Sucré / Salé – 191

Sucré Fondant au citron Temps de préparation : 10 minTemps de cuisson : 25 minIngrédients pour 8 personnes • 125 g de sucre• 110 g de beurre salé ramolli• 2 œufs (à température ambiante) • 90 g de farine • 1 gros citron • 100 g de sucre glace Préchauffer le four à 180°C. Mixer le beurre ramolli avec le sucre, ajouter les œufs un à un et bien mélanger. Zester le citron et mettre le zeste de côté. Presser le citron pour récupérer le jus. Réserver 2 cuillères à soupe du jus de citron pour le glaçage. Ajouter le reste du jus de citron à la préparation et incorporer ensuite la farine et le zeste. Verser la préparation dans un moule de 20 cm x 20 cm et enfourner pour 25 minutes. Préparer le glaçage en mélangeant le sucre glace avec les 2 cuillères de jus de citron. Lorsque le fondant a refroidi, verser le glaçage par-dessus et laisser prendre 10 minutes au frais avant de découper et de servir. Bon appétit ! TABOULÉ LIBANAIS Salé Temps de préparation : 25 minIngrédients pour 4 personnes • 50 g de boulghour• 300 g de tomates• 200 g de persil plat• 150 g d’oignons verts • 1 citron • 60 g de menthe fraîche• 30 g d’huile d’olive• 1 g de sel Faire ramollir le boulghour dans un bol d’eau pendant 15 minutes. Égoutter. Laver, sécher et ciseler le persil et la menthe. Découper les oignons verts finement et les tomates en petits dés. Mettre le boulghour, les herbes, les oignons et les tomates dans un saladier, mélanger. Presser un citron entier et arroser le taboulé avec. Ajouter le sel et les 3 cuillères à soupe d’huile d’olive. Mélanger et servir bien frais. Load More

Parce Que – 191

Cinéma PARCE QUE Les voies qui mènent à Hollywood sont sinueuses, glissantes, “enneigées” et très souvent sans issue. Le grand James, pas si bête, a préféré emprunter la voie de l’eau. Au final, voie royale, que dis-je, voie impériale, voie céleste ou que sais-je, les qualificatifs quels qu’ils soient sont en deçà de l’émerveillement que procurent ses Avatars. Chroniqué dans le précédent C le mag sans l’avoir vu (principe de base de la chronique), je m’autorise ce petit rappel après visionnage (en Imax !) pour vous signaler qu’il est encore à l’affiche et que si vous ne devez voir qu’un seul film cette année, alors sans hésitation aucune, foncez ! Voilà, ça c’est fait et comme il est maintenant d’usage, hors gros coup de cœur, ce mois-ci, je ne m’étendrai pas sur un film en particulier. En avant pour ma rubrique “Parce que”, qui fleure bon le printemps qui arrive ! Et n’oublions pas : Aller au cinoche, ça vide un peu les poches mais ça fait du bien à la caboche ! Déjà paru Portrait profondément intime d’une enfance américaine au XXe siècle, The Fabelmans de Steven Spielberg nous plonge dans l’histoire familiale du cinéaste qui a façonné sa vie personnelle et professionnelle. À partir du récit initiatique d’un jeune homme solitaire qui aspire à réaliser ses rêves… Parce que : Spielberg, vu récemment, chef d’œuvre (un de plus pour Steven), du rire, des larmes, les “poils” quoi ! Dépêchez-vous, il est encore à l’affiche. Déjà paru  À la PJ chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Pour Yohan c’est le meurtre de Clara… Parce que : Vu récemment, un vrai bon polar avec des acteurs fabuleux, une réalisation au cordeau qui frôle le documentaire et une pluie de César dont celui du “Meilleur film” amplement mérité. Déjà paru  Charlie, professeur d’anglais reclus chez lui, tente de renouer avec sa fille adolescente pour une ultime chance de rédemption. Parce que : Darren Aronofsky : “Requiem for a Dream”, “The Wrestler”, “Black Swan”, “Mother”, etc. Réalisateur à part, déroutant, perché, surdoué. On aime … ou pas. Curieux donc ! Sortie : 15 mars.  Après un terrible crash sur une planète inconnue, le pilote Mills découvre rapidement qu’il a en réalité échoué sur Terre… il y a 65 millions d’années. Parce que : Produit par Sam Raimi (Evil Dead, et tellement d’autres), écrit par les auteurs de “Sans un bruit” et Adam Driver face à des dinosaures. D’autres sont tombés sur des singes ou encore sur des bestioles méchamment évoluées avec en prime une créature extraterrestre, alors pourquoi pas ? Sortie : 15 mars. Le film est basé sur un fait divers hallucinant : en 1985 une cargaison de cocaïne disparue après le crash de l’avion qui la transportait, avait été en fait ingérée par un ours brun. Comédie noire qui fleurte avec le gore. Parce que : C’est quoi ce machin complètement barré. Série B bien déjantée pour une soirée ciné de printemps repose-méninges Sortie : 5 avril. Dans un Royaume divisé par les guerres de religion et menacé d’invasion par l’Angleterre, une poignée d’hommes et de femmes vont croiser leurs épées et lier leur destin à celui de la France. Parce que : Vraiment envie de voir depuis que j’ai eu connaissance du tournage. Casting quatre étoiles, réalisateur dont j’ai apprécié le travail sur “Eiffel”. Et puis m…, d’Artagnan quoi ! Sortie : 5 avril. Une adaptation de la célèbre saga de jeux vidéo Super Mario ! Parce que : Je n’ai pas pu m’empêcher de l’ajouter à la liste de Claude ! Avec les trois bandes-annonces diffusées qui donnent très envie : animation, VF et humour ont l’air au top ! En tant que fan de jeux vidéo, avoir Mario sur le grand écran c’est un très gros événement ! –Natendo. Sortie : 12 avril. Max, un impitoyable tueur à gages de cinquante ans, découvre qu’il a un problème : il s’évanouit désormais devant la moindre goutte de sang. Son avenir dans la profession étant compromis, il va devoir se reconvertir… Parce que : François Damiens, je suis fan. Sortie : 12 avril. L’incroyable histoire d’un enfant, meurtri par la vie, qui trouvera son salut grâce à l’amour que lui portent ses chiens. Parce que : Luc besson et oui ! Je n’ai pas oublié qu’il a réalisé des films que j’ai adorés (Léon, Nikita, Subway, le cinquième élément, etc), “Le grand bleu” (pas mon truc, mais bon…) et que le ciné, celui qui vous en met plein la vue, n’était pas exclusivement made in USA. Claude Bermejo Load More

MR R

MUSIQUE MR R (post-rock progressif / Béziers) © Stéphanie Arnaud Photographie Formation :Lionel (guitare)Sylvain (basse et chant)Olivier (batterie) Discographie :// (2019)ere long (2022)the ghoulish trigonometry of fate (2023) Avec l’épidémie qui s’est étendue partout, la plupart des concerts ont été annulés et la vie culturelle est depuis méchamment dans la panade. Pourtant, cette période a permis l’élaboration de disques formidables comme le dernier double vinyle du mystérieux Mr R que l’on a interrogé sur le processus et son actualité. C le Mag : Peut-être que l’on pourrait revenir sur les débuts du groupe ? L’origine de son nom ?  Lionel : La formation date de 2016 où Sylvain qui veut jouer de la basse me rejoint, suivi assez rapidement par Olivier, puis Yannick qui partira en 2019. La formule trio actuelle s’est faite comme ça. Par rapport au nom, rien de fou… Il fallait bien trouver un truc pour ouvrir une page Facebook. ClM : (Rires) Du coup, avec quelle optique avez-vous réalisé ce dernier album ? Comment s’est déroulé la composition ? L. : On avait pas mal de compos qu’on jouait déjà sur “scène” avant d’envisager le deuxième album. La rencontre avec Fred Pajau (du studio Ma Ferme) après la présentation du premier album au Zinga Zanga a précipité les choses. On avait du concret… Du coup, on a bien bossé dans le grenier pour essayer de proposer quelque chose d’abouti. ClM : Cela signifie-t-il que le confinement a finalement eu du bon ? L. : Oui et non… On n’avait pas vraiment de concerts à ce moment-là. On ne peut pas vraiment dire que le Covid ait freiné notre activité. C’est plutôt la perspective d’enregistrer à Ma Ferme qui a accéléré les choses. ClM : Le studio est donc venu vers vous ? Comment a-t-il pris son importance dans le processus ? Il était aussi organisateur du concert à la Parenthèse de Servian si on a tout compris ? L. : C’est Fred Pajau qui a proposé de produire ere long après le concert du Zinga Zanga. Il était dans le public et il a bien aimé notre set. De mémoire, c’était en octobre… Il est venu assister à une répète dans le grenier en mars et en juin on était chez lui à Sérignan pour une session de dix jours d’enregistrement. Et oui, le concert de la Parenthèse a aussi été initié par Fred. © Stéphanie Arnaud Photographie ClM : Le groupe a la particularité de doubler ses prestations d’un pendant en vidéo, comment se passe l’assemblage des images ? D’où viennent les éléments ? Est-ce pour un besoin d’une œuvre d’art totale, (la musique, le texte, l’image…), pluridimensionnelle ? Ou peut-être simplement l’occasion d’assouvir une passion pour le montage cinéma ? Quid du film the ghoulish trigonometry of fate, faux jumeau de ere long ? L. : On projette toujours des trucs quand on joue. D’abord avec les étudiants de l’IUT de Béziers, puis en puisant dans des banques de vidéos libres de droits. Mais tu te retrouves fatalement avec les mêmes footages que les autres groupes. Du coup, j’ai dit stop. Tous les extraits de the ghoulish trigonometry of fate sont filmés maison. Mais depuis le début de la conception de l’album, je cherchais à faire un TOUT. Le fait que le titre des morceaux vienne faire le trait d’union entre son et image a bien fonctionné. ClM : Du coup quels sont les prochains projets ? Y a-t-il des dates à annoncer afin de pouvoir nourrir ce pauvre chat de couverture ? L. : On sera à Maraussan le 4 mars avec Harah et Tunnel Tunnel. Puis dans un registre plus intimiste, à l’auditorium de la MAM le 12 mai. Entre-temps, on organise un mini-showcase avec la projection du film le 16 avril à Béziers chez Fleurs de Bitume. Sinon le chat va bien…   Retrouvez Mr R sur internet & Youtube : https://www.mr-r.fr/ Ged

L’idée Livres 191

Littérature Une Amitié de Silvia Avallone L’histoire d’une rencontre improbable entre deux adolescentes italiennes dans les années 90. Elisa, petite punk intello et discrète qui s’élève seule à coté d’une mère immature et complètement déconnectée de la réalité. Beatrice, jolie superficielle élevée par une mère égocentrique qui consacre sa vie à mettre en lumière sa fille afin qu’elle puisse devenir un mannequin célèbre. Pendant une dizaine d’années, elles deviennent inséparables comme des sœurs fusionnelles… Jusqu’au drame. Les années passent et Elisa trentenaire peu épanouie décide un jour de coucher sur papier leur rencontre, leur amitié et leur rupture. Beatrice, quant à elle, est devenue une star du net, une icône incontournable mondialement connue. Avec beaucoup de justesse et de pudeur, l’auteure aborde les différentes facettes de l’adolescence, les révoltes, les premiers émois, les questionnements existentiels… et bien sûr une amitié inoubliable. Vague de froid de Jean Cremers Des décors superbes, une ambiance sympathique, une belle relation entre deux frères, émouvante et drôle. Pourtant, l’un des deux porte un secret qui l’accable : il y a deux ans, il a perdu sa petite fille de trois mois et il ne s’en remet pas. Ensemble, ils parcourent la Norvège pour un pèlerinage autour des divinités nordiques. Tout ne se passera pas comme prévu mais ils vont en ressortir grandis.Un récit tout en émotion et poésie servi par de très beaux dessins sobres et reposants. Ce qui est enfoui de Julien FREU Coup de cœur ! Un récit très visuel qui serait parfait pour une adaptation série comme Stranger Things et Para//èles. Une bande de jeunes ados, 3 garçons et une fille, jouent les héros dans une bourgade perdue pendant leurs années collège (années 90). Autour, les parents s’agitent et essaient de faire au mieux. Surtout Claude le capitaine de gendarmerie et père de l’héroïne. Il doit mener l’enquête sur la disparition d’enfants et sur d’étranges phénomènes qui surviennent dans une clairière : apparition de fantômes, de lueurs rouges incandescentes et flippantes, le temps qui s’égraine d’une drôle de façon… et puis certains adultes qui se mettent à devenir violents… Bref, du mystère, de l’action, des héros drôles et charmants, de l’amitié, de l’amour et des très grands méchants… tous les éléments pour passer un excellent moment. Flagrant déni de Hélène Machelon Une jeune adolescente de 17 ans a très mal au ventre, elle se retrouve aux urgences et on lui apprend qu’elle est… en train d’accoucher ! Juliette rejette d’un bloc ce petit garçon qui tape l’incruste et a grandi littéralement dans son dos.Ses parents, sa sœur vont tout faire pour l’épauler et la guider dans cette épreuve, mais ça ne va pas être simple ni une partie de plaisir. Juliette va leur en faire voir de toutes les couleurs, passer par tous les maux, de la dépression au désir d’en finir. Et puis, un jour tout va s’éclairer.Un roman remarquablement écrit, une parfaite maîtrise des propos, crédibles et sensibles, qui font mouche à chaque fois. Du titre de l’ouvrage aux en-têtes de chapitres, tout est pertinent dans ce petit bijou littéraire. À lire absolument ! Sortir au jour de Amandine dhée À l’origine de Sortir au jour, il y a cette rencontre dans une librairie entre l’autrice et Gabriele. Gabriele est thanatopractrice. Entre les deux femmes, un dialogue s’instaure où Gabriele raconte son métier et les raisons qui l’ont poussée à l’exercer et où Amandine Dhée évoque son rapport à la mort et au deuil, particulièrement dans le cadre de sa famille. Comme dans ses précédents ouvrages, elle part de l’intime pour aborder des questions de société avec humour et une grande sensibilité et nous livre un texte qui raconte bien sûr la perte mais également la création et la transmission. Elle atteint avec brio l’objectif qu’elle s’était fixé : “écrire un livre réconfortant sur la mort”. Déperdition de la chaleur humaine de Bergsveinn Birgisson Le narrateur, un homme qui se remet difficilement de son divorce et qui ne ressent plus rien, visite régulièrement son ami de longue date interné pour une grave dépression. Lorsqu’il décide de le faire évader, une infirmière psychopathe se lance à leurs trousses dans un incroyable road trip à travers les grandes étendues islandaises.Sous des dehors de roman d’aventures déjanté, Bergsveinn Birgisson nous offre ici une profonde réflexion philosophique sur nos sociétés gouvernées par les algorithmes du rendement. Il évoque de manière touchante l’amitié et la solidarité comme remparts à la dépression et à la perte de sens.Les nombreuses références aux sagas nordiques apportent une touche de légende et d’exotisme pour ne rien gâcher ! Collection Ego aux éditions Talents Hauts Une collection de romans courts pour adolescents, qui bousculent les idées reçues en abordant des thèmes intimes et de société. Des récits justes et percutants, souvent graves mais également drôles et tendres, très faciles à lire grâce à leur rythme soutenu et à leurs personnages attachants. 1. La porte de la salle de bain de Sandrine Beau : Mia, 12 ans, se réjouit de l’apparition de ses seins mais doit faire face au regard de plus en plus insistant de certains adultes… 2. En couple de Coline Pierré : Bahia, 17 ans, vit une histoire d’amour avec Milosh mais refuse de se fondre dans l’image du couple idéalisé de son entourage. 3. Corps de fille de Marie Lenne-Fouquet : Agathe, 14 ans, se passionne pour la boxe et vit son adolescence en rejetant les injonctions à paraître plus “féminine”. La Petite Romancière, la star et l’assassin De Caroline Solé Cheyenne, 15 ans, passe ses journées enfermée dans sa chambre a épier sa célèbre voisine: une jeune star de cinéma. Sa vie bascule lorsqu’un enfant disparaît et que la police mène l’enquête.Ce livre est le récit de trois interrogatoires. Trois destins croisés : une adolescente farouche et bien déprimée qui s’interroge sur le sens de l’existence, un marginal au comportement suspect et une actrice précoce qui révèle les coulisses de la célébrité.Très chouette petit roman où chaque personnage se livre lors de son explication des faits, ou comment ne pas

Forspoken

Jeux Vidéo Forspoken Développé par Luminous Production. Testé sur PC.Également paru sur PS5, le 24 janvier 2023Genres : Monde ouvert, Aventure, Fantastique Sortant de nulle part, Forspoken n’a aucune base préconstruite. Sans être une suite d’une licence connue, sans s’inspirer d’un livre à succès, les équipes de Luminous Productions ont fait le pari de partir de zéro. Nouvelle héroïne, nouvel univers, nouveau gameplay, nouveaux graphismes : les promesses du titre sont nombreuses, mais le jeu, est-il à la hauteur ? Frey Holland, orpheline new-yorkaise, reprise de justice pour plusieurs faits de vols, se retrouve au bord du gouffre quand ses économies partent en fumée, la veille de son départ définitif de la ville. Déjà poings et mains liés à un gang des rues, Frey décide plus ou moins d’en finir quand un étrange bracelet attire son attention. Et à peine le bracelet touché, elle se retrouve projetée dans un nouveau monde nommé Athia. Impossible de rentrer sur Terre, elle est contrainte d’en savoir plus sur cet univers et ce bracelet – qui parle – nommé Krav. Rapidement, il lui sera possible de faire usage de magie, ce qui s’avère très utile pour se défendre contre les terribles monstres de la faune locale. Un pitch pas nécessairement novateur mais qui remplit largement le cahier des charges d’une intrigue mystérieuse donnant l’envie au joueur d’explorer ce monde. Découpé en plusieurs régions, Athia n’est pas aussi rempli qu’on pourrait le penser. Sans être vide pour autant, ces régions sont parsemées d’objectifs à accomplir, de monstres à éliminer ou de trésors à chercher… et grâce à la magie de Frey, l’exploration se fait sans encombre. En lui permettant de courir plus vite, de planer quelques instants dans les airs ou de s’agripper aux parois, la magie offre un panel d’options agréables à utiliser. Et comme les phases d’exploration et de combat se font sans transition, passer de l’une à l’autre est très immersif. En plus des combats “à la volée”, Frey aura l’occasion de se faire la main sur des monstres bien plus coriaces durant son aventure, faisant appel à tout son arsenal magique pour exploiter au mieux les faiblesses de ses adversaires. Au fil de la progression, un nombre assez conséquent de compétences pourront être débloquées, ajoutant ainsi de nombreuses possibilités lors des combats. Enfin, le tout est porté par une direction artistique qui en met plein la vue, avec des effets magiques très réussis, colorés et variés. L’interface des compétences est intuitive, facilitant le changement des capacités lors des combats, mais aussi recherchée dans son design, renforçant par son originalité le côté “nouveau monde”. Cela étant dit, Forspoken a quand même de grosses lacunes. Précédent Suivant Techniquement parlant, le jeu est très mal optimisé et malgré la puissance de ma machine, impossible d’atteindre les performances habituelles : lags, crashs et bugs d’affichage, c’est très frustrant pour un jeu qui se veut de nouvelle génération. Mais ça, passe encore. Ce qui est plus dérangeant, c’est cette sensation d’inachevé qui me reste en bouche. Et ce malgré un report de presque un an sur la sortie initiale du jeu. Avec ses doublages en français un peu plats (pas autant que Sonic Frontiers cela dit…), ses quêtes secondaires pas franchement passionnantes, ses musiques peu nombreuses et ses environnements uniques mais relativement vides, il est difficile de ne pas avoir une légère amertume sur le bout de la langue. J’ajoute à cela le personnage principal, presque antipathique que j’ai du mal à apprécier. Notamment à cause de son côté désinvolte et vulgaire, de ses réactions parfois incompréhensibles et de sa facette “anti-héros” un peu ratée (son égoïsme n’est pas assumé, ses paroles contredisent ses actes). Des défauts qui soulèvent un problème d’écriture et de mise en scène bien plus large que le seul protagoniste principal. C’est très fâcheux car le potentiel était là. Et c’est ce qui pour moi caractérise le mieux ce Forspoken. Un jeu qui fourmille de bonnes idées, qui par son gameplay accroche dès sa prise en main, avec son univers qui intrigue plus d’une fois… et tout ça pour être à chaque fois déçu, finalement, par la manière dont elles sont traitées. Les rebondissements scénaristiques sont téléphonés, la mise en scène est peu convaincante et le système de combat sous exploité. Ce dernier point est d’ailleurs renforcé par un manque crucial de variété d’ennemis et par le manque de lisibilité lors des actions de ces derniers. De nombreuses fois, les effets de leurs attaques sont impossibles à différencier des nôtres, tant les éléments pyrotechniques envahissent l’écran. Voilà le bilan de ce Forspoken, vendu au doux prix de 80 €, soit 10 à 20 euros de plus que la plupart des autres grosses productions. Une addition un poil salée malgré les bons moments passés à explorer l’univers d’Athia. C’est dommage d’en être arrivé là car le jeu avait – et la formule de ce dernier a toujours – beaucoup de potentiel. Mais il faudra attendre encore un peu avant de pouvoir goûter à cette nouvelle génération promise. 13/20 Les Plus Le gameplay novateur et réussi Le nouvel univers mystérieux Les graphismes et effets convaincants L’exploration efficace Les nombreuses magies Les Moins L’écriture qui laisse à désirer La mise en scène trop minimaliste Les soucis d’optimisation Le sentiment d’inachevé Le bestiaire assez pauvre Le tarif trop élevé Natendo Load More

Questions à Alain Rémy

Interview Questions à Alain Rémy C le Mag : Bonjour Alain Rémy, vous êtes auteur et illustrateur de bande dessinée depuis plusieurs années. Après un passage par le dessin de presse, vous avez travaillé pour les éditions Vents d’Ouest, l’Écho des savanes, Jungle, La Boîte à bulles ; vous avez réalisé les dessins “d’Une Histoire populaire de la France” de Gérard Noiriel, adapté en BD par Lisa Lugrin et Clément Xavier. Vous dessinez sous le pseudo Gaston. Pourquoi Gaston ? Alain Rémy : Quand j’étais à la fac, j’avais gaffé en coupant un cours en amphi en arrivant en retard. Cette gaffe et ma nonchalance m’ont valu le surnom “Gaston” qui m’est resté. J’ai signé de ce surnom sans savoir que la BD serait mon activité principale un jour… ClM : En 2020 vous commencez une biographie familiale par un premier tome sur votre mère “Sur la vie de ma mère” et maintenant sur votre père “Sur la tête de mon père” deux titres parus aux éditions La Boîte à bulles. Les titres sonnent-ils plutôt comme un écho à Pagnol ou comme un serment d’enfant ? A.R. : Plutôt comme un serment d’enfant. Je trouvais que le premier titre collait très bien avec notre vie marocaine. Le second titre s’est imposé de lui-même… La référence à Pagnol est venue après. Du coup il faudra que je fasse mon “temps des secrets”  un jour… ClM : La BD “Sur la tête de mon père” raconte l’histoire familiale du côté paternel, un certain Jean-Claude Rémy (Rémy-Bé), “le chanteur perdu” paru en 2020 chez Air Libre que recherchait Tronchet. Comment ces bandes dessinées se croisent-elles ? A.R. : Tout est dans la BD elle-même : Tronchet écoutait les chansons de mon père étant enfant. Il était fan. Devenu adulte il a recherché le chanteur de sa jeunesse et m’a trouvé moi qui l’ai mis en contact. La suite en quatre livres, si on rajoute “Sur la vie de ma mère” et “Robinson père et fils”. ClM : “Vous êtes Tarzan ou Lagardère ?” vous a demandé Tronchet dans la préface, d’où vient cette question ? A.R. : C’est un extrait d’une des chansons de mon père qui s’appelle “les migrateurs” et qui s’adresse à ses enfants : “A toi, mon fils ainé, Tarzan et Lagardère Mon petit peu de sang coriace et solitaire Tous mes vœux d’avenir sans trous ni écorchures De paresse amicale et de désinvolture Mon Migrateur Mon voyageur.” ClM : Qu’est ce qui vous a donné envie de passer à la biographie ? A.R. : Mon âge sûrement ? À 50 ans passés l’autobio chatouille tous les auteurs. Il me semblait que l’histoire de ma famille rejoignait aussi la grande Histoire de France et des colonies françaises. Et je venais d’écrire un ouvrage sur Boby Lapointe. Avec le “Renaud” qui vient après je suis dans une période “chanteurs”, semblerait-il. ClM : Est-ce que raconter l’histoire de ses parents est une façon de leur montrer votre amour ? A.R. : Bien sûr. Ma mère décédée il y a 20 ans ne le lira jamais, mais pour mon père vivant à Madagascar il est encore temps. ClM : De Paris, au Maroc, de l’Indochine à Madagascar, le voyage est-il le reflet de l’idée de liberté que prônait votre père ? A.R. : Oui, mais pas que. On voyage aussi pour fuir quelque chose, ou parce que les aléas de l’Histoire en marche nous obligent à migrer. Et la liberté des uns emprisonne parfois les autres. Un parent qui s’en va, c’est un parent qu’on ne voit plus… ClM : “Est-ce l’époque qui était formidable ou nous, parce qu’on était jeunes ?” (p. 288) C’est quoi pour vous être jeune ? A.R. : Dans le contexte de cette phrase, il s’agissait de dire que ceux qui répètent à tout va “c’était mieux avant”, parlent d’abord d’eux-mêmes, quand ils étaient jeunes et en forme. Je pense que “Sur la vie de ma mère” est un livre sur l’enfance et la maternité, et que “Sur la tête de mon père” un ouvrage sur la vieillesse et la paternité. ClM : “On vit une époque formidable” disait aussi Reiser, qu’est-ce qui, pour vous, rend la vie formidable ? A.R. : Les voyages, la liberté, l’amour, le sexe (je les distingue) … et faire un métier qu’on aime.Et ne pas avoir peur (de la vieillesse, la pauvreté, la solitude, la maladie, etc.). Pour moi ce qui ruine la vie des gens, ce sont leurs peurs. ClM : Père à votre tour, vous encouragez, dans l’album, votre fils à porter cette envie d’explorer le monde… Porte-t-il déjà cette soif de liberté inscrite dans l’histoire de votre famille, comme s’il portait déjà votre prochain récit ? A.R. : Mon fils est encore jeune, il se cherche… Mais concernant ma fille qui a 30 ans, c’est clair et net. Elle déteste les CDI et adore les tampons sur son passeport. Mais la liberté se paye toujours, et parfois assez cher, y compris financièrement. ClM: Quels sont vos prochains projets ? Du jeu vidéo ou de la BD ? A.R. : D’ici la fin de l’année va sortir un roman graphique que je réalise avec le journaliste Bertrand Dicale, une biographie du chanteur Renaud, un gros pavé de 300 pages encore. Je suis un fan de cet artiste depuis toujours. Et avant ça je compte apporter “son” livre à mon père, sur son île lointaine là-bas…   ClM : Merci à vous et nous aurons le plaisir de vous retrouver à Lodève à la Librairie un point un trait pour une rencontre autour de votre roman graphique “Sur la tête de mon père” paru aux éditions La Boîte à bulles. A.R. : Avec grand plaisir, et je vois que vous avez lu ma BD avec attention et ça m’honore. À bientôt, donc… Stephan Pahl

Traversées sensibles

Participer à “La Grande Migration” Un groupe d’une cinquantaine de comédiens amateurs est invité à participer à cette création ; Si vous souhaitez apporter votre participation complice ou vous impliquer dans le projet, une présentation sera faite par la Compagnie le samedi 18 mars à 17h. Ensuitetrois jours d’ateliers de pratique théâtrale auront lieu en avril. Du 18 au 23 avril 2023 se dérouleront les grandes itinérances à travers le territoire, donnant lieu aux représentations publiques et impromptues artistiques, le jeudi 20 avril en Lodévois et Larzac, le vendredi 21 avril en Vallée de l’Hérault et le samedi 22 avril en Clermontais, ainsi que 10 impromptus artistiques (événements non annoncés) qui se dérouleront pendant les marchés ou dans des lieux fréquentés par exemple. Révolutions intimes Raphaëlle Bouvier s’intéresse à la révolution sous toutes ses formes. Pour ce projet de territoire intergénérationnel, elle se soucie plus particulièrement de ce qu’elle nomme les révolutions intimes : Quels sont les grands bouleversements de nos vies ? Les événements qui marquent un avant, et un après ? Sont-ils de même nature, que nous ayons 14 ou 95 ans ? Après deux premières graines de ce projet semées en Clermontais et à Saint-Jean de Fos, l’idée est toujours de mélanger les générations, mais l’équipe d’acteurs et d’actrices sera cette fois-ci composée d’individus de tout bord, de tous âges, de toutes provenances confondues. Il s’agit aussi d’élargir ce projet en le travaillant à l’échelle de trois intercommunalités, et en mobilisant des publics encore inexplorés comme les lycéens ou les publics en insertion. Le spectacle sera composé de 3 actes portés chacun par un groupe de comédiens. Le travail de mise en scène permettra également des moments collectifs. ©Lucile Corbeille Participer à “Révolutions intimes” L’équipe du Détachement International du Muerto Coco va travailler avec des groupes de comédiens amateurs issus de chaque intercommunalité : après les 19 jours de collecte de témoignages issus d’entretiens individuels, effectués en début d’année, les auteurs vont consacrer 4 jours à l’écriture du spectacle, à partir de tous les témoignages collectés. En mars il y aura neuf jours de création du spectacle avec chaque groupe à raison de trois jours de répétitions par intercommunalité et trois jours de répétition en sous-groupes, avec une répétition générale en juin au Sonambule.Le travail se fera avec les deux comédiennes professionnelles du Détachement International du Muerto Coco, 30 élèves du collège de Lodève, dix adultes en insertion, via les structures d’accompagnement de la Mission locale jeunes et de l’APIJE de Clermont l’Hérault. Les représentations publiques auront lieu le mercredi 7 juin à Clermont l’Hérault, le jeudi 8 juin à Lodève et le vendredi 9 juin à Aniane. Avec le recul, qui a gagné le match du siècle ? L’homme ou la machine ? La fermeture de l’usine en 2002 signe la fin d’une épopée de plus de trois siècles. Les machines, démantelées, seront revendues ou finiront à la casse. Les hommes mis sur le carreau. La grande famille ouvrière se disloque. Les enfants de Mado, Violette, Christian et Jean-Luc n’en feront plus partie. Jean-Luc deviendra maçon. D’autres connaîtront le chômage. Tous regrettent le temps d’avant, celui comme dit Violette où ils étaient “accro” à l’usine. La Grande Migration La compagnie Kamchatka, installée à Barcelone mais intervenant beaucoup en France, a été accueillie plusieurs fois en Lodévois et en Clermontais. Elle est connue pour la qualité de son travail d’écriture contextuelle, au plus près des lieux et des habitants. N’utilisant jamais de texte, portant une esthétique qui renvoie notamment à l’exil des républicains espagnols au milieu du XXe siècle, développant un théâtre de situations et d’images à portée universelle, cette compagnie est particulièrement habile dans l’intégration d’habitants, participants et figurants à ses propositions. Le projet La Grande Migration consiste à écrire une grande traversée du Cœur d’Hérault, en 6 jours, sur les pas de personnages dont les silhouettes renvoient notamment aux images de la Retirada. Les 9 comédiens de la compagnie Kamchatka, rejoints par environ 50 participants volontaires, formés au préalable au travers d’ateliers et de stages, apparaissent régulièrement, à la fois lors de temps non convoqués (sorties d’école, marchés, carrefours…) et lors de temps convoqués, dans des lieux sciemment choisis (sites remarquables, pittoresques, de patrimoine…). Sont mobilisés pour cette résidence participative, 9 comédiens de la Cie Kamchàtka50 participants volontaires issus du territoire (jeunes à partir de 15-16 ans et adultes), des associations locales ainsi que des structures d’accompagnement pour adultes en insertion. ©Kamchatka Participer à “La Grande Migration” Un groupe d’une cinquantaine de comédiens amateurs est invité à participer à cette création ; Si vous souhaitez apporter votre participation complice ou vous impliquer dans le projet, une présentation sera faite par la Compagnie le samedi 18 mars à 17h. Ensuitetrois jours d’ateliers de pratique théâtrale auront lieu en avril. Du 18 au 23 avril 2023 se dérouleront les grandes itinérances à travers le territoire, donnant lieu aux représentations publiques et impromptues artistiques, le jeudi 20 avril en Lodévois et Larzac, le vendredi 21 avril en Vallée de l’Hérault et le samedi 22 avril en Clermontais, ainsi que 10 impromptus artistiques (événements non annoncés) qui se dérouleront pendant les marchés ou dans des lieux fréquentés par exemple. Révolutions intimes Raphaëlle Bouvier s’intéresse à la révolution sous toutes ses formes. Pour ce projet de territoire intergénérationnel, elle se soucie plus particulièrement de ce qu’elle nomme les révolutions intimes : Quels sont les grands bouleversements de nos vies ? Les événements qui marquent un avant, et un après ? Sont-ils de même nature, que nous ayons 14 ou 95 ans ? Après deux premières graines de ce projet semées en Clermontais et à Saint-Jean de Fos, l’idée est toujours de mélanger les générations, mais l’équipe d’acteurs et d’actrices sera cette fois-ci composée d’individus de tout bord, de tous âges, de toutes provenances confondues. Il s’agit aussi d’élargir ce projet en le travaillant à l’échelle de trois intercommunalités, et en mobilisant des publics encore inexplorés comme les lycéens ou les publics en insertion. Le spectacle sera composé de 3 actes portés chacun par

Faut-il se débarrasser du vice ?

PHILOSOPHIE Faut-il se débarrasser du vice ? Un détail m’a frappé lors de la commémoration du début de la guerre en Ukraine : ce pays aux prises avec l’invasion d’une armée aux moyens de destruction considérables résiste, c’est le moins qu’on puisse lui reconnaître, plutôt bien. Mais ce qui est réellement étonnant c’est leur capacité à garder un semblant de vie normale et l’état de leur réseau ferroviaire en est l’exemple le plus spectaculaire: le président des États-Unis Joe Biden a pu prendre un train de nuit entre la Pologne et Kiev le lundi 20 février 2023, malgré les risques de bombardement ! Et, comble de l’ironie face au sort et d’insolence (pour Vladimir Poutine), Alexander Kemyshin, patron de la société nationale ukrainienne de transport ferroviaire s’est excusé du retard de ses trains auprès de la population ukrainienne tout de suite après sur Twitter1 ! Pourtant avant la guerre, les chemins de fer ukrainiens étaient l’exemple même de la corruption et de l’inefficacité2. Comment un système aussi corrompu peut se révéler aussi efficace quelques mois plus tard ? Posons une hypothèse : le vice est le compagnon indéfectible de la vertu. Croire que seules les personnes vertueuses participent au bien d’une nation ou d’un collectif, c’est confondre ce qu’on aimerait qu’il soit et ce qu’il est réellement. Le vice joue un rôle fondamental dans nos sociétés. Certes on peut le regretter ; mais comme philosophe on ne peut se contenter de ce que l’on souhaite. Pour reprendre la remarque du chapitre XV du Prince de Machiavel : « Bien des gens ont imaginé des républiques […] telles qu’on n’en a jamais vu ni connu. Mais à quoi servent ces imaginations ? Il y a si loin de la manière dont on vit à celle dont on devrait vivre, qu’en n’étudiant que cette dernière on apprend plutôt à se ruiner qu’à se conserver : […] Il faut donc qu’un prince qui veut se maintenir apprenne à ne pas être toujours bon, et en user bien ou mal, selon la nécessité.3».En clair : nous pouvons toujours spéculer sur le vice et la vertu, la réalité nous impose le fait que la vertu a besoin du vice. Les philosophes que vise Machiavel étaient Platon et Cicéron qui imaginaient ce que devait être une société dominée par la Justice. Ils étaient révolutionnaires et utopistes dans l’âme et peut-être avaient-ils raison. Mais la réalité résiste souvent aux idées, si belles soient-elles. Comment l’expliquer ? Eh bien ce qu’énonçait Machiavel en 1513 fut expliqué plus en longueur dans une fable écrite par un Anglais, Bernard Mandeville, en 1714. L’auteur du siècle des Lumières va prendre à contre-pied les moralistes et les hypocrites de son époque. Voilà de larges extraits4 : “Un essaim d’abeilles habitait une ruche spacieuse. Là, dans une heureuse abondance, elles vivaient tranquilles. […] Ces insectes […] vivaient parfaitement comme les hommes […]. La fertile ruche était remplie d’une multitude prodigieuse d’habitants, dont le grand nombre contribuait même à la prospérité commune. Des millions étaient occupés à satisfaire la vanité et l’ambition d’autres abeilles, […] mais pouvaient à peine fournir au luxe de la moitié de la nation. […] Quelques-uns, avec de grands fonds et très peu de peines, faisaient des gains très considérables. D’autres, condamnés à manier la faux et la bêche, ne gagnaient leur vie qu’à la sueur de leur visage et en épuisant leurs forces par les occupations les plus pénibles. […]” Il n’est pas souhaitable que tout soit honnête, car ce qui fait la richesse d’une nation disparaît avec le mensonge Nous voilà pas très éloignés de notre propre société : des inégalités criantes qui font que des femmes et des hommes travaillent sans cesse, pendant que d’autres spéculent en bourse et ont une vie de plaisir grâce à leurs rentes. Une situation non seulement moralement condamnable mais qui fait craindre qu’un sentiment d’injustice pousse les plus pauvres à la révolution, face à la concentration des richesses et des privilèges ! D’autant plus que la société décrite par Mandeville est la proie d’une corruption galopante : “La justice même, si renommée pour sa bonne foi quoiqu’aveugle, n’en était pas moins sensible au brillant éclat de l’or. Corrompue […] l’épée qu’elle portait ne frappait que les abeilles qui étaient pauvres et sans ressources  […] . Par cette injuste sévérité, on cherchait à mettre en sûreté le grand et le riche. […]” Comment peut-on imaginer que les citoyens d’une telle nation puissent vivre avec de telles injustices ! N’est-ce pas ce qui amène à la misère ? Mandeville n’est pas d’accord : “Chaque ordre était ainsi rempli de vices, mais la Nation même jouissait d’une heureuse prospérité. Flattée dans la paix, on la craignait dans la guerre. Estimée chez les étrangers, elle tenait la balance des autres ruches. […] Les vices des particuliers contribuaient à la félicité publique. […] C’est ainsi que le vice produisant la ruse, et que la ruse se joignant à l’industrie, on vit peu à peu la ruche abonder de toutes les commodités de la vie.” C’est réaliste : une large partie du bien-être humain vient de la corruption, de la malhonnêteté, du vol, de l’escroquerie, et des inégalités. Les inégalités ! Mon Dieu, nous modernes qui avons développé une passion sans borne pour l’égalité, nous sommes horrifiés devant cette proposition : comment les inégalités pourraient produire du bien-être ? Quelle est cette mauvaise transcription de cette inepte théorie du ruissellement, dont tous les économistes s’accordent à dire qu’elle ne fonctionne pas ! Et comment soutenir que le mensonge, l’exploitation de l’homme par l’homme et l’arrogance des nantis peut permettre à la société de bien fonctionner. N’est-ce pas juste la lubie d’un auteur du XVIIIe siècle, plus habitué aux sociétés injustes de l’Ancien Régime ? Peut-être, néanmoins cet auteur, à travers sa fable, va procéder à une démonstration par l’absurde : que se passerait-il si les hommes ne pouvaient plus mentir, et étaient définitivement honnêtes ? Il pose l’hypothèse que quelques abeilles se révoltent face au constat énoncé “Le pays ne peut manquer de périr pour toutes ses injustices” ! Le Dieu Jupiter décide de les écouter et énonce cette nouvelle loi divine : que le mensonge soit