Sucré / Salé – 195

Sucré Pancakes Temps de préparation : 15 minTemps de repos : 30 minIngrédients pour 3 personnes • 250 g de farine• 2 œufs• 60 g de sucre en poudre• 20 cl de lait• 1 sachet de sucre vanillé• 1 sachet de levure chimique• Huile et sel Dans un saladier, verser la farine, la levure, une pincée de sel, le sucre et le sucre vanillé. Mélanger puis creuser un puits. Casser les œufs au creux du puits et mélanger à l’aide d’un fouet. Ajouter progressivement le lait tout en continuant de mélanger. Dès que la pâte est lisse et épaisse, cesser de remuer et laisser reposer à température ambiante pendant 30 min. Verser l’équivalent d’une louche de pâte pour chaque pancake dans une poêle à crêpes huilée et bien chaude. Cuire les pancakes à feu doux pendant quelques minutes et les retourner dès que des petites bulles apparaissent. Poursuivre la cuisson et bonne dégustation ! Tarte aux Épinards et à la feta Salé Temps de préparation : 20 minTemps de cuisson : 30 minIngrédients pour 4 personnes • 300 g de farine• 90 g de beurre• 8 ml d’eau • 1 œuf• 200 g de feta• 200 g d’épinards frais• 1 cuillère à soupe d’huile d’olive• sel et poivre Mélanger la farine, le sel et l’huile dans un saladier. Ajouter l’eau progressivement tout en pétrissant jusqu’à obtenir une pâte homogène.Étaler la pâte dans un moule et la piquer avec une fourchette. Rincer les épinards. Faire chauffer un filet d’huile d’olive dans une poêle, saler et poivrer. Cuire les épinards pendant 5 minutes. Mélanger l’œuf avec la feta et ajouter les épinards. Verser la préparation sur la pâte et enfourner 30 min à 200°C.Bon appétit ! No posts found!
Parce Que – 195

Cinéma PARCE QUE Cette saison, je ne m’étendrai pas sur un film en particulier. Via ma rubrique Parce que…, je vous propose un panel non exhaustif de productions qui ont titillé ma curiosité de cinéphage. Et n’oublions pas : Aller au cinoche, ça vide un peu les poches mais ça fait du bien à la caboche ! Sortie : 3 avril Usé par 25 ans de vie commune, le couple formé par Sophie et Xavier semble à bout de souffle. Et l’idée de Sophie d’inviter à dîner leurs voisins n’enchante pas Xavier. Il reproche à ce couple, visiblement très amoureux, son manque de discrétion, surtout la nuit ! Parce que : Retrouver le duo Carré et Campan après “La dégustation”, excellent cru du ciné hexagonal, me tente bien. Superbes acteurs dans une comédie somme toute cocasse, ça devrait le faire. Sortie : 3 avril Jamie et son amie Marian, sont à la recherche d’un nouveau départ. Elles se lancent dans un road trip, mais les choses tournent mal lorsqu’elles croisent en chemin un groupe de criminels bras cassés. Parce que : Un film de Ethan Coen, rien que ça et Margaret Qualley, ah là là ! Découverte dans la série “Maid” puis vue dans “Stars at Noon” et “Once Upon A Time In Hollywood”, elle est aussi talentueuse et belle que sa maman Andie MacDowell. Sortie : 3 avril Ollie, jeune ambulancier de New York, fait équipe avec Gene, un urgentiste expérimenté. Confronté à la violente réalité de leurs quotidiens, il découvre les risques d’un métier qui chaque jour ébranle ses certitudes et ne lui laisseaucun répit. Parce que : Sean Penn tout simplement. Pas vu depuis “Flag Day”, il était temps ! Sortie : 17 avril Dans un futur proche où les États-Unis sont au bord de l’effondrement et où des journalistes embarqués courent pour raconter la plus grande histoire de leur vie : la fin de l’Amérique telle que nous la connaissons. Parce que : La BA m’a accroché et le thème d’une nouvelle guerre de Sécession dans ce monde qui part en vrille devrait nous mettre en garde afin que la fiction ne devienne pas réalité ! Aux commandes, Alex Garland, réalisateur/scénariste (La plage, 28 jours plus tard, Sunshine, Ex Machina, Annihilation, Men). Sortie : 17 avril Melissa, 32 ans, surveillante pénitentiaire expérimentée, s’installe en Corse avec ses deux jeunes enfants et son mari. Elle intègre les équipes d’un centre pénitentiaire pas tout à fait comme les autres. Ici, on dit que ce sont les prisonniers qui surveillent les gardiens… Parce que : Sujet sensible inspiré d’un fait réel. Milieu particulier où la frontière entre intégrité et corruption est fragile.Film choc en perspective. Sortie : 17 avril En Inde, un jeune homme sort de prison. Il se retrouve dans un monde où règnent la cupidité des chefs d’entreprise et l’érosion des valeurs spirituelles. Il va alors se lancer dans une quête pour se venger de ceux qui l’ont envoyé en prison après avoir tué sa mère. Parce que : Première réalisation de l’excellentissime acteur Dev Patel découvert dans le non moins excellentissime film culte “Slumdog Millionaire”. BA qui déménage et avis, lus ici et là, quasi dithyrambiques. Sortie : 1er mai Bruxelles, 2012. Quand le commissaire à la santé est limogé du jour au lendemain, dans la plus grande opacité, le député européen José Bové et ses assistants parlementaires décident de mener l’enquête. Ils vont alors découvrir un véritable complot menaçant les instances européennes… Parce que : José Bové en héros de ciné interprété par un acteur belge. Bouli Lanners, excellent comédien au demeurant, avec la moustache d’Astérix, ça ne se rate pas !!! Sortie : 1er mai C’est l’histoire d’un cascadeur, et comme tous les cascadeurs, il se fait tirer dessus, exploser, écraser, jeter par les fenêtres et tombe toujours de plus en plus haut. Après un accident qui a failli mettre fin à sa carrière, il va devoir retrouver une star portée disparue, déjouer un complot et tenter de reconquérir sa femme… Parce que : Un casting quatre étoiles (Emily Blunt, Ryan Gosling) pour un film bien déjanté réalisé par David Leitch (John Wick, Atomic Blonde, Deadpool 1 & 2, Bullet Train), ancien cascadeur de surcroit. Sortie : 8 mai Plusieurs générations après le règne de César, les singes ont définitivement pris le pouvoir. Les humains, quant à eux, ont régressé à l’état sauvage et vivent en retrait. Alors qu’un nouveau chef tyrannique construit peu à peu son empire, un jeune singe entreprend un périlleux voyage… Parce que : Assez fan de la franchise y compris le premier film avec Charlton Heston qui, malgré les effets spéciaux rudimentaires, n’est certainement pas le moins bon. Curieux donc de la “tenue” de ce nouvel opus ! Sortie : 8 mai Une petite fille, Bea, découvre un jour qu’elle peut voir les amis imaginaires de tout le monde. Commence alors une aventure magique pour reconnecter chaque enfant à son ami imaginaire oublié. Parce que : Réalisé par John Krasinski (Sans un bruit 1 et 2) avec Ryan Reynolds qu’on ne présente plus. Bref, une espèce de “Monstres & Cie” pour une soirée ciné en famille. Que du bonheur ! Celui que j’attends avec impatience Sortie : 22 mai Alors que le monde s’écroule, la jeune Furiosa tombe entre les mains d’une horde de motards dirigée par le seigneur de la guerre Dementus. En traversant le Wasteland, ils tombent sur la Citadelle présidée par l’Immortan Joe. Alors que les deux tyrans se battent pour la domination, Furiosa doit survivre à de nombreuses épreuves pour trouver le moyen de rentrer chez elle. Parce que : Fan absolu des Mad Max et du génialissime réalisateur George Miller. Une claque ciné (j’espère) où perso, je tends les 2 joues ! Claude Bermejo No posts found!
Another Code Recollection

Jeux Vidéo Another code Recollection Développé par Arc System Works. Édité par Nintendo. Disponible sur Nintendo Switch.Genres : Aventure, Narratif. Déconseillé aux -12 an Parus sur Nintendo DS en 2005 puis 2009, les deux jeux de cette collection ont été remis au goût du jour avec des graphismes grandement améliorés et une jouabilité adaptée à la Nintendo Switch. Des changements qui proposent une relecture des œuvres originales, sans en changer leur essence. Entrons sans plus attendre dans l’univers d’Another Code. Ashley Mizuki Robins est une jeune fille de 13 ans qui vit avec sa tante depuis 10 ans après le décès de sa mère et la disparition de son père.. Mais, la veille de son quatorzième anniversaire, Ashley reçoit un colis… de son père ! Plus intriguant encore, ce colis contient un étrange appareil ainsi qu’une lettre lui donnant rendez-vous sur une petite île privée. Ni une, ni deux, Ashley et sa tante se rendent sur cette île pour en savoir plus. Mais une fois arrivées, la situation se complexifie très rapidement. Ashley se retrouve séparée de sa tante qui semble avoir disparue dans le manoir abandonné de l’île. C’est ainsi que commence l’histoire du premier jeu de cette compilation, mais les mystères ne s’arrêtent pas à la disparition de Jessica (la tante d’Ashley). Lors de son enquête, Ashley fait rapidement la rencontre d’un jeune garçon particulier… car c’est un fantôme ! Nommé D, il ne se souvient de rien sur sa vie, hormis qu’il est mort il y a plus de 50 ans, et qu’Ashley est la seule à l’avoir remarqué depuis… C’est ce duo de personnages que l’on va suivre du point de vue d’Ashley, afin de comprendre ce qu’il se passe et s’est passé sur cette île. Ces recherches intenses, parsemées de doutes et de confusion, sont mises en images par une esthétique très proche de la bande dessinée, tant dans son style graphique “dessiné”, comme coloré à l’aquarelle, que par la présentation de ses dialogues, avec les personnages qui se font face dans des “cases”. Cette aspect renforce l’atmosphère que le jeu met en place. L’environnement est glauque mais les personnages d’Ashley et D rayonnent. Ce contraste, fait progresser l’histoire dans le calme, accompagnée de musiques douces qui ne couvrent pas les bruits de l’environnement. J’ai pris un grand plaisir à enquêter, dans ce manoir abandonné, sur les multiples personnages qui y ont vécu afin de lever le voile sur les mystères de ce lieu. Chaque indice que je découvrais me permettait d’affiner ma version des faits des intrigues en cours. Ma compréhension évoluait au même rythme (ou presque) que celle des personnages du jeu, renforçant mon immersion. L’affaire, toujours mystérieuse jusqu’à son dénouement, reste cohérente avec les indices récoltés au fil de l’aventure. Il n’y a pas d’explication farfelue qui vient gâcher l’intrigue, le final est à la hauteur du reste ! Un premier jeu assez court (±5h) mais très intense, donnant accès au second jeu (±10h) qui apporte une nouvelle intrigue tout en changeant un peu de ton. Deux ans plus tard, Ashley cherche cette fois à comprendre ce qu’il s’est passé le soir où sa mère est morte. Un souvenir fulgurant d’un moment passé avec elle au Lake Juliet, un lieu de verdure en bord de lac, réveille en elle son besoin de découvrir la vérité. Arrivée sur place, le décor est bien différent du manoir : du soleil, de la verdure, un lac, un camping et un complexe scientifique : l’environnement contraste clairement avec le premier jeu ! D’ailleurs, ce second opus comprend bien plus de personnages (vivants !), ça fait plaisir de se sentir moins seul. Les interactions sont nombreuses et les éléments d’intrigues d’autant plus diversifiés. Je ne dirais rien de plus pour ne pas trop en révéler, mais ce second jeu est tout aussi intéressant que le premier, si ce n’est plus. De par son ambiance réussie, ses personnages bien écrits et ses mystères nourris, Another Code m’a transporté dans l’histoire touchante d’Ashley et je dois avouer que, comme elle, j’y ai laissé quelques petites larmes… 18/20 Les Plus Deux histoires touchantes Des personnages bien écrits Une envie de jouer constante Une ambiance adéquate Un aspect original Les Moins Un gameplay assez pauvre Un peu trop facile Natendo No posts found!
Dans la chronique de Bekar – Une Touche D’Optimisme

MUSIQUE Dans la chronique de bekar Une Touche D’Optimisme ©Cécile Garou Sur le nouvel album Partir, sorti en mars 2024, écoutez la puissance des chœurs (“Boire”) mais aussi les interventions de Nunu “Mon enfant”, “L’innocence” pour sentir combien chacun trouve une place dans les textes d’Evan, dans la musique d’UTDO. Partir nous rapproche des sujets importants qui touchent Evan : le monde de l’enfance. Écoutez l’intime déclaration dans “Mon enfant”, les références à l’âge qui nous renvoient à notre enfance “40 ans qui arrivent”. Evan précise “les artistes sont de grands enfants, le public vient aussi chercher ça, ce sentiment d’évasion d’imaginaire. Et puis l’enfance, c’est les rêves d’enfants, ce qui compte pour moi c’est que chacun puisse poursuivre ses rêves, qu’une fois adulte on puisse réaliser les choses essentielles, l’amour, le bonheur, se réaliser soi-même”. Cet album soulève aussi les thèmes qui jalonnent la discographie d’UTDO : la politique, la fête ! Et donc les écritures musicales poursuivent leur chemin autour de rythmes aussi très enlevés (biguines, Balkans) pour céder ensuite la place à une écriture douce et très mélodique “L’innocence”, “Pourquoi nous détestent-ils”. Enfin UTDO c’est maintenant une tournée de plus de 40 dates annoncées. Impossible donc de les louper pour savourer un moment de concert authentique. Vous y verrez une approche du “live”où le contact avec le public est vrai, sincère, à distance des fioritures, du strass ou des paillettes. Ici la scène est simplement le support d’un espace de rencontre autour des chansons d’UTDO. Le public heureux, dansant, chantant à chaque concert, ne s’y trompe pas. www.unetouchedoptimisme.com | www.bekar.fr Bekar No posts found!
L’idée Livres 195

Littérature Nuit torride en ville de Trevanian Trevanian est un Grand. (Quel dommage qu’il faille dire “était un grand” puisqu’il est décédé en 2005). Être capable d’écrire aussi merveilleusement, du thriller, du western, de la comédie, du drame, de l’espionnage… c’est prodigieux ! Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, ce livre est précieux car c’est un mixte de tout. Composé d’une dizaine de nouvelles savoureuses, on passe d’un genre à l’autre, d’une époque à une autre en se délectant à chaque fois. Des grandes villes d’Amérique à Paris, de la Terre sainte à l’Angleterre ou au Pays basque, on découvre à la fois un jeune psychopathe qui charme sa victime crédule, deux femmes basques qui se disputent un pommier, un vieux forain qui fait l’éducation de son apprenti, la légende d’un Amérindien qui cherche à unifier son peuple, un écrivain célèbre qui apprend une vérité dérangeante sur lui-même… Bref, un régal d’émotions ! Le Chevalier aux épines T.3 de Jean-Philippe Jaworski Le troisième et dernier tome de la trilogie Le Chevalier aux épines est un vrai régal ! Dans un univers de fantasy médiévale, au milieu des querelles d’honneur et des jeux de pouvoir, on y assiste au dénouement des intrigues développées dans les tomes précédents. La saga s’inspire du roman de chevalerie, mais loin de tout manichéisme, les récits des différents personnages se succèdent pour tisser une histoire complexe, tour à tour épopée héroïque, drame énigmatique et conte fabuleux. Jaworski, qui avait déjà placé la barre très haut avec ses premiers romans, nous entraîne dans un récit plein d’actions et de rebondissements, excellemment bien écrit, avec un lexique d’orfèvre, de la poésie, de l’épique… bref un petit bijou qui ravira les aficionados du genre comme les néophytes ! Nos armes de Marion Brunet 1997. Mano et Axelle, aussi passionnées que révoltées, évoluent dans le milieu engagé et militant d’une ville étudiante. Exaltées par leurs idéaux, entourées par un groupe soudé, elles rêvent d’un autre ordre social tout en laissant naître entre elles un amour fou. Jusqu’au jour où elles participent à un braquage qui tourne mal… Après le poignant L’été circulaire de Marion Brunet, il nous tardait de lire son dernier né. On n’est pas déçu ! Avec beaucoup de pudeur, de finesse, sans jamais tomber dans le mélo, l’auteure raconte les histoires d’une bande de potes aux destins tragiques en forme d’injustice. On est particulièrement touché par Mano et Axelle, deux jeunes femmes contraintes de vivre leur vie en parallèle… L’une est en liberté et l’autre en prison. 25 ans d’enfermement pour avoir tiré sur un flic qui venait d’assassiner son ami Nacer. Pas de retour en arrière possible, pas de contrôle Z… l’horreur absolue. L’écriture est acérée, réaliste et percutante, on en ressort soufflé et essoufflé. Le tombeau scellé T.3 de Tamsyn Muir Attention, ça déménage ! La sortie du tome 3 de la série (début avril) peut être l’occasion de découvrir cet univers hors normes et totalement addictif de nécromanciens de l’espace. Tamsyn Muir, jeune autrice néo zélandaise, nous embarque dans son imaginaire riche avec cette histoire de Maisons implantées sur différentes planètes qui vont se retrouver pour une quête mystérieuse. Le mélange des genres (SF, fantastique, horreur, enquête…), les protagonistes parfaitement incarnés et les nombreux rebondissements rendent la lecture très fluide malgré le travail minutieux de construction de l’Univers et des personnages. Ajoutez à cela une ambiance gothique et un humour corrosif résolument féministe et vous aurez une petite idée de cette saga unique en son genre ! (Série prévue en 4 tomes, premier et deuxième tomes sortis en poche) Dolorès ou le ventre des chiens de Alexandre Civico C’est la fin d’une traque. Dolorès Leal Mayor vient d’être appréhendée. Elle est accusée d’avoir assassiné une dizaine d’hommes après les avoir séduits. Antoine Petit, psychiatre, est sommé de déclarer Dolorès irresponsable de ses actes. Débutent alors, les entretiens au centre pénitentiaire niché au cœur des Alpes. Dolorès 45 ans, tout en haine et violence contenues, va un jour dégoupiller et se mettre à tuer des hommes, riches, gros et répugnants. Antoine, un jeune psychiatre qui comble la vacuité de sa vie par toutes sortes de drogues, doit faire un rapport sur elle. Un rapport truqué qui doit la faire passer pour folle et éviter un procès qui ferait d’elle une icône. Car Dolorès a fait des adeptes, partout en France des femmes craquent et tuent les “gros porcs”. Nous suivons leurs deux récits en parallèle, leur confrontation tout en méfiance et défiance qui peu à peu se transforme en connivence. Nous les découvrons se révéler à eux-mêmes et devenir complices jusqu’au final qui est à la hauteur de nos attentes. L’écriture est belle, tendue, acérée et parfois même poétique. Une belle découverte. Du côté sauvage de tiffany McDaniel Arc et Daffy sont sœurs jumelles et grandissent dans un petit coin de l’Ohio entre leur mère droguée et prostituée et leur grand-mère pourvoyeuse de tendresse et de poésie. À la mort de cette dernière, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes et tentent de survivre en plongeant dans leur monde imaginaire. Devenues jeunes adultes, elles se débattent pour échapper aux démons de leur enfance tandis que des cadavres de femmes s’accumulent dans la rivière…Les différents personnages féminins du roman, marginales et déconsidérées, subissent une violence parfois très brutale mais qui ne bascule jamais dans le sordide vide de sens et l’autrice parvient à évoquer leur douleur tout en conservant leur dignité. Comme elle avait si bien su le faire avec Betty, Tiffany McDaniel nous entraîne dans une histoire déchirante entre lumière et noirceur, portée par une écriture d’une puissance extraordinaire, à laquelle il est impossible de rester indifférent. Un piège de papier de Eva García Sáenz de Urturi Alors que la récente publication d’un roman historique, Les Seigneurs du temps, rencontre un immense succès auprès des habitants de Vitoria, l’inspecteur et profiler Unai López de Ayala est confronté à des meurtres aussi cruels qu’abjects. Ainsi s’achève la trilogie de la ville blanche (Tome 1 : Le silence de la
Questions à Antonin Varenne

Interview Questions à Antonin Varenne ©Francesca Mantovani ClM : À travers ce livre, vous nous faites découvrir ce pays que vous décrivez comme “un pays d’illusion plus grand que la France, avec beaucoup de routes et peu de goudron”. Comment vous est venue cette histoire d’un père qui cherche son fils ? A. V. : Les personnages de romans sont toujours un assemblage de réalité et d’imagination. Mais ce mélange varie en proportion. Le Simon de La piste du vieil homme est un personnage qui emprunte beaucoup à la réalité. À Madagascar, j’ai rencontré Simon qui, avec son associé Patrick, avait une petite boîte de tourisme organisant des voyages à travers l’île à bord de vieux buggies. Nous nous sommes très bien entendus. Nous avons sympathisé. Quand je suis rentré en France, ces rencontres se sont aussitôt mêlées à mon envie de raconter une histoire se passant à Madagascar. J’ai échangé avec Simon et Patrick avant de me lancer dans l’écriture, pour leur demander leur accord. D’une certaine façon, il aurait aussi fallu que je le demande aux habitants de Madagascar. Bien sûr, ce n’est pas possible. Mais cela fait sans doute partie d’une sorte de “droit” – dont la légitimité est une question importante – des écrivains à s’emparer de ce qu’ils voient pour servir leurs histoires. Simon, le vrai, se reconnaîtra en partie dans le personnage, et en partie ne s’y reconnaîtra pas (à ce jour, je n’ai pas encore envoyé le roman terminé à Simon et Patrick). Pour tous les autres lecteurs, le personnage de Simon sera une fiction. ClM : Qui est donc Simon le personnage principal ? A. V. : Je pense que dans l’exploration récurrente que je mène –dans plusieurs de mes romans –du thème des relations père-fils,Simon était une nouvelle étape. Après avoir écrit plusieurs xromans du point de vue du “fils”– que j’ai été et que je suis –, Simon m’a permis d’écrire du point de vue du “père” que je suis devenu. Simon est le père âgé (il a soixante-dix ans). Une projection vers ce que cela peut signifier de vieillir, de l’importance des liens avec ses enfants à ce moment de sa vie, du bilan que l’on peut faire alors sur ce que l’on a réussi ou raté. Simon – et cette partie du personnage m’a été inspirée par le vraiSimon – est aussi un être d’une énergie incroyable et doté d’une joie de vivre intacte à un âge où bien d’autres, à la retraite depuis des années, se contentent de vies bien plus simples et renfermées. J’ai été abasourdi par la beauté de cette immense île ClM : Simon, le père, Gaëlle, la mère et leurs enfants Guillaume et Charlotte, comment avez-vous construit cette famille éclatée et pas que géographiquement ? A. V. : Avec le temps qui passe, j’expérimente ce que j’appellerais “l’entropie familiale”. L’entropie, c’est cette loi universelle qui dit qu’un système tend toujours vers une augmentation du désordre. Il est difficile pour une famille, dont les liens affectifs et historiques sont complexes, de rester soudée et unie face à toutes les péripéties de la vie. Si toutes les familles n’éclatent pas, les parcours de chacun alimentent souvent une forme d’éloignement. Chacun sa vie, chacun ses soucis. Simon et sa famille imaginaire sont les représentants de cette entropie. Et aussi les représentants d’une loi humaine qui peut être plus forte qu’une loi de la physique cosmique : l’amour. L’amour de Simon pour ses enfants, malgré les années qui ont passé, les erreurs qu’il a pu commettre, permet d’apporter quelques résolutions à leur passé et de les réunir à nouveau. ClM : Votre style installe, avec humour, une complicité avec le lecteur, est-ce celui “d’un optimiste divorcé de ses illusions”, comme votre personnage Pat ? A. V. : Oui, j’aime cette formule qui résume bien le personnage de Patrick, qui en fait un être à la fois sage et ingénu, vieux et jeune en même temps. L’humour est une distance pudique face à des réalités dures, et un encouragement à rester individuellement positif même quand tout est pourri autour de nous. Personnellement, je suis plutôt un pessimiste qui se fait encore des illusions ! ClM : En quoi ce pays, déchiré par la corruption, perfusé à la pauvreté est-il le terreau idéal de l’aventure ? D’où vient le danger ? A. V. : C’est une question compliquée. Je crois fermement que la violence et la criminalité résultent – en très grande partie – des conditions de vie économiques et sociales. Et cela est valable aussi bien en France qu’à Madagascar. Des voyageurs français à Madagascar, qui témoignent parfois d’agressions lors de leur voyage, doivent aussi se souvenir que la situation économique de ce pays découle encore aujourd’hui du système colonial que la France y a imposé pendant des décennies. Se plaindre de situations dangereuses quand on voyage dans une région de Madagascar où l’argent du tourisme a engendré des réseaux de prostitution odieux, cela mérite de remettre sérieusement les choses en perspective. À cet égard, la corruption est aussi un système, autant et sinon plus, que les actes de simples individus mal intentionnés. Et il est important de rappeler que les victimes du système de la corruption, à Madagascar comme dans bien d’autres pays pauvres, sont d’abord les Malgaches eux-mêmes. En voyageant là-bas, nous nous exposons seulement au risque de subir la même chose qu’eux. Je rappelle aussi souvent que dans des pays aux régimes dictatoriaux ou autoritaires, les premiers liens coupés avec l’extérieur sont d’abord les relations diplomatiques, puis l’interdiction des journalistes étrangers, puis celles des voyageurs étrangers. Le tourisme, ou peut-être plus précisément les voyages, restent souvent l’occasion d’échanges importants. ClM : Vous dites dans La piste du vieil homme : “Je suis un communiste de droite” ou encore “Croyances et religions sont l’opium du peuple… pauvre !” Qu’est-ce que le roman permet ? A. V. : Le roman permet de dire des choses que l’on pense et celles que pourraient penser d’autres. C’est à la fois l’exposition de qui l’on est, auteur, et par le truchement de la fiction et des personnages, l’exploration de qui sont
Réchauffement des esprits

Étude de Texte Réchauffement des esprits Nouvelle lecture : cette fois-ci, Actes Sud nous propose de quitter le domaine de dame Nature pour une étude plus ancrée sur la critique du monde actuel. Démarrons Réchauffement des esprits, de Pascale Thumerelle. Le sous-titre lève toute ambiguïté : La responsabilité sociétale des industries culturelles. J’avoue que le sujet me plaît : comme vous tous j’ai beaucoup d’idées, et sans doute de parti pris, sur l’emprise des “majors” sur notre culture. Professeur de littérature, j’ai un faible pour le livre, je l’avoue, mais je ne méconnais pas l’apport d’internet, de la musique en ligne, des informations dans ma vie culturelle. Et, partagé entre une consommation parfois boulimique et une crainte des dangers réels ou imagés de cette hypertrophie d’offre culturelle, j’apprécie qu’on m’aide un peu à y voir plus clair. Clair, c’est la première épithète qui me vient pour parler de ce livre. Il est divisé en trois parties distinctes et complémentaires. La première partie est un constat partagé : l’emprise des entreprises culturelles est prégnante, elle pose des questions morales et éthiques, et semble mettre en péril certains points culturels que l’autrice qualifie à juste titre de biens communs. La deuxième montre les avancées, à la fois nécessaires et insuffisantes, que les entreprises mettent en place face à notre questionnement. La fin se penche sur des solutions possibles, notamment dans le domaine étatique et législatif, et amorce des pistes futures pour améliorer certains défauts. Voilà pour la progression du livre, centré donc sur le monde de l’entreprise culturelle. Dès le titre, l’autrice construit un parallèle qui semble évident. Le réchauffement climatique, tout d’abord décrié ou ignoré, a fini par imposer au monde entrepreneurial des contraintes. Aucune compagnie ne peut perdurer sans afficher ses actions pour l’environnement et son bilan carbone par exemple. L’autrice pense que l’urgence est la même au niveau culturel. Et l’idée d’imposer aux acteurs économiques une obligation de “rendre des comptes” de leur action commence à faire son chemin. Pascale Thumerelle sait de quoi elle parle. Son parcours professionnel est axé sur ce thème. Longtemps responsable chez Vivendi à l’époque où l’entreprise était présente dans tous les pans de la culture, elle s’est spécialisée dans la responsabilité sociétale des entreprises culturelles et est devenue une des expertes dans ce domaine. Avec la triple casquette de cadre dirigeante, de chercheuse et d’enseignante, elle maîtrise les nombreuses facettes de ces questions. Les aborder sous l’analogie avec l’urgence climatique permet de prendre en compte l’urgence du débat, mais aussi la similitude des leviers d’actions possibles. La première partie revient sur des constats que nous partageons tous, ou du moins laissez-moi l’espérer : formatage des esprits, image avilissante des femmes, emprise sur les enfants ou les adolescents… Tous ces points que nous traitons parfois sous l’angle du café du commerce, avec nos convictions bien accrochées mais peu étayées. Ici, la lecture est précise, voire austère : des chiffres, des dates, des faits et des citations référencées. La place de l’industrie culturelle est analysée en fonction de sa valeur marchande, et l’on comprend vite sa puissance : elle “pèse” plus que l’industrie pharmaceutique ou les communications. C’est un des principaux employeurs mondiaux, qui représente plus de 3 % du PIB de la planète. Les domaines sont vastes : édition, information, loisirs, musique, films, production télévisuelle, jeux (vidéo notamment, mais pas seulement), réseaux sociaux, etc. Toutes ces activités créatives impactent notre vie, notre perception du monde et notre façon de penser. Et l’impact peut être nocif, voire destructeur. Nous avons tous en tête une liste de méfaits possibles que ce livre documente. L’autrice argumente sur les plus criants : pédopornographie ou incitation à la haine raciale par exemple, et nous pousse à la réflexion sur bien d’autres sujets aussi prégnants : disparition de la diversité des langues, formatage musical, accès inégal aux ressources d’information… Le bilan est sévère, consternant, mais juste. L’abondance de données, de faits, rend la lecture ardue, mais l’ensemble offre une vue panoramique des nuisances de cette industrie. Le sujet me plaît, les données sont précises et étayées, l’approche est logique, mais le goût final est quelque peu mal épicé Poser ce constat désabusé n’est pas le but de l’autrice. Ces données servent à l’analyse du problème et à la recherche de solutions. Et la deuxième partie, qui traite la responsabilité sociétale des entreprises, m’a moins convaincu. Pascale Thumerelle voit le problème de l’intérieur : elle est l’une des créatrices, en tout cas l’une des expertes, de l’étude de la responsabilité sociétale d’entreprise, et défend l’intérêt de ce système. Toute compagnie doit présenter chaque année un bilan évalué et chiffré de son empreinte écologique. Il en est de même, et cet outil est à mettre en avant, de sa responsabilité sur l’impact sociétal, en matière de développement social, de respect des droits humains. Cet outil, présent depuis le début des années 2000, est peu mis en valeur : à la fois technique d’analyse des faits antérieurs et approche prospective, il permet à toute entreprise, et à plus forte raison aux entreprises culturelles, d’exposer leurs actions aux différentes parties : État, ONG, public… L’autrice explique donc le fonctionnement de ce bilan et milite pour son utilisation plus poussée. Et c’est là où je ne cautionne plus son argumentation ; penser résoudre les problèmes posés en espérant une solution interne aux entreprises me semble hasardeux, et même contre-productif. Le parallèle avec le réchauffement climatique est encore une fois parlant : si certains considèrent que les multinationales sont parties prenantes de l’amélioration écologique, d’autres indécrottables comme moi voient plutôt cela comme de la poudre aux yeux. On retrouve la même approche dans la troisième partie : l’autrice développe les mécanismes de pression et de surveillance étatiques, voire supra-étatiques, qui poussent les entreprises à plus de “mieux pensant” culturel. Ces systèmes sont nécessaires, c’est évident. Ils sont insuffisants et perfectibles : Pascale Thumerelle est la première à le prouver. Et les mettre en valeur aux yeux du grand public ne peut être que bénéfique. Et la même image vient à l’esprit : les COP21 et autres sont-elles indispensables, ou se réduisent-elles à des grands-messes pompeuses
Les petites choses qui font basculer la vie

PHILOSOPHIE Les petites choses qui font basculer la vie The Zone of Interest est en 2024 un film à voir. Pas très joyeux certes, mais très intéressant pour s’interroger sur les tréfonds de l’âme humaine : on y voit la vie ordinaire d’une famille de fonctionnaires nazis dans leur logement de fonction. Le fonctionnaire en question était un militaire, Rudolph Höss, commandant d’Auschwitz, et avec son épouse Hedwig ils avaient un charmant jardin collé au mur du camp d’extermination. Lorsqu’on regarde un tel film, on est bien entendu horrifié, mais en même temps il y a tant de personnes responsables et indifférentes à l’égard des souffrances qu’ils encadrent qu’on peut se demander si la moralité, la compassion ou même la pitié existent réellement au plus profond de l’âme humaine, si nous sommes réellement des êtres moraux. En 2011 est paru un ouvrage de philosophie au titre étrange, L’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine, du philosophe français Ruwen Ogien. Décédé en 2017, le philosophe tout au long de sa carrière s’est intéressé à la question de la moralité, mais pas pour expliquer ce qui est bien ou mal, mais plus exactement comment se forment nos jugements moraux. Car la philosophie serait bien pauvre et aurait oublié l’héritage de Socrate si elle s’érigeait comme une donneuse de leçon, imposant une vision prescriptive et définitive des comportements. Ruwen Ogien était le tenant d’une thèse, celle de l’éthique minimaliste : il faut qu’il y ait le moins de prescriptions morales possible, car tout avis moral est en réalité une volonté d’exercer du pouvoir sur les autres. Laisser les autres libres, juste en suivant trois règles : accorder la même valeur à la voix et aux intérêts de chacun, respecter le principe de neutralité à l’égard des conceptions du bien personnel et limiter le principe d’intervention aux cas de torts causés à autrui.
