Sucré / Salé – 189

Sucré TARTE À L’ORANGE Temps de préparation : 30 minTemps de cuisson : 45 minIngrédients pour 8 personnes • 1 pâte sablée• 50 g de beurre• 4 oranges• 1 œuf• 1 sachet de sucre vanillé Préchauffer le four à 170°C.Étaler la pâte sablée dans un moule à tarte et piquer le fond avec une fourchette. Faire un zeste avec l’orange et récupérer son jus. Couper très finement les autres oranges en rondelles, puis diviser chaque rondelle en deux.Battre l’œuf avec le sucre et le sachet de sucre vanillé puis y ajouter le zeste et le jus réservé précédemment. Verser la crème obtenue sur la pâte. Disposer par dessus les rondelles d’orange de façon harmonieuse. Faire fondre le beurre et badigeonner le dessus des oranges avec un pinceau alimentaire.Enfourner pour environ 45 minutes. Bon appétit ! VELOUTÉ POTIRON CHÂTAIGNES Salé Temps de préparation : 15 minTemps de cuisson : 30 minIngrédients pour 4 personnes • 350 g de potiron (épépiné et pelé)• 200 g de châtaignes pelées• 1 bouillon cube de volaille• 2 c.à.s de crème fraîche• Poivre et sel Après avoir évidé le potiron, le découper en morceaux et le faire revenir dans un peu d’huile d’olive.Recouvrir le potiron avec de l’eau, rajouter le bouillon de volaille et les châtaignes.Laisser cuire à feu moyen pendant 30 min (rajouter de l’eau le cas échéant).Passer au mixeur, rajouter la crème fraîche et servir avec des brisures de châtaignes et un peu de fromage râpé. Load More

WILD SHEPHERD

MUSIQUE Wild shepherd (Rock’n’roll One-man-band / Liausson) Formation : Renaud (guitare / chant / batterie) Discographie :Drunk Session (2021)Pony Tail / Tongue Tied Jill (2021) On n’est jamais mieux servi que par soi-même, la preuve en est qu’un seul homme peut être “une bande de jeunes à lui tout seul” comme disait l’autre ! Renaud le “berger sauvage” nous embarque dans un trip sur les routes américaines des origines du rock’n’roll et conjugue talent et passion pour le plus grand bonheur des fans du genre. À l’occasion de plusieurs sorties, nous lui avons posé quelques questions. C le Mag : Pourquoi as-tu choisi ce nom de scène et de jouer tout seul comme l’américain Bob Log III ou, pour citer un Français lui aussi sauvage, Jacob Wild ? Est-ce que tu as gardé ce Wild comme clin d’œil à Wild Karma où tu officies en tant que chanteur guitariste ? Renaud : Le nom de scène provient d’une chanson de Wild Karma. L’histoire d’un berger un peu taré dans les contrées aveyronnaises ! C’est effectivement une allusion à Wild Karma, c’est un peu pareil mais tout seul. J’ai monté ça seul car Rémy et Ronan ont leur projet de leur côté et je trouve compliqué d’avoir plusieurs groupes. Et de devoir dire “ce week-end je ne serai pas dispo, je joue avec mon autre groupe” ClM. : Quelle différence fais-tu entre le matériel composé pour l’un et pour l’autre ? R. : Avec Wild Shepherd je peux tenter plus de trucs du genre ballade ou pas mal de reprises un peu country qui ne passeraient pas dans Wild Karma. Donc le tri est vite fait, mais j’avoue que la priorité reste Wild Karma. ClM. : Tu parles de reprises, tu peux en dire plus sur tes choix, tes influences ? R. : Disons que j’aime bien le folklore américain, donc j’aime jouer pas mal de morceaux d’Hank Williams, Bill Monroe, Charlie Feathers, Carter Family, Ray Price etc… Ce genre de morceaux passe mieux avec une guitare acoustique en mode honky tonk, chose que je ne peux pas faire avec le groupe, donc j’en profite. Mais je peux aussi être très bruyant façon Hasil Adkins et passer en électrique selon l’ambiance de l’endroit où je dois me produire ! ClM. : D’où te vient ce goût pour la culture US ? Ton frère bossait sur des voitures d’époque non ? R. : Oui, mon frère bricole des bagnoles américaines depuis une vingtaine d’années par passion. On a monté un club avec lui et quelques potes, on bricole un peu les motos aussi. Mais c’est l’amour du rock’n’roll qui m’a donné le goût de la culture US, gamin j’ai entendu Chuck Berry, Elvis, les Stray Cats, je devais avoir un peu moins de dix ans et ça résonnait de la chambre du grand frère, sans oublier les films, et ça m’est resté. J’ai eu une époque très Nirvana à l’adolescence mais ça a toujours été du rock’n’roll pour moi. ClM. : On devine qu’il est plus facile de se déplacer tout seul avec son matériel dans la voiture et tu ne t’en prives pas, peut-être as-tu quelques dates à annoncer ? On the road again ? R. : Alors pour une raison évidente c’est surtout plus simple de trouver des dates, niveau pognon un seul musicien coûte moins cher héhé. Et tu peux valider une date sans attendre de savoir si les acolytes sont dispo. Le hic c’est que tu fais la route tout seul, quand y’a des bornes c’est vite relou. Et la petite tournée pour fin novembre est du côté de Dijon, Besançon… Et tu te retrouves seul à charger et décharger le matos !   Retrouvez Wild Shepherd sur internet Ged Load More

L’idée Livres 189

Littérature Le colonel ne dort pas de Emilienne Malfatto Le colonel ne dort pas, et pour cause ! Cet homme, militaire, spécialiste des interrogatoires, qui arrache, coupe, tranche pour avoir des réponses, est hanté jusque dans ses songes par les fantômes de ses morts. Il nous livre ses tourments sous forme de poèmes écrits en vers, particulièrement sombres et torturés qui ponctueront tout le roman.Retour à la prose où le décor se pose : une ville en ruine dans un pays en guerre, il est question d’une Reconquête après la chute d’un dictateur, d’un Général qui préfère rester dans son immense bureau d’un palais réquisitionné et faire des parties d’échecs contre lui même que de vérifier l’état des troupes. Le jeune Ordonnance avec son béret rouge, qui attend les ordres, préférant tout de même se réciter les rares lettres de sa mère qu’il connaît par cœur pour oublier l’enfer qu’il voit et qu’il vit. Cela pourrait être n’importe où, dans la confusion d’un pays à terre. Le Colonel arrive ici pour son nouveau poste, son “travail” dans la Section spéciale. Emilienne Malfatto nous plonge dans les horreurs des crimes de guerre avec une écriture toujours juste, profonde et poétique. Crush of Lifetime de Halim Jeong & Yeonwoo Kim Hye-ji en est persuadée : Ki-sung, le garçon qu’elle aime, éprouve des sentiments réciproques à son égard. Mais son cœur se brise en mille morceaux quand elle apprend qu’elle a faux sur toute la ligne ! Une romance pleine de rebondissements entre lycéens et lycéennes, avec des amitiés incongrues, et des tranches de vies rafraîchissantes. De beaux dessins en couleurs, une histoire mignonne et facile à lire : parfait pour un automne au coin du feu ! Viendra le temps du feu de Wendy Delorme Le décor : une société totalitaire dans un futur proche où les ressources se raréfiant du fait de la pollution, elles font l’objet d’un contrôle féroce qui s’exerce également sur la population. En face de la ville, de l’autre côté du fleuve, une colonie libertaire de femmes vivant en sororité. La répression sanglante de ce mouvement va obliger certaines femmes à regagner la société et à s’y fondre du mieux possible. À l’intérieur, d’autres personnages se questionnent, luttent, dérivent du chemin tout tracé qu’on voudrait les voir prendre… Roman choral d’une intensité profonde et d’une poésie enflammée. Viendra le temps du feu est une dystopie qui rappelle 1984, Fahrenheit 451 ou encore La servante écarlate, un roman éminemment politique, révolté contre la perte des libertés et des individualités mais également porteur d’espoir car rempli de la beauté et de la complexité de l’être humain. Cher connard de Virginie Despentes Cher connard est un roman épistolaire débutant avec la réponse d’une actrice connue à un message Instagram insultant. L’auteur de ce message se révèle être le frère d’une amie d’enfance, devenu écrivain et en proie à des accusations MeToo. La jeune femme victime de ses abus s’exprime également. Au travers de leurs échanges, on aborde les questions du féminisme et de la déliquescence de la société, mais aussi de l’addiction, de la parentalité, du monde de l’art.  “Roman de rage et de consolation, de colère et d’acceptation, où l’amitié se révèle plus forte que les faiblesses humaines…” Libérateur, jouissif, péchu comme jamais, toute la saveur de Despentes dans ce nouveau roman vibrant d’humanité. Fantaisies Guérillères de Guillaume Lebrun En pleine Guerre de Cent Ans contre les Anglais et alors que les Bourguignons menacent également le Royaume, Yolande d’Aragon, duchesse à la cour du roi, décide de concrétiser une ancienne prophétie annonçant la venue d’une vierge guerrière pour sauver la France : elle recrute 15 jeunes candidates pour former la future Jeanne d’Arc. Par malchance, l’élue ne sera pas celle qu’elle imaginait au départ… Dans ce récit farfelu rempli de références à la culture pop (Queen, Apocalypse Now, et même Céline Dion !), Guillaume Lebrun révèle une écriture follement inventive, un langage hybride mêlant anglais et idiomes médiévaux réels ou inventés à des expressions argotiques modernes. On était des loups de Sandrine Collette Sandrine Collette ou l’art de nous clouer sur place. Une montée en puissance savamment dosée, avec toujours cette façon redoutable de partir de l’anodin et de virer à l’horreur. Sa marque de fabrique. Des phrases très courtes qui s’enchaînent, à bout de souffle, on suit les pensées d’un père écorché, meurtri, perdu… Liam est sauvage et asocial, il s’est retiré du monde et vit dans la montagne avec sa femme et son fils de 5 ans. Un enfant qu’il n’a pas voulu mais qu’il a « offert » à sa femme pendant qu’il parcourt les environs pour la saison de la chasse, pour compenser ses longues absences. Un jour, il revient et découvre sa femme morte, tuée par un ours. Son fils est sauf. Commence alors une longue route en forme de rédemption. La rencontre de deux êtres qui vont devoir se sauver mutuellement et réapprendre à vivre. Alabama 1963 de Ludovic Manchette & Christian Niemiec 1963, USA. Des fillettes disparaissent, se font violer et tuer. Les policiers ne sont pas très actifs, les fillettes sont noires et cela ne les émeut pas beaucoup… Seul un détective privé semble s’y intéresser entre deux bouteilles d’alcool… en réalité, c’est sa bonne qui mène l’enquête ! Un duo de choc qui vient bousculer les mœurs de l’époque et les gens ouvertement racistes. Avec beaucoup de finesse et sensibilité les deux auteurs nous embarquent dans cette aventure tragique et touchante. Ils mènent d’une main de maître l’enquête qui jamais ne patine et manient l’humour et la dérision intelligemment. On se régale ! HORS-LA-LOI De ANNA NORTH En 1894, aux États-Unis, on pendait les femmes stériles, il fallait forcément être une sorcière pour ne pas réussir à avoir un enfant et on ne se posait pas la question de savoir si cela pouvait venir de l’homme… C’est l’histoire d’Ada, 17 ans, qui parce qu’elle ne tombe pas enceinte, est chassée de chez elle, de sa ville natale. Elle rejoint alors une bande de hors-la-loi, toutes des femmes qui ont vécu

Parce Que – 189

Cinéma PARCE QUE Ce mois-ci, je ne m’étendrai pas sur un film en particulier.Via ma rubrique “Parce que”, je vous propose un panel non exhaustif de productions qui ont titillé ma curiosité de cinéphage. En “à ne pas rater” et en “il en faut pour tous les goûts”. Bref, en clair, allez au cinoche, ça vide un peu les poches mais ça fait du bien à la caboche ! Sortie : 5 octobre. Une plongée au cœur de l’Anti-Terrorisme pendant les 5 jours d’enquête qui ont suivi les attentats du 13 novembre. Parce que : Sans commentaire. Euh si, réalisé par Cédric Jimenez “Bac Nord”. Sortie : 5 octobre. Un couple séparé est réuni pour tenter d’empêcher leur fille de commettre la même erreur qu’eux jadis : céder au coup de foudre. Parce que : BA nunuche, thème éculé mais J. Roberts et G. Clooney : What Else ? Sortie : 12 octobre. Le destin de Simone Veil, son enfance, ses combats politiques, ses tragédies. Le portrait épique et intime d’une femme au parcours hors du commun qui a bousculé son époque en défendant un message humaniste toujours d’une brûlante actualité.Parce que : Olivier Dahan “La môme” mais surtout Madame VEIL : Respect. Sortie : 12 octobre. Quand Abel apprend que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme en prison, il panique. Épaulé par sa meilleure amie, il va tout faire pour essayer de la protéger. Mais la rencontre avec son nouveau beau-père, pourrait bien lui offrir de nouvelles perspectives… Parce que : Roschdy Zem évidemment et une BA rafraîchissante carrément fun. Sortie : 19 octobre. Sami vit heureux dans une cité de banlieue, entre ses amis, voisins et sa femme Alice. Pour l’anniversaire de son fils, l’homme le plus riche de France fait ouvrir le grand magasin qui lui appartient. Alexandre choisit Sami, le gardien de nuit, comme nouveau jouet… Parce que : Ok, remake de “Le jouet” avec Pierre Richard devenu culte. Mais Auteuil et Debbouze ça peut le faire. Après une dure journée… Sortie : 19 octobre.  Près de cinq millénaires après avoir reçu les super-pouvoirs des anciens dieux – et avoir été emprisonné dans la foulée –, Black Adam est libéré de sa tombe terrestre, prêt à exercer sa propre justice dans le monde moderne… Parce que : Je ne supporte plus les Marvel et les DC Comics, comme je l’ai déjà dit mais pas je n’ai pas mieux à proposer ! Sortie : 1er novembre Passions, crimes, trahisons… Après “M. et Mme Adelman” et “La Belle Époque”, Nicolas Bedos tourne en dérision le monde cruel de l’argent roi et nous livre une nouvelle fresque sentimentale. Parce que : Bedos s’impose comme un réalisateur talentueux et couillu. Fallait oser certaines répliques de OSS 117 et j’ai beaucoup aimé ses 2 premiers films cités précédemment. Ah, et le casting tout de même ! Sortie : 9 novembre.  La suite des aventures du Roi du Wakanda, alias Black Panther. Parce que : Et un de plus ! Toutefois, le premier m’avait impressionné graphiquement : décors grandioses, plans magnifiques.Pas suffisant pour moi, mais c’est déjà ça ! Sortie : 7 décembre. Le Chat Potté découvre que sa passion pour l’aventure et son mépris du danger ont fini par lui coûter cher : il a épuisé huit de ses neuf vies, et en a perdu le compte au passage. Afin de retomber sur ses pattes notre héros velu se lance littéralement dans la quête de sa vie. Parce que : Un film d’animation pour les fêtes de fin d’année ? Tant qu’à faire, j’avais beaucoup aimé le premier, alors… Sortie : 12 décembre. Jake Sully et Neytiri sont devenus parents. L’intrigue se déroule une dizaine d’années après les événements racontés dans le long-métrage originel. Leur vie idyllique, proche de la nature, est menacée lorsque la Resources Development Administration, dangereuse organisation non-gouvernementale, est de retour sur Pandora. Parce que : Une claque, que dis-je, 12 rounds face à Tyson avec le premier volet, alors… “I’ll be back” dixit Maître Cameron. Il était temps ! Claude Bermejo

Xenoblade Chronicles 3

Jeux Vidéo Xenoblade Chronicles 3 Développé par Monolisth Soft. Sorti sur Nintendo Switch le 29 juillet 2022. Genres : JRPG, Aventure, Action, S-F. Dernier chapitre d’une trilogie initiée en 2010 avec Xenoblade Chronicles sur Wii, Xenoblade Chronicles 3 reprend nombre des codes de la saga. Se déroulant dans un monde nommé Aionios, présenté comme le futur commun des univers parallèles des deux premiers opus, ce troisième monde gigantesque comporte quelques éléments particuliers. Vivre pour se battre et se battre pour vivre Deux factions perpétuellement en guerre, Keves et Agnus, se battent, non pour un lopin de terre, mais pour la vie elle même. Car celle des habitants de chaque faction est régie par le cadran vital de la colonie à laquelle ils sont rattachés. Un cadran vital vide signifie la mort et pour le remplir il faut éliminer les ennemis… Un contexte oppressant, point de départ d’une aventure épique, qui pose le cadre de l’environnement hostile dans lequel les personnages ont évolué. Mais très rapidement, la situation va être chamboulée pour nos six protagonistes principaux. Ce groupe, qui va se former par une succession d’événements mystérieux, est composé de 3 soldats de chacune des factions. Noah, Lanz et Eunie pour Keves ; Mio, Sena et Taion pour Agnus. Deux groupes, ayant des rôles identiques au sein de leurs colonies respectives, qui devront d’abord se faire face avant d’allier leurs forces pour résister face aux véritables ennemis. Je ne révélerai rien de plus sur l’histoire pour vous laisser le plaisir de découvrir ses nombreuses intrigues. Des environnements enivrants Les paysages du jeu respectent le cahier des charges de la licence, en le sublimant. Toujours gigantesques, ils sont cette fois bien plus contrastés. Parfois très colorés, parfois très sombres, souvent parsemés des teintes atypiques propres à la science-fiction. Viennent se mêler à ces nouveaux environnements, des éléments des opus précédents, comme l’immense épée de Bionis (issue du premier jeu) ou le Titan d’Uraya (l’une des terres explorables du deuxième). Des décors qui viennent nimber l’exploration d’une touche de nostalgie mais aussi d’intrigue : comment ces deux univers parallèles se retrouvent fusionnés ici ? Ces décors somptueux et paysages surprenants sont accompagnés d’un bestiaire fourni. Cette multitude de créatures, souvent massives, donnent vie à d’immenses étendues et dictent aussi un certain rythme à l’aventure. Ainsi se créé une alternance réjouissante entre les combats, l’exploration et les cinématiques scénaristiques. Trois styles de jeu complètement différents qui agrémentent la renommée de la série. Précédent Suivant Un système de combat abouti Nos six protagonistes ont dès le départ une classe qui leur est spécifique. Ces classes définissent le rôle que chacun a lors d’un combat : Attaquant, Défenseur ou Soigneur. Si celles de départ sont équitables (deux de chaque), il est très rapidement possible de changer ces dernières, et de faire prendre à l’un ou l’autre le rôle de défense ou de soin. Outre leurs catégories, les différentes classes modifient également les nombreuses attaques spéciales du personnage. Une fois en combat, nos personnages attaquent automatiquement l’ennemi ciblé, à une vitesse et une force définie par leur classe. En plus de ces dégâts de base, le joueur peut lancer différentes attaques spéciales, nommées Arts, permettant d’infliger des dégâts critiques, de soigner les personnages alliés, d’attirer l’attention des ennemis, de déséquilibrer les adversaires, et bien plus. Ce vaste panel de possibilités enrichit fortement les affrontements ; d’autant que ces Arts changent en fonction de la classe équipée, et que la quantité de classes différentes est assez conséquente. Mais ce n’est pas tout. Si les Arts suffisent contre les monstres de petite taille ou de faible niveau, face à des adversaires plus redoutables il en requiert davantage. Il faut alors passer à la vitesse supérieure, avec au menu de la fusion d’Arts, des Arts spéciaux, des enchaînements et des transformations Ouroboros. Si les Arts normaux se rechargent avec le temps ou par les auto-attaques, les Arts spéciaux se rechargent lorsqu’un Art normal atteint sa cible, et la fusion d’art permet de lancer en même temps deux Arts différents pour amplifier leurs effets. Les enchaînements ne peuvent être lancés qu’après un certain nombre d’actions de groupe effectuées (soigner ou protéger un allié, lancer des arts spéciaux, etc.) et permettent de lancer une succession de tactiques redoutablement efficaces. Un système enrichi par rapport aux autres opus, bien mieux ficelé, plus clair et plus rapide à exécuter. Très satisfaisant à utiliser, il serait cependant un peu rébarbatif de vous en expliquer le fonctionnement détaillé ici… Dernière possibilité, et non des moindres, nos personnages ont la particularité de pouvoir se transformer en Ouroboros. Ces transformations permettent de ne plus subir de dégâts, d’en infliger bien plus ou de réaliser des soins conséquents… une sorte de second souffle dans les combats les plus intenses et procurent un réel sentiment de satisfaction à utiliser. Voilà à quoi ressemblent les combats de Xenoblade Chronicles 3, du moins, sans révéler les autres mécaniques de jeux qui se débloquent plus tard dans l’aventure… Des quêtes et missions nombreuses Durant l’histoire principale, nos protagonistes traversent Aionios de bout en bout et font la rencontre de nombreuses Colonies, et donc de personnages. Certains ont besoin de nous pour les aider à faire quelque chose : récolter des matériaux, retrouver une personne disparue, terrasser des monstres… D’autres partagent des informations qui aboutiront à d’autres quêtes, à rencontrer d’autres personnages ou à obtenir de nouveaux équipements. Certaines missions, appelées missions de héros, permettent de rencontrer un personnage plus important et de débloquer une fois complétée une nouvelle classe pour nos six personnages, en plus de pouvoir intégrer au groupe l’un de ces héros comme septième personnage. En plus d’apporter une aide souvent précieuse, ces héros sont des personnages secondaires plus travaillés que les autres, avec parfois de vrais impacts sur l’histoire ! Je vous conseille d’alterner entre les missions de l’histoire principale, les missions secondaires et les quêtes de héros pour ne pas vous lasser de ces différents éléments qui se retrouvent tout au long du jeu ! Précédent Suivant L’incontournable de l’année

Questions à René Frégni

Interview Questions à René Frégni Invité à la librairie un point un trait, le 8 novembre 2022 ©Francesca Mantovani C le Mag : Cancre dès le CP, certainement pour refus de port de lunettes, vous avez évité le brevet et travaillé d’arrache-pied pour finir l’année scolaire en février ! Qu’est ce qui vous a éloigné de l’école ? René Frégni : J’étais le seul à porter des lunettes dans cette classe de CP, les minots m’appelaient “quatre œil”, riaient. J’ai jeté mes lunettes et c’était comme si je jetais l’école, je l’ai prise en horreur. Je suis devenu menteur, voleur, rôdeur… Je n’étais bien que dans la rue, libre, seul, aux aguets, rêveur. ClM. : Vous venez de publier “Minuit dans la ville des songes” loin d’être simplement votre biographie, ce roman est un voyage au pays de la liberté, celle qu’apporte la lecture, comme celle que permet l’adolescence… D’où vous vient cet esprit de liberté ? R.F. : J’ai été un enfant rebelle, révolté, solitaire. Je suis arrivé très en retard à l’armée. Déserteur ! On m’a condamné à six mois de prison militaire. Ma révolte s’est accrue, j’étais prêt à tirer sur un colonel, un général, un ministre. Dans ma cellule j’ai ouvert le premier livre de ma vie. J’ai compris que je serais plus fort avec des mots. Je me suis évadé durant toute ma vie en lisant, je me suis défendu durant toute ma vie en écrivant. La culture lentement a écarté ce qui aurait pu devenir de la haine. ClM. : Votre jeunesse, vous la racontez comme un roman épique, êtes-vous un révolté ordinaire qui devient le héros de sa vie ? R.F. : Il n’y a pas de révolte noble ou ordinaire, on ne choisit pas la révolte, c’est une réaction, un geste de survie, la manifestation de la vie. La révolte m’a sauvé. ClM. : Vous avez découvert le monde à une époque où il n’était même pas nécessaire de traverser la rue pour décrocher un petit boulot, pousser une porte suffisait. D’où vient l’idée d’un passé plus facile, alors que la prison attendait celui qui avait une semaine de retard à son service militaire ? R.F. : La discipline était partout avant mai 68, dans les écoles, les familles, au travail, à l’armée. Fils d’ouvrier, on allait travailler comme son père sans se poser de questions. Il y avait du travail partout. Mai 68 nous a ouvert les yeux, certains naissaient dans la soie, d’autres dans la poussière de charbon. J’ai commencé par déchirer la soie et refuser la poussière de charbon. Ceux qui organisent cette injustice ont des mots, il faut les leur prendre. ClM. : Entre “Les chemins noirs”, et “Minuit dans la ville des songes”. Que peut dire, à la jeunesse d’aujourd’hui, celle des années 60-70 ? R.F. : Ma génération n’a aucune leçon à donner aux suivantes, nous avons tenté de combattre l’injustice sociale, nous n’y sommes pas vraiment parvenus. C’est sans doute pire aujourd’hui. Nous avons jadis surestimé la générosité des hommes, leur capacité à partager… Nous sommes une espèce très individualiste, égoïste, souvent cruelle. Nous avons commencé à le payer, nous le paierons très cher. La planète et le climat sont entrés dans une ère de paisible révolte. Nous comprenons tout de suite ou nous disparaissons ! ClM. : Vous dites dans votre roman que Marx avait tenté de soigner la société, Freud les individus et vous ? Est-ce le corps en tant qu’infirmier et l’esprit en tant qu’écrivain ? R.F. : Infirmier, je tentais de comprendre les mystères et les contorsions de la folie. Écrivain, j’organise le chaos de mes émotions. Si mes romans peuvent alléger la souffrance de quelques uns, permettre à d’autres de s’évader de prisons réelles ou imaginaires… chaque jour je me soigne en lisant, en écrivant, de cette grande peur de mourir. ClM. :Les mots emportent-ils autant que les rêves révolutionnaires d’un Che Guevara ? R.F. : Le visage du Che claquait comme ma révolte dans cette prison militaire. Les mots m’ont apporté la douceur, la tolérance et souvent les armes d’un combat. ClM. : Vous vous êtes construit à travers les mots des autres, avançant à tâtons dans un monde incertain, c’est quoi pour vous être écrivain si le lecteur que vous êtes est “un vagabond de mots dans un voyage de songes (p. 150)” ? R.F. : Dans chaque mot il y a un monde. J’ouvre mon cahier et je pars en voyage. J’ai fait du stop sur toutes les routes d’Europe, du Moyen-Orient. La nuit lorsque je ne dors pas, je reste dans le noir, j’écris sous mes paupières, dans des forêts et des villes de songes. Les mots vous emmènent plus loin que les trains et vous ne rencontrez jamais de frontières. ClM. : Votre roman est un hymne à la lecture, au plaisir de lire, que l’on retrouve à chaque page, dans chaque mot de “Minuit dans la ville des songes”. Quelle est la prochaine aventure que vous partagerez avec nous ? R.F. : Puisqu’il n’y a pas de frontières entre les mots, il n’y en a pas entre les livres, j’écris le même livre depuis que j’ai écrit un premier mot. Ce n’est pas le livre de ma vie, ni d’une vie que je m’invente, c’est le récit sans fin des émotions qui ont façonné l’homme que je crois être et qui est aussi un arbre, une rivière, un caillou, un nuage, un chat. René Frégni sera présent le 8 novembre à la librairie un point un trait (Lodève) et le 8 décembre à la Cave l’Estabel (Cabrières). Stephan Pahl Load More

Questions à Emma Becker

Interview Questions à Emma Becker Invitée à la librairie un point un trait, le 12 octobre 2022 © Pascal Ito Emma Becker, votre précédent livre “La Maison” vient de sortir en poche aux éditions “J’ai lu” où vous racontiez dans les plus intimes détails votre vie dans un bordel à Berlin. Vous revenez pour cette rentrée littéraire avec votre nouveau livre “L’inconduite” paru chez Albin Michel, la suite de votre vie après “La Maison”. Dans cette suite, vous êtes maintenant “mère” d’un garçon nommé Isidore. C le Mag : Votre livre nous plonge dans vos récits, passés et présents et dès le début vous donnez le ton. De retour chez vous, imprégnée de l’odeur d’un autre homme, vous consolez votre enfant en pleurs dans les bras de son père. Vous vous interrogez sur l’envie d’être une femme libre en tant que mère. De quoi être mère est-il l’empêchement ? Emma Becker : Il me semblait qu’être mère m’empêchait d’être quoi que ce soit d’autre. Rien ne m’avait préparée à ce qu’être mère signifie du point de vue matériel ou psychologique, la nécessité d’être présente en permanence, l’incapacité, souvent, de penser à autre chose. On est pourtant, en tant que petite fille et que femme, éduquée dans l’idée de devenir mère ; mais personne n’évoque le renoncement que cela implique, au moins pour un temps. J’ai eu mon premier fils en Allemagne, où la maternité est aussi conçue un peu différemment par rapport à la France ; il est très rare, par exemple, de pouvoir confier son enfant à une crèche avant qu’il soit capable de marcher. J’ai passé un an à la maison, seule avec un petit enfant, et c’était un rôle tout à fait nouveau pour moi, auquel je me suis habituée avec difficulté, en tout cas avec l’impression de devoir remiser toute une partie de ma vie, une partie cruciale, celle qui sortait le soir, qui rencontrait des hommes sans devoir se justifier, celle aussi qui avait bossé dans un bordel et qui était habituée au regard de l’homme sur elle. Quand on devient mère, on sent bien que ce regard sur soi change. ClM : Céline, vous avez repris une ferme, comme Joséphine dans la BD, les anecdotes oscillent entre bienveillance et testostérone déplacée, mais relatées avec humour, comment ont-elles vraiment été vécues ? C : La plupart sont tout de même mal vécues à chaque fois : soit on n’arrive pas à réagir et on s’en veut après coup, soit on “sur-réagit” et ça semble inapproprié, alors que c’est en fait la goutte d’eau de trop, la remarque sexiste qui arrive après tant d’autres… l’humour peut être une arme pour faire passer des messages mais ne doit en aucun cas cacher la violence des situations. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une BD humoristique. On s’est servi de l’humour pour faire passer nos messages, et attraper les lecteurs les plus réticents à la lecture de ce thème. ClM : Statut de la femme, homosexualité, poncifs… la BD brosse un portrait de la société qui n’est pas réservé qu’au monde agricole, mais en est-il un miroir grossissant ? C : Malheureusement je ne pense pas. Une fois qu’on a chaussé les lunettes du féminisme, le sexisme saute aux yeux, il est partout. Chaque anecdote n’est en fait pas anecdotique : elle n’est pas liée à la situation ou aux personnages précisément à un temps donné, mais révélatrice du système qui sous tend encore complètement notre société. Être une femme dans ce monde, c’est performer une idée de la féminité qu’on nous inculque depuis notre petite enfance ClM. : Vous parlez de votre situation de mère, par petites touches, est-ce juste un rappel de ce nouveau rôle, de ce nouveau statut ? Est-ce comme une prise de conscience de ne plus exister que pour soi ? E.B. : La maternité n’est pas le thème principal de ce livre, mais elle est inscrite en creux, dans chaque scène ; c’est elle qui détermine mes fuites de la maison, et les retours que j’y opère. La sensation de frustration et d’insatisfaction que je décris est conditionnée par la maternité, qu’on nous explique comme une vocation, à laquelle il faudrait tout sacrifier. ClM. : Les premières relations que vous décrivez sont celles des liens familiaux, les gestes d’enfants, comme celui d’Isidore avec votre grand père, vous relatez ensuite vos relations avec vos partenaires. Est-ce une approche pour aborder la question des plaisirs sous toutes ses formes, hors des tabous de société et en particulier ceux liés aux plaisirs des femmes ? E.B. : J’évoque en premier lieu mon grand-père et mon fils car ce sont, à leur façon, les hommes de ma vie. L’un arrive, l’autre part : en perdant mon grand-père j’abandonne la jeune femme que j’étais, et je deviens une femme et une mère, en donnant naissance à mon fils. ClM. : Qu’est-ce qu’être une femme, une jeune femme, dans un monde d’hommes et surtout dans un monde aux regards d’hommes ? Est-ce le fait d’exister à travers le regard de l’autre, c’est à dire être sublimé par l’autre ? Ou est-ce être une Geisha, c’est à dire une artiste, qui par sa compagnie, son raffinement, valorise l’autre ? E.B. : Être une femme dans ce monde, c’est performer une idée de la féminité qu’on nous inculque depuis notre petite enfance : être jolie, intelligente, mais avec humilité, se prêter aux idées que les hommes se font de nous, et surtout, reléguer son propre désir et son propre plaisir au second plan, au bénéfice des hommes. C’est une comédie et presque un travail, puisque cela consiste à s’oublier soi-même pour se fondre dans la représentation qu’on se fait de ce qu’est une femme. J’ai longtemps fait du regard de l’homme une sublimation, je voulais me voir dans leurs yeux, incarner La Femme, satisfaire un certain nombre de fantasmes qu’on lie au mot femme. Être une femme, cela veut souvent dire ne pas menacer l’homme, le mettre en valeur. Les hommes sont mes muses, mais je ne cherche pas à les

La dromosphère : prendre l’accident au sérieux

PHILOSOPHIE La dromosphère :prendre l’accident au sérieux La tragédie grecque était le récit d’hommes qui ne maîtrisaient pas leur destin à cause de leurs faiblesses congénitales d’une part et de l’action des dieux d’autre part. Les héros devaient donc se battre contre eux-mêmes, leurs peurs, leurs lâchetés, les trahisons des leurs, mais aussi les caprices de divinités qui s’amusaient de la fragilité humaine. Les dieux ont disparu de notre horizon et de nos récits. Mais nos drames non. Nous sommes face à l’inattendu, à ce qui brise notre vie, à des murs qui nous écrasent. Ces drames, ce sont les accidents. Accidents de la route, crise financière liée à la vitesse de la spéculation, canicules liées à la puissance des outils humains qui produisent du CO2, catastrophes nucléaires liées, etc.… L’accident a remplacé le destin dans la tragédie humaine. Paul Virilio, architecte urbaniste, né en 1932 et mort en 2018, s’intéressa tout au long de sa vie à cette dimension oubliée de la réalité et à son corollaire, la vitesse. Il élabora le concept de dromosphère : comment la vitesse engendrée par l’augmentation considérable de notre puissance au vingtième siècle a produit des drames inimaginables auparavant. Pourquoi ce nom bizarre ? Le dromos, en grec, cela veut dire “chemin”. C’était souvent un chemin bordé de sphinx entre un temple et un quai en bord de mer. C’est devenu ensuite une piste de course à pied : le culte de la vitesse doublé par le sentiment que notre destin est borné par un regard omniprésent qui nous échappe, celui des sphinx. Ce qui caractérise l’époque contemporaine, c’est le fait que nous soyons embarqués dans ce drome sans pouvoir en sortir, avec l’angoisse de nous écraser directement contre le mur. Un exemple ? Lisez la Supplication de Svetlana Alexievitch qui, dix ans après l’accident de Tchernobyl, raconte l’enchaînement des drames humains en recueillant les témoignages. Si vous avez l’estomac bien accroché, allez jusqu’au bout du récit de cette jeune mère de famille dont le mari fit partie des premières équipes, le matin de l’explosion. Bien entendu lorsqu’on lit une telle phrase, on se dit immédiatement que Paul Virilio est un de ces anti-modernes réactionnaires, technophobes. Un héritier de Jean-Jacques Rousseau qui, dès le XVIIIème siècle dans ses Discours sur les Sciences et les Arts (1750) et Discours sur l’origine et le fondements de l’inégalité parmi les hommes (1754), remettait en doute les bienfaits systématiques du progrès technique et de son lien avec le progrès moral. JJ Rousseau qui était accusé par Voltaire de vouloir revenir au temps où l’on marchait à quatre pattes2, mais dont il faut lire la réponse : “quel plus sûr moyen de courir d’erreurs en erreurs que la fureur de savoir tout ?” Ce qui ne veut rien dire d’autre que la simple vénération du progrès sans s’interroger sur sa dangerosité. Cela ne veut pas dire qu’on le renie, mais qu’il faut toujours s’interroger sur ses conditions d’existence ! “il ne s’agit pas de prendre l’accident au tragique […] mais au sérieux” C’est ce que se propose de faire Paul Virilio : penser l’existence des accidents résultant des innovations technologiques apparues depuis la multiplication de la puissance et de la vitesse il y a 150 ans. « Loin de prôner un “catastrophisme millénariste” il ne s’agit pas de prendre l’accident au tragique dans le but d’effrayer les foules, comme le font si souvent les mass-media, mais seulement de prendre enfin l’accident au sérieux. »3 Qu’est-ce qu’un accident ? Il faut remonter à Aristote pour le comprendre. Il distinguait l’essence d’une réalité de l’accident. L’essence, c’est ce qui est en lien avec la nature de la chose de manière nécessaire : le train est par essence plus rapide que la marche à pied. L’accident, lui, n’est jamais nécessaire mais révèle néanmoins ce qui est de la nature même de la chose. Un accident, lorsqu’il surgit, exprime les potentialités de la chose ou de l’être. Le coup de pioche peut révéler par accident l’existence d’un trésor qu’on ne cherchait pas ; Fleming découvrit par accident les propriétés du pénicillium. Le même mot est utilisé pour désigner les accidents liés aux nouvelles innovations. Quel est le lien ? Paul Virilio s’explique : “Inventer le navire à voile, c’est inventer le naufrage. Inventer le train, c’est inventer l’accident ferroviaire du déraillement. Inventer l’automobile domestique, c’est produire le télescopage en chaîne sur l’autoroute.” C’est une réalité. Le penseur ne doit pas juste se lamenter en proposant d’abandonner tous ces progrès. Ce serait une absurdité. En revanche il peut s’en servir comme levier pour réfléchir sur sa propre existence. Comme le faisait remarquer Paul Valéry « L’instrument tend à disparaître de la conscience. On dit couramment que son fonctionnement est devenu automatique. Ce qu’il faut en tirer, c’est la nouvelle équation : la conscience ne subsiste que pour les accidents »4 L’accident sert ainsi à réveiller nos consciences et percevoir ce que porte en elle l’innovation : l’accident, qui est une rupture dans le déroulement automatique et quotidien des faits, permet à l’homme de prendre le recul nécessaire sur la véritable portée de ses innovations technologiques. La conclusion de Paul Virilio, à l’occasion de cette prise de conscience, est que la modernité se distingue des âges anciens dans le sens où elle porte en elle la part croissante de la vitesse dans nos drames : plus nous allons vite, moins nous maîtrisons notre destin. Là encore il faut préciser les termes. Aristote écrivait que “Le temps était l’accident des accidents”, c’est-à-dire que ce qui caractérise l’existence des êtres vivants, par rapport à une potentielle divinité, c’est que nous n’existons pas de toute éternité. Au contraire nous vivons dans une dimension à part de l’espace qui se caractérise par la succession d’événements, parfois imprévisibles : ce que nous appelons le temps, c’est-à-dire ce qui nous permet de compter selon l’antérieur et le postérieur. Le temps est irréversible, nous ne pouvons pas faire marche arrière et il y a des cycles, des saisons. Mais ce qui rassure, c’est son rythme régulier : le temps passe selon une succession mathématique fixe, même si psychologiquement nous ne l’abordons pas