertinente que par ses dessins lumineux.
Ne manquez pas cette fable historique uchronique désopilante ! Après Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès, Romain Puértolas enquête cette fois-ci, sur la mort d’Hitler et nous entraîne dans une aventure ubuesque à travers le monde. Construite comme une enquête policière, avec intrigues, rebondissements et facéties, l’histoire rejoint la vraie avec beaucoup d’originalité. On a toujours le sourire et ça fait franchement du bien par les temps qui courent.
Mais, s’il nous amuse, l’auteur n’en n’est pas moins rigoureux dans ses démonstrations avec un esprit critique et scientifique bien aiguisés.
Petite devinette pour finir : Hitler avait les yeux de quelle couleur ? (je vous laisse chercher la réponse sur Internet et vous serez, peut être comme moi, étonné par la réponse… décidément, les idées reçues ont la vie dure ;))
Émilienne devrait être à la retraite, mais n’a pas assez cotisé. Alors elle est agente de nettoyage dans les toilettes d’un centre commercial – dame pipi. Au rythme des procédures d’hygiène, Émilienne revoit son existence cabossée et insoumise, guidée par son furieux désir de liberté.
Après l’excellent L’attente du soir, Tatiana Arfel confirme son immense talent avec cette ronde des poupées. D’un coté, l’histoire poignante aux multiples rebondissements d’Émilienne et de l’autre, douze histoires de femmes qui défilent devant le miroir des toilettes, le temps pour elles de se mettre sur pause (au passage, sacré tour de force de l’auteure qui change de style pour chacune d’entre elles). À la fois lumineux, tendre, dur, triste, les récits sonnent juste et nous bouleversent.
J’ai rêvé de partir au bout du monde, arpenter ses grands espaces. Mais j’ai été contraint de rester
Alors je suis parti en restant… J’ai vu tout ce qu’ils ne regardent plus, écouté et voyagé avec la musique d’un joli mot. Observé une chaise, prêté l’oreille à la couleur du son. J’ai exploré et consigné les us et coutumes de cette contrée qui m’était si inconnue : le coin de ma rue…
Après l’inoubliable Un peu de bois et d’acier, du même auteur, il y aura une place toute particulière dans ma bibliothèque pour ce superbe Plus loin qu’ailleurs. J’y ai retrouvé la même douceur, la même poésie, l’originalité dans la simplicité et surtout une profonde humanité.
Les planches de dessins en noir et blanc, émaillées de quelques taches de couleurs, sont saisissantes. Ne passez pas à côté de cette petite merveille !
Billie, 14 ans, vit seule avec sa mère Marika dans une cité en Allemagne. Elles ont du mal à joindre les deux bouts mais compensent la dureté de leur quotidien par le rire et l’imagination. Lorsque la mère de Marika débarque de Hongrie, leur vie va être dramatiquement chamboulée. S’ensuit un road trip chaotique jusqu’à la Mer du Nord, où Billie va se confronter à son histoire familiale, que sa mère a toujours tenue secrète.
Cette histoire, racontée par Billie dans une langue fluide et extrêmement vivante, oscille entre le drame et la fantaisie avec beaucoup de justesse. Un premier roman d’Elena Fischer, lumineux et rafraîchissant, porté par une jeune héroïne attachante, qui souffle un vent d’espoir et de liberté.

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